Occitanies Patrimoine Provence - La transhumance d'Alphonse
 
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Patrimoine

La transhumance d'Alphonse


Alphonse LOPEZ
Dernier berger transhumant à pied de Ginasservis à La Colle Saint-Michel


 
 
 

Sites web

Académie de la nature
Le loup
Où sont les loups ?
Parc du Verdon
La buvette des alpages
Le Haut-Var

 

 

 
         
 

Bibliographie

Transhumance : un berger raconte
Auteur : Bruno Auboiron et Gilles Lansard, 2006
Editeur : Edisud, Aix-en-Provence, France
Prix : 22.00 €
Le Var des collines de Bernard DUPLESSY,
Michel FRAISSET, photos de Robert CALLIER
Le Var, terre d'histoire de Dominique Legenne,
publié chez Actes Sud (2000)
Var
de Dominique Legenne
   
                 

"Je suis berger depuis près de 30 ans. Mon premier métier était boucher. Un jour j'ai eu besoin de choisir une vie plus proche de la nature. J'ai commencé avec quelques brebis, puis mon troupeau s'est agrandi au fil des années. Aujourd'hui j'ai 700 bêtes et je fais partie d'un groupement d'éleveurs qui me confient leurs animaux pour la transhumance."
Alphonse Lopez - berger à Ginasservis

 
Fiche technique

Réalisateur : Denis Buttner
Acteurs : Alphonse Lopez...
Sortie en France : 2005 (France 3 Méditerranée)
Durée : 52 mn

Le Haut Var

Vaste forêt semées de grandes clairières cultivées où se campent des villages tranquilles et soignés, le Haut Var s'étend à perte de vue avec son immense moutonnement de collines. Nous sommes ici dans le second département boisé de France, où plus de 60% des territoires communaux sont couverts de forêts.
Son économie était essentiellement agricole. On y  « fait » aussi de la vigne, on  y ramasse les truffes et l'on se tourne aujourd'hui vers l'accueil touristique pour les amoureux de coins tranquilles où l'on sait encore jouer au jeu de paume. Mais la tranquillité de vie est un art difficile qui se pratique sans mollesse, ses habitants du Haut-Var, comme leurs voisins bas-alpins, ont su montrer leur attachement à la liberté lors des épisodes sensibles de leur histoire.

Paysage et histoire

Les moulins
Les céréales constituaient autrefois la base de l'alimentation et il fallait les moudre pour obtenir le fameux pain quotidien demandé au ciel. Des moulins à eau se sont implantés, parfois en batterie comme à Artignosc, près des petits cours d'eau, jamais sur le Verdon, il était trop violent . Le vent fournit une énergie plus difficile à canaliser. Les moulins à vent furent bâtis là où l'eau manquait. Régusse et Saint Julien le Montagnier  en possèdent chacun deux qu'ils ont restaurés.

La truffe
Sauvage ou semi domestiquée, la truffe pousse au pied des chênes. On la trouve à l'aide d'un chien ou autrefois d'une truie dressée pour. On peut aussi observer le « brûlé » au pied des arbres, ou rien ne pousse, une mouche y vole, qui pond dans la truffe. La brouillade d'œufs aux truffes est connue mais vous pouvez aussi déposer une truffe dans votre panier d'œufs crus, elle leur communiquera sa saveur inimitable.

Le maquis
Le maquis du haut Var, constitué de chênes verts et de chênes kermès, de pins d'Alep et de genévriers  cades dont on tire « l'onguent » qui soigne les brebis malades. Ces arbres et arbustes se sont adaptés pour supportent la canicule : le chêne vert par exemple s'en défend en produisant une sorte de cire qui limite l'évaporation de son eau. L'orée des bois se peuple de cistes et de romarins. Et tout grésille, bien sûr, du chant des cigales ivres de soleil.

Parole de berger

"Cette montagne, je l'aime, et puis, elle m'appartient un peu ! J'y viens depuis plus de vingt ans, et je la vois chaque jour différente, sans jamais m'en lasser ! Tous les ans au mois de mai, j'ai hâte de la retrouver. Je me demande toujours ce qui pourrait avoir changé. Les cabanes sont-elles en bon état ? Les chevreuils et les chamois sont-ils plus nombreux ? Lorsque début novembre il faut repartir, je suis vraiment triste. J'ai l'impression de quitter une amie ! Les "bêtes" aussi aiment cet endroit et je suis certain que si elles pouvaient parler, elles vous diraient comme moi ! J'aime les voir libres dans ces paturâges, se saisir de chaque chaque brin d'herbe, puis à la tombée du jour, regagner la couchade lorsqu'elles le désirent. Finalement, la seule ombre au tableau, c'est le loup !"
Alphonse

«Transhumance : migration périodique du bétail de la plaine, qui change de pacage en été et s'établit en montagne.» Si on s'en tenait à la stricte définition d'un dictionnaire, la transhumance n'aurait rien de passionnant. Mais heureu­sement, la vie et les traditions dépassent largement les mots. A cette première et aride définition, je préfère celle d'Alphonse Lopez : «La transhumance, c'est la poursuite de l'herbe.»
Il ne faut pas confondre transhumance et estivage. Cette dernière pratique est uniquement observée par les éleveurs des vallées montagnardes. Dès le printemps revenu, quand les premières chaleurs ont fait fondre la neige sur l'alpage et que l'herbe repousse plus drue encore, les troupeaux gagnent les prairies d'altitude protégées par les hauts sommets toujours enneigés. Une seule journée de marche est nécessaire pour que le troupeau gagne ses quartiers d'été. Souvent, les éleveurs se relayent pour le garder pendant que ceux qui sont restés dans la vallée s'occupent à rentrer le foin pour l'hiver.
Depuis les plaines et les arrière-pays de Provence, les troupeaux partent en direction des Alpes. Ceux qui passent l'hiver.
Il était une fois la transhumance
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Citations

« Les labours d’automne ont commencé ce matin. Dès le premier tranchant de l'araire, la terre s'est mise à fumer. C'était comme un feu qu'on découvrait là-dessous. Maintenant que voilà déjà six sillons alignés côte à côte, il y a au-dessus du champ une vapeur comme d'un brasier d'herbe. C'est monté dans le jour clair et ça s'est mis à luire dans le soleil comme une colonne de neige. Et ça a dit aux grands corbeaux qui dormaient en volant sur le vent du plateau : "C'est là qu'on laboure, il y a la vermine". Alors ils sont tous venus, d'abord l'un après l'autre en s'appelant à pleine gorge, puis par paquets, comme de grandes feuilles emportées par le vent. Ils sont là autour de Panturle, à flotter dans l'air épais comme des débris de bois autour d'une barque. »
Extrait de Regain de Jean GIONO (1895-1970)

"Nous partons, nous chassons devant le troupeau commun dont la longue file suit, à pas inégaux, les sentiers tortueux et arides des premières collines. Chacun de nous, à tour de rôle, va ramener les chèvres à coups de pierres, quand elles s’égarent en franchissant les haies.
Après avoir gravi les premières hauteurs nues qui dominent le village et qu’on n’atteint pas en moins d’une heure au pas des troupeaux, nous entrons dans une gorge haute, très escarpée, où l’on n’aperçoit plus ni maison, ni fumée, ni culture."
Les petits bergers ou la transhumance d'Alphonse de Lamartine (1807-1829)haut de page


 
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