Le Haut Var
Vaste forêt semées de grandes clairières cultivées où se campent des villages tranquilles et soignés, le Haut Var s'étend à perte de vue avec son immense moutonnement de collines. Nous sommes ici dans le second département boisé de France, où plus de 60% des territoires communaux sont couverts de forêts.
Son économie était essentiellement agricole. On y « fait » aussi de la vigne, on y ramasse les truffes et l'on se tourne aujourd'hui vers l'accueil touristique pour les amoureux de coins tranquilles où l'on sait encore jouer au jeu de paume. Mais la tranquillité de vie est un art difficile qui se pratique sans mollesse, ses habitants du Haut-Var, comme leurs voisins bas-alpins, ont su montrer leur attachement à la liberté lors des épisodes sensibles de leur histoire.
Paysage et histoire
Les moulins
Les céréales constituaient autrefois la base de l'alimentation et il fallait les moudre pour obtenir le fameux pain quotidien demandé au ciel. Des moulins à eau se sont implantés, parfois en batterie comme à Artignosc, près des petits cours d'eau, jamais sur le Verdon, il était trop violent . Le vent fournit une énergie plus difficile à canaliser. Les moulins à vent furent bâtis là où l'eau manquait. Régusse et Saint Julien le Montagnier en possèdent chacun deux qu'ils ont restaurés.
La truffe
Sauvage ou semi domestiquée, la truffe pousse au pied des chênes. On la trouve à l'aide d'un chien ou autrefois d'une truie dressée pour. On peut aussi observer le « brûlé » au pied des arbres, ou rien ne pousse, une mouche y vole, qui pond dans la truffe. La brouillade d'œufs aux truffes est connue mais vous pouvez aussi déposer une truffe dans votre panier d'œufs crus, elle leur communiquera sa saveur inimitable.
Le maquis
Le maquis du haut Var, constitué de chênes verts et de chênes kermès, de pins d'Alep et de genévriers cades dont on tire « l'onguent » qui soigne les brebis malades. Ces arbres et arbustes se sont adaptés pour supportent la canicule : le chêne vert par exemple s'en défend en produisant une sorte de cire qui limite l'évaporation de son eau. L'orée des bois se peuple de cistes et de romarins. Et tout grésille, bien sûr, du chant des cigales ivres de soleil.
Parole de berger
"Cette montagne, je l'aime, et puis, elle m'appartient un peu ! J'y viens depuis plus de vingt ans, et je la vois chaque jour différente, sans jamais m'en lasser ! Tous les ans au mois de mai, j'ai hâte de la retrouver. Je me demande toujours ce qui pourrait avoir changé. Les cabanes sont-elles en bon état ? Les chevreuils et les chamois sont-ils plus nombreux ? Lorsque début novembre il faut repartir, je suis vraiment triste. J'ai l'impression de quitter une amie ! Les "bêtes" aussi aiment cet endroit et je suis certain que si elles pouvaient parler, elles vous diraient comme moi ! J'aime les voir libres dans ces paturâges, se saisir de chaque chaque brin d'herbe, puis à la tombée du jour, regagner la couchade lorsqu'elles le désirent. Finalement, la seule ombre au tableau, c'est le loup !"
Alphonse

«Transhumance : migration périodique du bétail de la plaine, qui change de pacage en été et s'établit en montagne.» Si on s'en tenait à la stricte définition d'un dictionnaire, la transhumance n'aurait rien de passionnant. Mais heureusement, la vie et les traditions dépassent largement les mots. A cette première et aride définition, je préfère celle d'Alphonse Lopez : «La transhumance, c'est la poursuite de l'herbe.»
Il ne faut pas confondre transhumance et estivage. Cette dernière pratique est uniquement observée par les éleveurs des vallées montagnardes. Dès le printemps revenu, quand les premières chaleurs ont fait fondre la neige sur l'alpage et que l'herbe repousse plus drue encore, les troupeaux gagnent les prairies d'altitude protégées par les hauts sommets toujours enneigés. Une seule journée de marche est nécessaire pour que le troupeau gagne ses quartiers d'été. Souvent, les éleveurs se relayent pour le garder pendant que ceux qui sont restés dans la vallée s'occupent à rentrer le foin pour l'hiver.
Depuis les plaines et les arrière-pays de Provence, les troupeaux partent en direction des Alpes. Ceux qui passent l'hiver.
Il était une fois la transhumance
![]()



