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Les techniques
Les « pastori » terme unique utilisé pour désigner tous les personnages, étaient faits d’un corps d’étoupe cousu autour d’une âme de fil de métal d’une grande souplesse dont la flexibilité permettait d’en varier les attitudes.
Selon la tradition qui voulait depuis le Moyen-Age, que toute représentation biblique adopte les costumes du temps, les figurines étaient habillées de vêtements, exacte reproduction des costumes nationaux de l’époque, qu’ils soient des différentes provinces du royaume ou de pays lointains.
Les pieds et les mains étaient sculptés dans le bois puis peints pour donner l’illusion de la peau.
Après avoir sculpté les têtes également dans du bois, les artistes se tournèrent vers la terre cuite qui offrait plus de possibilités expressives. Aux yeux de sulfure pour encore plus de réalisme, ils n’hésitaient pas à accentuer les traits les plus ingrats sans fausse pudeur.
Le peuple et la scène d’auberge
Tout comme le marché et l’hôtellerie, la taverne à la portée du quotidien et de la fantaisie, a sa place dans les crèches napolitaines.
Le peuple des villes avec ses riches propriétaires, marchands ambulants, mendiants, vieillards, infirmes, danseurs, bohémiennes, est représenté dans des scènes de vie folkloriques et pittoresques inspirées du réel et qui se développent en parallèle au fait religieux.
L’auberge, « lieu de péché » où tout le monde se divertit, joue aux cartes, mange et boit, n’est pas sans rappeler que Marie et Joseph n’y furent pas accueillis alors qu’ils cherchaient un refuge à Bethléem…
La scène est faite de personnages venus tout droit de la « commedia dell’Arte », où l’hôte semble être un ruffian, le pauvre un misérable et le joueur un escroc de profession…
Matériaux utilisés
L’ossature des scénographies est en contre-plaqué ou en multiples strates de différentes épaisseurs, coupée et disposée selon le projet qui doit être réalisé. L’ensemble est rassemblé par clous, vrilles, colle thermo-plastique et vinylique, et recouvert par du chêne-liège de différents types. Stuc et sciure complètent l’œuvre avant la peinture avec des couleurs acryliques ou à la détrempe . Mousse synthétique ou naturelle, ramifications d’arbres, sarments de vigne, tuiles en terre cuite, balustrades en fer, teinture de noyer, concluent le travail.
Les petites figurines, d’une dimension inférieure à 15 cm, sont entièrement en terre cuite. Celles, qui sont entre 18 et 40 cm d’hauteur, ont une âme en fer cuit et tressé, complètement recouvert d’étoffe jusqu’à la réalisation de l’épaisseur voulue, et ce, pour donner une impression de naturel à la position ainsi qu’à l’allure. Elles ont une tête en terre cuite, modelée à la main, yeux en verre ou ne céramique. L’ensemble est peint avec une peinture à l’huile, couleurs acryliques ou à la détrempe, selon le choix de l’artiste ou l’effet que l’on veut réaliser.
Les vêtements, selon le style qui reflète le XVII et le XVIIIème siècle napolitain, sonr d’étoffes qui varient selon les personnages : de précieuses soies de l’ancienne soierie de S. Leucio, de teinte unie ceux de la Sainte Famille et des anges, de soie matelassée d’or et d’argent ceux des orientaux, des nobles et des paysans en costumes de fêtes ; des étoffes plus « populaires » comme le feutre, le coton, le jute, la gaze, le cuir, sont les vêtements des paysans, des mendiants, des vendeurs ambulants.
Les boutons sont recouverts de fils de laine ou de soie, ou sont également faits d’argent selon les exigences du costume.
Les parures sont en pierres naturelles, perles, argent. Les passementeries sont en satin, soie ou en métal doré. Les broderies sont exécutées avec des fils de soie colorée.
Les animaux sont modelés en terre cuite ou sculptés en bois avec oreilles, cornes et queues de plomb, jambes en bois.
La grande variété des accessoires demande des matériaux plus variés. Ceux en fer ont été coupés en tôles fines de différentes épaisseurs et rassemblées à chaud ; les corbeilles, en rigoureux style du XVIIIème siècle napolitain, sont réalisées avec des lames en bois précieux type châtaignier, frêne, bouleau, jonc, osier et raphia.
Les fruits et les légumes translucides, ainsi que les fromages, sont modelés à la main après la fusion des différents mélanges de cire vierge à la paraffine. Ils sont pré-colorés ou peints, parès le modelage, avec des couleurs à l’huile.
Les fruits et les légumes plus consistants sont modelés en terre cuite, ensuite peints à la détrempe, à l’huile ou à l’acrylique.
Assiettes, verres, jarres, vases, soupières, carreaux… sont réalisés en terre cuite, poterie, faïence, porcelaine ou en verre.
Les instruments musicaux sont en bois précieux. Les objets de luxe en argent ciselé, bois marqueté ou non, nacre, en écaille de tortue et acier.
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