Le Parc des Cinque Terre
L'environnement naturel
Formé par des roches d’origine et d’époque différentes, le paysage est caractérisé par un pente très particulière et par l’absence de surfaces planes.
Haute et découpée, la côte est linéaire, peu découpée par des calanques ou des promontoires, la mer y a creusé de nombreuses grottes. Les quelques plages, de sable ou de galets, résultent de la sédimentation détritique des cours d’eau, des éboulements ou des dépôts de matériels accumulés par l’homme.
La chaîne montueuse protège la côte des vents du nord, tandis que les courants chauds et humides, qui arrivent de la mer provoquent la condensation de la vapeur d'eau, qui se transforme en brouillard sur le sommet, ou bien en pluie à haute altitude.
Le climat est méditerranéen, avec des étés secs et des hivers particulièrement doux. L’orographie très complexe a suscité de nombreux microclimats, d’où la diversification de la végétation. Les bois de chêne vert ont été en partie remplacés par des bandes cultivées ou par d’autres essences d’arbres, comme le pin maritime, le pin d’Alep, le chêne-liège et le châtaignier.
Végétation :
On peut observer l’euphorbe arborescente et de nombreuses espèces typiques du maquis méditerranéen. Dans toute la zone multipliées des espèces à buissons, comme le romarin, le thym, l’immortelle et la lavandula. Formé de lentisque, myrte, térébinthe, genêt, arbousier, phyllirea et cade, le maquis mixte et le maquis de bruyère créent un fourré dense et intriqué de lianes, comme la salsepareille, la garance, la flammula, l’asparagus et enfin le chèvrefeuille étrusque et marin.
Faune :
Le Parc National Cinque Terre constitue l’habitat naturel et approprié pour de nombreuses espèces animales qui y trouvent les conditions idéales de vie et de reproduction :
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parmi les oiseaux la mouette royale, le faucon pèlerin et le grand corbeau,
- parmi les mammifères
la belette commune, la taupe, la fouine, le blaireau, le renard et le sanglier.
- dans le maquis le lézard, le lézard vert et certains serpents comme la couleuvre et la vipère
- près des ruisseaux vivent des grenouilles et des salamandres aux magnifiques couleurs.

L'environnement humain
Depuis environ 1000 ans l’homme est intervenu sur ces âpres montagnes à pic sur la mer, en gagnant des zones cultivées, pour survivre dans cette région autrefois boisée. Comme par défi l’homme a voulu entreprendre ce dur combat contre la nature. Un défi difficile à gagner vu l’escarpement de la montagne, sans lequel aujourd’hui on ne pourrait pas admirer le merveilleux et étonnant spectacle des terrasses. Génération après génération, l’homme a brisé les rochers, créant les murs en pierre sèche avec les morceaux les plus grands, et avec les détritus l’humus pour la vigne, ajoutant des broussailles et des aiguilles de pin.
En effet, cultiver la vigne dans ces lieux escarpés comporte un labeur pénible causé par les difficultés qui dérivent de la morphologie, du transport et de la structure du territoire. La proximité de la mer et surtout ce terrain réchauffé par le soleil rendent le vin très doux. L’activité vinicole n’et pas la seule qui lie l’homme à la terre. A côté des vignes on trouve la culture des citronniers, avec la célèbre production de citrons Monterosso, des oliviers et des potagers.

les villages
RIOMAGGIORE
Riomaggiore est le premier village en venant de La Spezia, situé dans la vallée du ruisseau Rivus Maior, désormais couvert. Selon la tradition, la ville date du VIII siècle, lorsqu'un groupe de fugitifs Grecs s'y est réfugié pendant la persécution de Leone III Isaurico.
Les maisons, peintes avec des couleurs traditionnelles typiques, suivent le procédé des maisons tours. Elles sont structurées sur trois ou quatre étages. L'accès est possible par l'entrée principale et par derrière, à la hauteur des étages supérieurs.
A voir : l'église paroissiale de San Giovanni Battista, construite dans les années 1340 par l'évêque de Luni, l'oratoire du XVI siècle “dei Disciplinati” et les ruines du château des XV-XVI siècles.
MANAROLA
Manarola est d'origine très ancienne. Elle fut fondée par les habitants de la probable colonie Romaine de Volastra.
Manarola se caractérise par ses maisons tours qui défendent le village. La ville se situe sur un promontoire tranchant de roche sombre, et elle est structurée autour de la route, maintenant recouverte, près du ruisseau Groppo. Cet endroit se situe sur la plus haute partie du village. Ici se dressent l'église paroissiale de style gothique de 1338, avec l'oratoire et le clocher, et la pyramide blanche de ciment, un signe pour les marins.
Manarola est la plus calme des Cinque Terre, et a été découverte plus tard par les touristes.
CORNIGLIA
L'origine de Corniglia remonte à l'époque Romaine. Son nom vient de "Gens Cornelia", la famille Romaine propriétaire des lieux. Corniglia se situe à une centaine de mètres au-dessus du promontoire, près d'une colline avec beaucoup de vignobles, d'où il est possible d'admirer les quatres autres villes des Cinque Terre.
Pour rejoindre le centre de la ville, il faut prendre le "Lardarina", un long escalier de 377 marches.
Corniglia a une vocation agriculturelle et une typologie urbaine proche des centres ruraux de l'intérieur avec des maisons basses.
L'ancien village se développe le long de Via Fieschi. Vous y trouverez les ruines d'un rocher du XVIème siècle. La paroisse dédiée à San Pietro est un bel exemple du style gothique particulier de la région.
VERNAZZA
Vernazza a été fondée aux environs de l'année Mille. Son nom vient de "Gens Vulnetia", une ancienne famille romaine. Les esclaves qui, une fois libérés, ont construit la ville leur appartenaient. Vernazza était autrefois le village le plus prospère des Cinque Terre. Le centre historique conserve de beaux éléments architecturaux comme des loges, des arcades et des portails. Elle se développe sur un rocher le long du ruisseau Vernazzola, maintenant recouvert. Vernazza présente un grand nombre de rues transversales reliées par des escaliers raides et elle est dotées de constructions défensives, de maisons tours, le Turret et le château de la famille Doria, symbole de son ancienne importance économique. A côté du port, se trouve la paroisse Santa Margherita d'Antiochia avec le beffroi octagonal de 40 mètres.
MONTEROSSO
Dernier village à l'ouest des Cinque Terre, le village de Monterosso est protégé par des collines couvertes de vignoble et de plantations d'oliviers. Monterosso possède de belles plages, des falaises accidentées et raides ainsi que de l'eau crystalline.
La tour Aurora, sur la colline de San Cristoforo, sépare l'ancien hameau médiéval de la nouvelle partie du village, qui s'est développée le long de la plage de Fegina. L'ancienne Monterosso est dominée par les ruines du château et est caractérisée par les typiques maisons qui ressemblent à des tours. Elle est traversée par le "carruggi", des rues médiévales étroites.
Dans l'église de San Francesco, d'importants travaux d'art sont conservés comme la Crucifixion, attribué à Van Dyck. Au XVIème siècle, Monterosso était défendue par treize tours. Aujourd'hui, il ne reste plus que les trois tours du château, la tour médiévale transformée pour accueillir la cloche de l'église San Giovanni et la tour Aurora.
La plage de Monterosso est la plus grande des Cinque Terre et par conséquent la ville a une grande vocation touristique.
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Portofino
La construction des paysages de la presqu'île de Portofino
Les paysages de la Ligurie offrent une série de contrastes particulièrement importants non seulement entre le littoral et l’arrière-pays mais aussi à l’intérieur de chacune de ces zones. En effet, il est possible d’observer parfois la remontée des paysages littoraux dans des moyennes et hautes vallées de la Ligurie occidentale avec des structures agraires liées à l’olivier, ou au contraire la descente des paysages submontagneux jusqu’à la côte avec le châtaignier qui souvent se mélange avec l’olivier. Le promontoire de Portofino correspond à l’une des zones où ce phénomème se manifeste particulièrement. Relativement préservé en raison de sa situation géographique, il est partagé entre une partie orientale sous l’attraction de la métropole gênoise et une partie occidentale davantage sous l’influence du tourisme national et international. Le projet de Parc naturel régional de Portofino en 1995 puis sa création en 2003 ont mis en évidence les contradictions et les difficultés de gestion d’un grand site face à l’opposition de la population locale et une fréquentation touristique de masse.
Le promontoire de Portofino forme un quadrilatère qui s’avance dans la mer de Ligurie avec un développement côtier de 13 km. Le point culminant de la dorsale atteint 610 mètres au mont Portofino. L’action érosive de la mer s’est exercée différemment selon les types de formation rencontrés. La position du promontoire de Portofino influencent son climat et sa végétation avec deux zones distinctes mais imbriquées : l’une typiquement méditerranéenne sur le versant méridional, l’autre avec des températures hivernales plus basses, des précipitations plus abondantes sur le versant septentrional. Si les conditions naturelles ont été prédisposantes, l’action de l’homme a été fondamentale.
L’organisation du territoire remonte à la structure politique et militaire préromaine centrée sur les établissements des tribus ligures de Camogli et d’Uscio ainsi que sur la voie de communication reliant Camogli à Chiavari en passant derrière le promontoire. Mais jusqu’au XVIIIe siècle, une grande partie du transport de marchandises se faisait par cabotage d’où l’importance de petits ports bien protégés des vents dominants comme celui de Portofino. À cela s’ajoutent des installations militaires ou monastiques comme San Fruttuoso et San Gerolamo della Cervera pour contrôler les principales voies de communications, terrestres ou maritimes, qui pouvaient échapper au contrôle de Gênes (moins de 30 km). Néanmoins, la presqu’île de Portofino est restée relativement à l’écart des axes routiers de Chiavari à Gênes, d’où une meilleure préservation des paysages hérités par rapport au reste de l’aire métropolitaine dans laquelle elle se trouve aujourd’hui insérée.
C’est vraisemblablement l’évêque de Gênes, Giovanni II, qui a installé, à la fin du Xe siècle, la communauté de moines bénédictins à San Fruttuoso di Capodimonte suite à une phase de reprise générale de la vie économique, sociale et religieuse de la ville. Ils auraient construit des terrasses et développé la culture de l’olivier. La mise en valeur du promontoire fut alors subordonnée aux intérêts de l’abbaye bénédictine puis à ceux de la puissante famille gênoise des d’Oria, propriétaire à partir du XVIe siècle. Ainsi, jusqu’au XIXe siècle, sur la plus grande partie du mont Portofino, l’organisation spatiale féodale a été maintenue.
À proximité de l’abbaye et du hameau de San Fruttuoso étaient regroupés les jardins potagers, l’oliveraie et la vigne pour la consommation de la communauté monastique et des paysans employés aux travaux agricoles. Les versants du nord-est, issus de la désagrégation des calcaires et des grès ont été aménagés en terrasses et plantés en oliviers. Ceux qui débouchaient dans la Cala dell’Oro étaient occupés par des pâturages pour les ovins.
Si l’abandon actuel persistait, le chêne vert, souverain déchu d’une grande partie de la côte ligure, recommencerait avec le temps à se répandre, réaffirmant, avec orgueil, son droit à dominer les lieux proches de la mer.
En dehors de cet espace, une agriculture dite de « villa », caractéristique de l’Est gênois, fondée sur la promiscuité entre l’habitat et les cultures s’imposa rapidement. Cette organisation foncière se différencie de celle qui prédominait dans les autres territoires gênois, avec la diffusion précoce du minifundium, comme dans le sud-ouest ligure avec la monoculture de l’olivier ou les Cinque Terre avec la prépondérance de la vigne.
À la fin du XIXe siècle, un processus de profondes transformations est amorcé avec la dissolution de la grande propriété, sa transformation en une myriade de microfonds et la naissance du tourisme littoral, en particulier à Santa Margherita.
Déjà à la fin du XVIIe siècle, Santa Margherita était devenue un lieu de villégiature pour de nombreuses familles gênoises, grâce à la douceur du climat et au charme des paysages. La renommée de la localité s’étend avec l’élargissement du cercle des familles nobles et aisées qui la fréquentaient. Mais c’est la liaison ferroviaire avec Gênes, intervenue en 1868, qui ouvrit la riviera orientale au tourisme de luxe, comme sur la riviera occidentale et la Côte d’Azur. Les premières résidences anglaises de villégiature apparaissent alors, ainsi que les premiers luxueux hôtels. Avec villas et grands hôtels, le tourisme de luxe transforme radicalement le paysage. Toutefois, malgré l’apparente ressemblance avec ce qui se passait sur la riviera occidentale, les touristes de la riviera orientale, bien qu’appartenant aux classes sociales élevées, étaient rarement d’origine aristocratique. C’étaient des bourgeois ou des commerçants italiens devenus riches durant la première phase de l’industrialisation, à la suite de l’unification italienne.
Les transformations du paysage se poursuivent après la Première Guerre mondiale avec la construction de villas de style éclectique comme la villa Odero à Portofino ou la villa Florio-Sartori. Après la Deuxième Guerre mondiale, le tourisme de masse s’installe. Il est lié à la motorisation générale et à la construction des autoroutes reliant la côte aux centres urbains et industriels de la plaine padane. Les villas et les habitations plurifamiliales résidentielles prolifèrent. Toutefois, cette transformation touche essentiellement les communes de Camogli et de Santa Margherita, car la loi de 1935, créant l’organisme autonome du mont Portofino pour sauvegarder l’intégrité du paysage, a protégé la plus grande partie de la presqu’île de la fièvre immobilière.
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Gênes
Ville d'art et métropole penchée sur la mer, Gênes s'est étendue autour du port, anse naturelle qui est depuis toujours un lieu de trafics florissants et d'échanges commerciaux. Son c'ur antique, le centre historique médiéval le plus grand d'Europe, est sillonné par un dense réseau de ruelles où l'on découvre l'âme multiculturelle qui caractérise depuis toujours l'histoire de la ville. Ici, entre les boutiques, les restaurants et les beaux magasins, on retrace le noble passé de Gênes la Superbe, qui se dévoile dans les demeures du seizième siècle, les édicules votives baroques, les magnifiques églises qui donnent sur des petites places encastrées entre les immeubles anciens.
La modernité est seulement à quelques pas, dans les lieux restitués aux habitants et aux touristes grâce aux restaurations et aux grandes rénovations urbaines réalisées ces dix dernières années.
Le charme de la ville est aussi présent dans les nombreuses délégations de Nervi à Voltri, qui étaient des communes autonomes jusqu'aux années Vingt, et où on peut découvrir des villas entourées de parcs du dix-neuvième siècle, de jolies promenades au bord de la mer, et des musées, petits et grands.
Les Palazzi dei Rolli
Via Balbi
Avant d'accueillir le siège principal de l'Université de Gênes, Via Balbi était une des Strade Nuove Génoises. Dans cette, rue légèrement en pente, qui relie la Gare "Principe" avec Place de la Nunziata et le Porto Antico, vers l'Aquarium, l'on marche entre les façades néoclassiques des édifices construits par la famille Balbi, des puissants financiers de la République de Gênes. Une visite au Musée de Palazzo Reale nous fait entrer dans l'atmosphère des Rolli. Salons élégants et ensoleillés, pétris d'art et d'histoire, mais aussi de vie: dans les salles des étages nobles ils nous semble encore apercevoir le triste prince Oddone de Savoie, malade incurable, qui vint ici pour passer ses dernières années en collectionnant des ouvres d'art.
Les palais de via Balbi diffèrent de ceux de Via Garibaldi à cause des solutions de leur composition, avec escaliers monumentaux et espaces extérieurs qui se partagent entre levant et ponant, alternés par de grands jardins suspendus, comme les deux, indubitablement caractéristiques, du Palais Cattaneo Adorno. L'un accueille deux palmiers centenaires qui apparaissent désormais au-dessus des murs de la cour. L'autre est le jardin suspendu typique du XVIIIe siècle.
Palazzo Raggio, Faculté des Lettres, outre que de l'époque des Rolli. C'est aussi un témoignage des luttes estudiantines. En son intérieur de nombreuses inscriptions et graffitis, qui sont désormais considérés décorations des murs, remontent aux contestations du '77 et se confondent avec les fresques patriotiques des temps de Roi Umberto 1er.
Il y a une bonne senteur de fleurs d'oranger à via Balbi 4: en son intérieur un jardin avec orangers et un nymphée, parfait scénario pour les photos de rite des diplômés. Avec un peu de patience l'on peut monter au sommet, où se trouve l'Institut d'Histoire de l'Art. L'on nécessite d'un bon souffle, mais depuis là-haut la vue sur les toits et sur le port est magnifique.
Après être passés par le temple dorique de place della Nunziata, l'on atteint le Largo della Zecca, où les lignes néoclassiques du Palazzo Bartolomeo Lomellino et de Palazzo Balbi Piovera se trouvent face à face.
Ici le parcours se partage: en continuant sur la via Cairoli l'on atteint via Garibaldi, la Via Aurea (la rue Dorée). Tandis qu'en tournant dans la via Lomellini l'on pénètre dans le centre historique.
De via Lomellini à Piazza Banchi
Tout d'abord les ruelles: ici les beautés historiques et architecturales se mélangent avec la vie de tous les jours. Les anciens palais sont encore habités. Parmi les stucs rococo et les huisseries néoclassiques se déversent des dames avec leurs emplettes, des vendeurs de parapluies, des fainéants. À deux pas de la Via Del Campo, chantée par Fabrizio De André, l'on trouve l'un des joyaux du centre historique: Palazzo Spinola di Pellicceria. Il conserve les peintures de Rubens, Van Dyck et Bernardo Strozzi.
En poursuivant par via San Luca l'on rencontre d'autres palais patriciens, aujourd'hui aménagés en appartements. Avec un peu de fortune, en regardant vers le haut par une fenêtre ouverte, l'on peut entrevoir les plafonds peints à fresques par Tavarone ou par Lorenzo De Ferrari pour la famille Grimaldi. Pour terminer l'on arrive à piazza Banchi, l'un des deux coeurs anciens du centre historique, à deux pas de la mer.
La via Aurea: via Garibaldi
L'itinéraire traverse via Cairoli et continue par via Garibaldi, jusqu'à la Piazza Fontane Marose et la remontée de Santa Caterina. La magnificence des palais a frappé bien des artistes, poètes et peintres du monde entier.
La via Garibaldi de nos jours, naquit en tant que Strada Maggiore et ensuite Strada Nuova, mais jusqu'au XIXe siècle elle était connue comme Via Aurea. Madame de Staël, la nomma Rue de Rois, à cause de son architecture.
En 250 mètres se concentrent 14 palais construits entre le 1550 et le 1716. Peter Paul Rubens fut à Gênes plusieurs fois au début du XVIIe siècle et il dédia aux palais de Strada Nuova un volume qui en témoigne la grandeur. Aujourd'hui bien d'édifices sont sièges de musées et de galeries d'art importantes, telles que Palazzo Rosso et Palazzo Bianco, ou accueillent organismes et institutions, comme Palazzo Tursi, siège de la Mairie, dont l'architecture, à cause de sa grandeur, fut erronément attribuée à Michel-Ange.
Au visiteur attentif, la via Aurea révèle des secrets de beauté et de style, elle lui raconte des histoires. Les télamons du portail de Palazzo Lercari Parodi, au numéro 3, ont le nez brisé pour rappeler la terrible vengeance de Megollo Lercari qui, giflé par le roi de Trébizonde, se vengea de ses ennemis en les mutilant des nez et des oreilles.
Palazzo Campanella, à via Garibaldi 12 est le siège de bureaux et cabinets privés, mais au deuxième étage, une boutique de décoration interne permet d'en visiter les salles merveilleusement stuquées, comme la blanche alcôve peinte à fresques avec des figures de femmes et amants.
Palazzo Podestà, au numéro 14, à l'intérieur d'une façade riche en masques, guirlandes et triomphes blancs sur fond foncé, il y a un nymphée et un petit lac dans lequel nagent des carpes gigantesques très aimées par les enfants.
Le siège de la Chambre de Commerce au numéro 4, peut être visité avec l'autorisation des huissiers: il contient des splendides tapisseries et une galerie de stucs dorés.
Par contre, curieuses sont les fresques du deuxième étage du numéro 3, Palazzo Lercari Parodi, siège d'une maison de ventes aux enchères: tout près des précieuses fresques du Cambiaso, il y en a d'autres qui ont été retouchées au XIXe siècle. C'est ainsi qu'il peut arriver d'apercevoir dans les décors et dans les voûtes Raphaélesques une locomotive à vapeur.
Débouché naturel de via Garibaldi est la piazza Fontane Marose. Là, entre les façades néoclassiques de Palazzo Pallavicino et l'élégance toute Génoise de Palazzo Spinola qui alterne le marbre blanc avec le noir de l'ardoise, se déroulaient les tournois et les joutes chevaleresques.
Les palais des Rolli, comme l'écrit l'historien Ennio Poleggi, sont de vrais palais royaux républicains.
Un bon point de départ pour visiter une ville dans laquelle, depuis toujours, les contradictions sont source de richesse et de culture.

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