Occitanies Patrimoine - exposition Jean Cocteau à Marseille
 
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Patrimoine

Expositions

Jean Cocteau en Méditerranée

1er octobre 2009 au 24 janvier 2010 - MARSEILLE (Palais des Arts)
Fondation Regards de Provence


 
 
 

Sites web

Fondation REGARD DE PROVENCE
Biographie de Jean Cocteau

la Route du Sud de Jean Cocteau
historiques des expositions sur Jean Cocteau
Bibliographie de Jean Cocteau

 

 

"Le vrai tombeau des morts, c'est le coeur des vivants"
Jean Cocteau

La Fondation Regards de Provence - Reflets de Méditerranée a été créée en 1997 par un couple de collectionneurs marseillais : Pierre et Michèle DUMON.
Placée sous l’égide de la Fondation de France, elle a pour buts de découvrir, rassembler et valoriser le patrimoine artistique, culturel et musical passé et contemporain de Marseille, de la Provence et de la Méditerranée.
Elle fête cette année ses dix ans de création, ce qui correspond à plus d’une trentaine d’expositions collectives ou individuelles organisées au Château Borély et au Palais des Arts, à Marseille.

 
         
 

Plan

L'Exposition marseillaise
Biographie
La route du sud de Jean Cocteau

   
                 

 

 

Lieu : Palais des Arts à Marseille

Fonsation Regards de Provence
Reflets de Méditerranée

Palais des Arts - 1 place Carli
13001 MARSEILLE
Tél. : 04 91 42 51 50 - F
Fax : 04 91 42 04 89
Email : contact@regards-de-provence.org

Accès : voir plan

  • En voiture : Parkings Cours Julien - Jean Jaures
  • En métro : Canebière - Noailles
  • En bus : Ligne 41, Ligne 81

Marines et ports méditerranéens - Peintures des XVIIIème – XIXème – XXème siècles 

A l’occasion du 120ème anniversaire de la naissance de Jean Cocteau (1889-1963), la Fondation Regards de Provence souhaite faire découvrir la richesse et la diversité d’une vie artistique passionnante où la Méditerranée est une obsédante et généreuse source d’inspiration. Ses références à l’histoire de l’art et à l’actualité montrent combien, chez ce témoin de son temps, une curiosité sans pareille et une immense culture font de lui un personnage incontournable du XXème siècle. L’exposition « Jean Cocteau et la Méditerranée » présentera près d’une centaine de dessins, de peintures, de tapisseries et de céramiques, du jeudi 8 octobre 2009 au dimanche 31 janvier 2010, dans les salons du Palais des Arts.

L’œuvre immense de cet intellectuel-artiste protéiforme demeure intacte. Infatigable créateur, poète, dramaturge, romancier, cinéaste, il fut toute sa vie un dessinateur doué à la fois d’une très grande facilité de trait et d’une riche sensibilité. Sa féconde imagination se mêlant à la joie de la création.

Les thèmes récurrents de la Mythologie grecque habitent son univers littéraire et plastique. Ses références à l’Italie sont nombreuses depuis son premier séjour à Venise avec sa mère. L’Espagne va le passionner tout autant par sa culture tauromachique qu’à cause de l’amitié qu’il partagea toute une vie avec Picasso. Enfin la Côte d’Azur depuis ses premiers textes à l’Hôtel Welcome de Villefranche sur Mer, jusqu’aux années où il vécut à Santo-Sospiro avec Francine Weisweiller, fut une terre d’inspiration. De cette dernière époque datent les nombreuses fresques chez son hôtesse aussi bien que des décorations murales dans des lieux religieux ou profanes. Cette période est aussi celle où il se consacra avec un enthousiasme extraordinaire à la céramique chez les époux Madeline.

 
Biographie

Né à Maisons-Laffitte le 5 Juillet 1889
Décédé à Milly-la-Forêt le 11 Octobre 1963


Jean Cocteau passe une enfance rythmée par les réceptions données par son grand-père qui, soucieux de l'avenir de son petit-fils, l'initie à l'art. Agé de 19 ans, il fait la connaissance de Raymond Dargelos, un camarade de lycée, qui le bouleverse par sa beauté. Il en fera le héros des "Enfants terribles". Arpentant les rues de Paris, Jean Cocteau, véritable dandy, devient une des figures à la mode du Tout-Paris. Sa rencontre avec Serge de Diaghilev va bouleverser son parcours artistique. Cocteau renie ses oeuvres passées, pourtant tant convoitées, et entame une carrière anticonformiste. Malgré un parfum de scandale, son oeuvre est souvent couronnée de succès. Jean Cocteau s'essaie à la poésie, au théâtre, à la critique mais se fait aussi graphiste et cinéaste avec notamment "La Belle et la Bête" pour lequel il reçoit le prix Louis Delluc. Ajoutons encore à la palette variée de ses talents ceux de dessinateur et de peintre. Jean Cocteau est élu à l'Académie française le 3 mars 1955.

La route du sud de Jean Cocteau

« Picasso, Matisse, Chagall, moi-même, sur cette côte où vivait Renoir, nous avons essayé de vaincre l'esprit de destruction qui domine l'époque, nous avons orné des surfaces que les hommes rêvent de démolir. Peut-être, que l'amour de notre travail les protègera contre les bombes ».
Jean Cocteau


Jean Cocteau, infatigable travailleur, réalise entre 1950 et 1963 plus de fresques, de vitraux, de dessins, de poteries et de tapisseries que la plupart des artistes dans toute leur vie.

En grande majorité, le travail de fresques du poète se situe sur la Côte d'Azur et plus spécialement dans le département des Alpes Maritimes. Néanmoins, nous continuerons cette route Jean Cocteau par les départements du Var (Chapelle de Fréjus) et des Bouches du Rhône (tournage aux Baux-de-Provence de son dernier film : « le Testament d'Orphée »).

Durant cette période, en plus de son oeuvre de peintre, d'architecte et de potier Jean Cocteau ne cesse d'écrire : des poèmes, des essais, son journal, des pièces de théâtre, des scénarios de films, des arguments de ballets... Il réalise pour le cinéma un moyen et un long métrages («  La Villa Santo Sospir » 1951, « Le Testament d'Orphée » 1959)

Fait unique pour un artiste, spécialement à une époque où l'argent régnait déjà en maître, il a offert maison, chapelles, salle des mariages, théâtre, que cela soit à Madame Weisweiller, aux pêcheurs de Villefranche, à la municipalité de Menton, aux étudiants du Cap-d'Ail...

La seule exception fut pour sa dernière oeuvre « inachevée » : la chapelle Notre-Dame-de-Jérusalem à Fréjus. Donner à Dieu et aux hommes qu'il aimait des murs était peut-être une façon de lutter contre une certaine destruction des valeurs qui s'annonçait déjà !


LES ALPES MARITIMES

LA VILLA SANTO SOSPIR A SAINT-JEAN-CAP-FERRAT

En 1950, Jean Cocteau est invité à passer quelques jours de vacances dans la ville de son amie Francine Weisweiller à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Après une semaine, il demande à Francine s'il peut faire un dessin au dessus de la cheminée : c'est ainsi qu'il entreprend sa première grande décoration murale. De fil en aiguille, il tatoua tous les murs de la villa. Il écrit dans son « Journal d'un inconnu » : « deux étés allègres, (ceux de 1950 et 1951) deux étés où je tatouais comme une peau, où je maniais ensuite l'attirail du peintre, deux étés où je devenais mur et toile, où j'obéissais à mes ordres sans qu'aucun tribunal ne me jugeât » (...)

Il ajoutait : « le silence de ces murs étaient terribles et même il criait leur silence à tue-tête (...) ». « Matisse a dit « quand on décore un mur, on décore les autres », il avait raison. « Picasso a ouvert et fermé toutes les portes. Restait de peindre sur les portes, c'est ce que j'ai essayé de faire. Mais les portes donnent dans les chambres, les chambres ont des murs, et si les portes sont peintes, les murs ont l'air vides ».

Jean Cocteau a d'abord utilisé le fusain et ensuite, il a exécuté ses fresques « a tempera ». Un ouvrier italien lui préparait les poudres qu'il délayait dans du lait cru.

Il disait encore : « j'ai traité les fresques linéairement avec le peu de couleurs qui réhaussent les tatouages. « Santo Sospir est une villa tatouée ».

Le thème des fresques de la villa sont pour la plupart inspirées de la mythologie grecque.

Deux ans après avoir terminé les murs de la villa, Jean Cocteau s'attaqua au plafond. Les trouvant trop blancs, il les colorie au pastel dans des tons très doux.

Environ un an après les plafonds, Jean Cocteau compose pour le patio d'entrée de la villa deux mosaïques noire et blanche.

Le poète m'écrivit un jour : « quand je travaillais à Santo Sospir, je devenais moi-même murs et ces murs parlaient à ma place ».

Aujourd'hui les fresques habillent toujours les murs de la villa.

En plus des fresques, Jean Cocteau offrit à son amie Francine, une tapisserie « Judith et Holopherne » dont il avait fait le carton quelques années auparavant. Cette tapisserie a été exécutée dans les ateliers d'Aubusson. Elle est toujours accrochée sur le mur du fond de la salle à manger de la Villa Santo Sospir.

La Villa sera très bientôt ouverte au public (par petits groupes).

LA CHAPELLE SAINT-PIERRE DE VILLEFRANCHE

Après avoir tatoué la villa de Madame Alec Weisweiller, Jean Cocteau confie à un de ses amis délégué au Tourisme, son projet d'offrir en souvenir de sa jeunesse passée, une chapelle aux pêcheurs de Villefranche. Mais il fallut plus de 7 ans de lutte pour que le maire de Villefranche et son équipe, réussissent à convaincre les pêcheurs propriétaires de la chapelle, de changer leurs filets de place. Ce n'est qu'en 1957 qu'enfin le poète a pu s'attaquer aux murs de la nef de la chapelle Saint-Pierre.

La Chapelle comporte un double style : un style figuratif où le poète raconte certains épisodes de la vie du Christ et de Saint-Pierre, un autre style purement décoratif fait de géométries peintes sur la coupe des arches.
La façade de la Chapelle est traitée à l'italienne comme toutes celles qui faisaient la grâce de Villefranche avant que des couches de peinture morte les « déshonorassent ».

Contrairement à la Villa Santo Sospir où Jean Cocteau dessina à même le mur sans aucune maquette préalable, il projeta ses dessins dans la chapelle à l'aide d'une lanterne magique.

Cocteau disait qu'il voulait que les visiteurs puissent se sentir pris comme dans « les mailles d'un filet de pêche »


LA SALLE DES MARIAGES DE LA MAIRIE DE MENTON

En 1957-1958, très peu de temps après avoir terminé les murs de la chapelle de Villefranche, le maire de Menton de l'époque, Monsieur Francis Palmero, demande au poète de décorer à l'intérieur de la mairie, une salle consacrée aux mariages. Contrairement au problème que Jean Cocteau eut à Villefranche, Monsieur Palmero lui facilite le travail le plus possible.

Cocteau s'est inspiré de volutes des boucliers, tambours et masques africains, qui l'incitèrent sans qu'il s'en doute à remplacer les tâches de couleur par un méandre anatomique, véritable labyrinthe de lignes. Cocteau dira « j'avais, à mon insu, décoré cette salle dans le style des, Palais de Crète, exemple le Palais de Knossos ».

La salle de mariages de la Mairie de Menton sert toujours pour les mariages et est ouverte au public.

LE MUSEE DU BASTION DE LA VILLE DE MENTON

Ce Musée contient des dessins et des lithos réalisés par le poète ainsi qu'un deuxième exemplaire de la tapisserie de « Judith et Holopherne ».

En 2009 ou 2010, un nouveau « musée Cocteau » sera ouvert à Menton grâce à une importante donation de Severin Wunderman.

LE THEATRE DU CAP D'AIL

Le Centre Méditerranéen Universitaire du Cap-d'Ail a été créé dans les années 50 par un certain Monsieur Moreau, ancien directeur de mouvements de jeunesse. En 1958, une troupe d'étudiants comédiens écrivit à Jean Cocteau qui habitait la Côte d'Azur, pour l'inviter à une représentation qu'ils donnaient au centre du Cap-d'Ail. Le poète accepta et, après le spectacle, qui avait lieu dans les jardins, Jean Cocteau dit à Monsieur Moreau qu'un tel site mériterait un vrai théâtre comme en Grèce. Le Directeur du Centre prit le poète au mot et lui demanda de dessiner son théâtre idéal. Pour des raisons financières et de mésententes avec l'architecte, les travaux s'éternisèrent. Jean Cocteau a du les reprendre en cours. Ayant passé une grande partie de sa vie sur une scène de théâtre, le poète n'ignorait rien ni de l'acoustique, ni de la pente nécessaire à la scène, ni de la hauteur de chaque marche de l'amphithéâtre.


LE VAR

• NOTRE-DAME-DE-JERUSALEM – DOMAINE DE LA TOUR DE MARE A FREJUS

Au tout début des années 60, un banquier niçois eu l'idée d'aménager sur les hauteurs de Fréjus le Domaine de la Tour de Mare. Ce lieu devait être destiné aux artistes. Il demanda à Jean Cocteau s'il accepterait de concevoir les plans d'une chapelle et ensuite d'en décorer les murs. Cette chapelle serait dédiée aux chevaliers du Saint-Sépulcre de l'ordre de Jérusalem. Malheureusement le projet initial dû être abandonné pour des raisons financières et à cause de la mort du promoteur.

Ce n'est qu'en 1961 que le Vatican lui-même prit contact avec Jean Cocteau. Le poète débordé de travail laissa traîner sa réponse jusqu'en août 1962. En décembre de la même année, Jean Cocteau aidé par le peintre Raymond Moretti, réalisa dans les studios de la Victorine à Nice les maquettes des vitraux des trois portes en taille réelle.

En janvier 1963, Jean Cocteau exécute la seconde phase du travail. En février de cette même année, il réalise de nombreuses esquisses mais déjà le poète est très fatigué. En avril, Jean Cocteau, de retour à Paris, est terrassé par une crise cardiaque. Il se remet difficilement. De plus en plus épuisé, Jean Cocteau s'inquiète : « je dois apprendre à revivre ». Durant l'été 63, malgré sa fatigue, il réalise plusieurs esquisses d'une vierge à la rose pour le panneau central de la chapelle Notre-Dame-de-Jérusalem.

Malheureusement, Jean Cocteau n'exécutera pas lui-même les fresques de la chapelle : la mort l'ayant surpris le 11 octobre 1963 à Milly-la-Forêt.

C'est son fils adoptif, Edouard Dermit, qui reproduira sur les murs de l'édifice ses dessins préparatoires et Roger Pelissier, céramiste d'art, réalisera la mosaïque du sol.

BOUCHES DU RHONE

LES BAUX-DE-PROVENCE : SITE DU VAL D'ENFER

Jean Cocteau tourna dans les grottes du Val d'Enfer aux Baux-de-Provence une partie de son dernier film « Le Testament d'Orphée ».
Jean Cocteau et Edouard Dermit en étaient les acteurs principaux et figurèrent, entre autres, dans ce film : Yul Brynner, Daniel Gélin, Nicole Courcel, Jean Marais, Charles Aznavour, Pablo Picasso et sa femme Jacqueline…

 

Jean Marais, le gentleman du midi

Acteur incontournable pour toute une génération, et évoluant dans un milieu propre à stimuler ses velléités de création, Jean Marais a toujours été admiratif des œuvres de son illustre cercle d’amis, à commencer par Jean Cocteau, puis Picasso ou encore Colette. Mais il n’a pas été qu’une simple source d’inspiration, un contemplateur avide de beauté et d’absolu. Il a, lui aussi, joué un grand et beau rôle dans l’art. En témoignent ses nombreuses sculptures et dessins, réalisés pour la plupart à la fin de sa vie, au creux du village de Vallauris, lové sur les rivages méditerranéens.
Ainsi parlait-il de ses actes de création : « Quand je peins, je m’amuse. Je m’amuse aussi quand je suis acteur. Je me repose d’une activité en m’abîmant dans une autre. Mais je continue de m’amuser. » C’est cette facette de la personnalité du grand homme que nous dévoile Jacqueline Dellatana, son sens aigu du renouvellement de sa créativité, de son univers artistique, et du travail accompli jusqu’à ses derniers jours. Nombre des œuvres conçues par Jean Marais viennent illustrer le propos de l’auteur tout au long du livre.
 
Journaliste de formation, à Marseille, Jacqueline Dellatana a rencontré Jean Marais en 1987 à Aubagne, et en 1990 à Vallauris. Elle a d’autre part publié aux éditions Autres Temps Les Oiseaux du froid, un aller simple pour Marseille, salué par la critique.

Jacqueline Dellatana


 
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