Christian Philibert et Espigoule
 
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Patrimoine

Les 4 saisons d'Espigoule


Une comédie de Christian Philibert
Un film où tout n'est pas vrai mais où rien n'est vraiment faux


 
 
 

Sites web

http://membres.lycos.fr/espigoule/
Les films d'Espigoule
film documentaire
Gaspard de Besse
Ginasservis
Le Haut-Var

 

 

 
         
 

Bibliographie

Gaspard de Besse : 1757-1781 Brigand de France, Héros de Provence de Jean Siccardi
Le Var des collines de Bernard DUPLESSY, Michel FRAISSET, photos de Robert CALLIER
Le Var, terre d'histoire de Dominique Legenne, publié chez Actes Sud (2000)
Var
de Dominique Legenne
   
                 

"...Oui ce village existe; il a l'esprit sagace
De ceux dont le courage est devant une glace,
D'accepter ce qu'ils sont sans se voiler la face
Et de rire d'eux-mêmes avant qu'on le fasse."

Le poète d'Espigoule

 
Fiche technique

Réalisateur : Christian Philibert
Acteurs : Jean-Marc Ravera, Roger Lanfranchi, Jacques Bastide, Alain Passet...
Nationalité : 100% varois
Sortie en France : 24/03/1999
Durée : 1h 37mn

Production Lardux Films
www.lardux.com

Synopsis

1999, à l'aube du nouveau millénaire, la France entière semble envahie par la morosité. Tout la France ? Non... 
Dans le Sud de la France, il existe un village d'irrésistibles Varois, perché dans les collines, Espigoule, où les habitants résistent à l'invasion de mélancolie. Grâce à leurs civets de lièvre longuement mitonnés, leurs parties de boules, et leur potion magique le Poussi-Miel, l'envahisseur est stoppé aux murs du village...

Christian Philibert

Christian Philibert est un amoureux de la Provence, qu’il prend comme cadre de tous ses films depuis plus de dix ans. En 1987, il réalise un premier court métrage " Embrouille chez les Marmouilles ", suivi d’un film burlesque " Les Aventures de Félix " (1989) primé dans de nombreux festivals. Il signe plusieurs documentaires : " Souvenir de peste " (1991), " Gaspard de Besse " (1993), " Raymond l’intrépide " (1996), réalise un film de prévention contre le SIDA (1995), et une série télévisée pour Canal +, " La Minute d’Espigoule " (1996). " Les Quatre saisons d’Espigoule " est son premier long métrage. Actuellement, Christian Philibert prépare un documentaire et un nouveau film " L’Homme à la fleur de genêt "

Ses derniers films
Travail d'arabe (2002)
Les 4 saisons d'Espigoule (1999)
Revanche de M. Seguin (La) (1995)
Promesses (Les) (1995)

Les critiques

"Les 4 Saisons d'Espigoule" est un premier film au caractère espiègle, chaleureux et typiquement provençal, qui conte une année de la vie d'un petit village niché dans les collines du Haut-Var, royaume de la tchatche et du verbe fort comme de l'ail qui donnent un goût inimitable à cette région.
En brouillant les pistes du vrai et du faux, le film de Christian Philibert touche par son humour ravageur, son authenticité. Ces tranches de vie se transforment en de véritables aventures et cette histoire ordinaire prend des allures de saga. Espigoule apparaît alors comme un véritable univers de BD, peuplé de fous et de poètes, un village qui est à la Provence ce que celui d'Astérix est à la Gaule.
Une invitation à partager une année ordinaire dans un village extraordinaire.

Film documentairehaut de page
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Avec Les 4 saisons d'Espigoule, Christain Philibert nous emmène dans un endroit imaginaire au rythme des quatre saisons de l'année, où la caméra suit pas à pas les joies quotidiennes d'une communauté de provençaux espiègles et chaleureux.

Véritable apologie de l’authenticité et du naturel, cette comédie provençale d’une gaîté très fraîche nous entraîne au cœur d’un petit village du Haut-Var, pour flâner – en compagnie d’un réalisateur-guide natif du pays – à la limite du reportage et du documentaire, entre réalisme cru et autodérision sympathique. Quatre saisons pour faire le tour d’Espigoule, de ses habitants, de ses coutumes, de ses fêtes – entre bals, mariages, foires aux bestiaux, élection du meilleur civet de lièvre ou élections municipales – et découvrir un quotidien paisible dans toute sa spontanéité et sa crudité (annoncée). Car si le village existe vraiment, le film lui apporte, en plus d’un nouveau nom, une nouvelle âme, celle qu’implique l’enjeu d’un cinéma qui reste avant tout de fiction. Et ladite fiction, qui flirte bien franchement avec l’entretien documentaire, renouvelle fatalement l’esprit de son sujet-objet – si tant est qu’un film demeure prioritairement un choix de prises et d’angles de vue – mais prend bien soin, toutefois, de n’en jamais travestir l’essence. Les 4 Saisons d’Espigoule joue de cette ambiguïté en virtuose et il est inutile de tenter de distinguer le faux du vrai tant chacun des habitants de la petite ville – qui joue son propre rôle dans le film – se prête à l’improvisation et accepte généreusement les règles de ce jeu de miroirs déformants, qui mêle astucieusement réalité et invention pure. L’art de vivre provençal dans toute sa splendeur et sa quiétude nous est livré au travers d’un panel de personnages bon vivants – aussi lumineux et surprenants que les paysages de la région – qui s’ouvrent de bon cœur, et dont le franc-parler nous charme de sa musicalité bienheureuse et ensoleillée.

Comme le suggère doucement la goulue consonance de son appellation, l’espièglerie bon enfant règne à Espigoule, où farces et canulars vont bon train. On renouvelle de toute pièce le folklore du loup-garou – dont on entretient la mythologie inquiétante à grand renfort de déguisements et de mises en scène nocturnes que l’on échafaude à la pleine lune – quand on ne s’affaire pas à détourner l’inclinaison de la statue du village pour le simple et sain plaisir de se repaître de l’étonnement naïf des plus anciens, qu’une telle énigme déstabilise gentiment. Mais si le film est drôle, il n’est pas railleur pour un sou. Et c’est précisément parce que les moqueries sont internes au récit, qu’il se garde de suggérer la moindre médisance. On rit avec, et jamais au dépend de l’autre. À aucun moment la caméra de Christian Philibert ne se détache d’une optique fraternelle et affectueuse, si bien que l’on sent pleinement, et à chaque instant – en candeur et en pudeur – que l’artiste filme d’abord les siens. La caméra est bien un proche auquel on se confie. Elle est un partenaire, un véritable complice, d’où la trans-parence des personnages et l’accès souple et facile à leur intériorité, jusque dans l’intimité profonde.

Bien que le film de Philibert soit prétexte à une introspection, selon l’adage d’une figure de l’autre qui nous renvoie notre reflet propre, c’est la légèreté qui domine le propos, et les sujets graves suggérés sont esquissés pour mieux disparaître derrière les formes charnues de la dérision. Ainsi, les sulfureux sujets qui tournent autour de la religion ou de la politique sont intelligemment abordés, entre autres par l’intermédiaire d’un pseudo poète, politicien improvisé et intellectuel de service qui ne fait l’unanimité ni dans sa poésie ni dans ses convictions politiques (pas très nettes, de l’avis même du réalisateur). Et ce volontaire sabotage donne son ton léger au film, en même temps qu’il trace les limites des digressions qu’il s’autorise et qui l’ancrent dans l’actualité idéologique. Témoin, l’ironie d’un des témoignages les plus catégoriques du film, où une vieille femme affirme de façon (on ne peut plus) péremptoire qu’il faut tout changer à Espigoule – les gens, les maisons, les rues, pour avoir enfin la paix ! Si elle savait…

Les 4 Saisons d’Espigoule est un film rafraîchissant qui regorge d’originalité – au sens premier notamment – mais il est néanmoins exempt de complaisance, et la rigueur du trait, dans sa réalité, l’emporte sur tout artifice esthétique d’ornementation. Jamais Christian Philibert ne tombe dans le piège béant de la “pagnolade” – lente et pittoresque, aux tendances “poétisantes” – que pouvait tendre un tel sujet. Si c’est un genre d’inspiration qu’il estime et respecte, son film privilégie le rythme et la vivacité du propos. Scènes construites de personnages et de situations, et scènes où l’on s’adresse à la caméra alternent dans une déconcertante harmonie. De même, les quatre saisons s’enchaînent avec une régularité métronomique et se composent chacune d’ingrédients analogues et récurrents qui apportent au film sa cadence et sa densité : banquets, brèves de comptoirs – Philibert avait d’ailleurs expérimenté le genre avec La Minute d’Espigoule sur Canal + – scènes de confidences sur l’art de la chasse, la peinture, ou telle technique culinaire (notons pour nous en plaindre que les secrets de la recette du poussi-miel et du civet de lièvre nous sont rigoureusement cachés). Cadré essentiellement “au naturel”, le plus souvent débarrassé de lumière artificielle, Espigoule puise toujours le réel à sa source, et, à l’image de son peintre amoureux de la nature qui refuse, lui aussi, de révéler le secret de l’alchimie composant la matière de sa peinture, le film laisse le voile sur les clés de sa prodigieuse clarté et luminosité. Si mystérieuses soient-elles, les quatre saisons restent un assortiment bien savoureux.
par Antonin Koskashaut de page
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Le village d'Espigoule existe. Il est en Provence, pas loin de Manosque, et on peut y rencontrer le patron du bar, l'inventeur du Poussi-Miel, monsieur le maire, un cycliste du dimanche, un peintre du lundi, un poète-pouet, le député du coin, un bouc, un loup-garou, une dent, un branchage sculpture, un delco en rade, une panthère pédé, un civet de petit lièvre… Mais qu'est-est que c'est que ces conneries ? Le village d'Espigoule n'existe pas " je rends heureux, je rafraîchis, j'oxygène, j'illumine, j'haut les cœurs, je sifflote et gambade...": ça se chante et ça se danse; sous ce soleil provençal, la vie est rebelle. Et c'est fou comme la fraîcheur sincère de ce petit bijou donne envie d'appeler à la rescousse de notre enthousiasme toute la batterie des expressions les plus affreusement galvaudées comme, par exemple "la fraîcheur sincère de ce petit bijou ". Le projet de Philibert d'immortaliser l'Espigoulais avant le passage à l'an 2000 pouvait paraître emphatique, il n'en est rien: cette espèce est vraiment en voie de disparition et elle vaut un paquet de bébés phoques... Ce film nous fait oublier soixante ans de télévision, un siècle d'exode rural pour inaugurer en toute simplicité un nouveau millénaire de cinéma. Car Si le titre laisse augurer un "Striptease" à la sauce Rohmer ou Guédiguian, c'est d'abord de cinéma qu'il s agit ici; et si le scénario n'est pas inscrit dans le noir sur blanc de l'extérieur-jour / intérieur-nuit, ces fausses improvisations pagnolo-cassavètiennes sont parfaitement organisées, sobrement mises en scène, originalement cadrées, ensoleillement photographiées, délicieusement montées et magiquement mises en musique... Ajoutez à ça le comique chantant des situations et le tempérament - mi-cabot généreux, mi-stentor roublard - de ces habitants-comédiens dont l'authenticité est escagassante, vous obtenez la meilleure comédie du mois, sinon de l'année! Un comble quand la concurrence, de Timsit à Farrugia en passant par Aghion, fait ra-ha-ha-ge. Devant cette heure et demie de bonheur en bobines, tous les bras du cynisme cinéphilique nous tombent Espigoule est un film qui lave. On en sort propres et frais, débarrassés de nos blagues grinçantes, de nos couples en rupture, de nos héros en urgence, de nos pistolets factices et de nos effets trop spéciaux... mais aussi de nos super sans plomb, de nos militantismes merchandisés et de nos mères trop Denis. Ces vrais-faux personnages tonitruants nous rappellent une époque révolue où les gens - qui n'étaient pas tous des villes - n'adoptaient pas les comportements officiels imposés par des télé(films) trop corrects pour être honnêtes. Une époque non paranoïaque où on n'avait pas honte de dire des conneries qui, du même coup, étaient moins connes puisque non filtrées par les a priori de dénominateurs trop communs. Une époque ou l'on acceptait d'être soi-même et où l'on acceptait que les autres le restent.
Jean-Yves KATELAN - Premièrehaut de page
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"Les 4 saisons d'Espigoule" : chronique de notre belle Provence
Pour son premier long métrage le Varois Christian Philibert jette un pavé dans la mare du cinéma d'auteur. "Les 4 saisons d'Espigoule" est un film intelligent, "socialement correct", innovateur, et... drôle. Après Marius et Jeanette, après Les collègues, le cinéma "naturaliste" provençal s'enrichit d'une nouvelle réalisation, avec ce premier long métrage hors-cadre de Christian Philibert. La différence, c'est que Philibert va beaucoup plus loin que les deux films précédents... Il est le premier à parfaitement réussir l'amalgame entre le "docudrama" à l'anglaise et la comédie provençale qu'on ne qualifiera pas de "à la Pagnol", mais presque, tant on retrouve chez les "Espigoulais" la même faconde et la même autodérision qui font partie de l'éternel provençal. Si l'on veut poursuivre cette comparaison avec Pagnol, aussi illégitime soit-elle, on peut dire que Christian Philibert s'est fondé tout comme son aîné sur le terroir provençal dans ce qu'il a de plus humain pour atteindre à une forme d'universalité. Les 4 saisons d'Espigoule, qu'est-ce au juste ? Un film qui n'est ni un documentaire ni une fiction, mais dans lequel les deux s'entremêlent de manière absolument inextricable, "un film où tout n'est pas vrai mais où rien n'est absolument faux", dit lui-même Philibert, très heureux d'avoir atteint une telle symbiose entre deux genres cinématographiques le plus souvent antagonistes. Un film tourné dans un village du haut-Var qui pourrait s'appeler Espigoule, avec ses habitants dans leurs propres rôles, juste un peu exagérés, et surtout mis en scène, au sens premier du terme, par le maître du jeu, Philibert, et ses séides cameramen, preneurs de son, éclairagistes, etc. Un maître du jeu extrêmement malicieux qui a su tirer de ses contemporains et compatriotes une sève naturelle qui les rend à la fois extrêmement proches et incroyablement ancrés dans l'universel. Le patron de café farceur (Jean-Marc Ravera), le poète érudit villageois (Jacques Bastide), l'agriculteur à côté de ses pompes (Roger Lanfranchi), le peintre intellectuel et rebelle (Alain Passet), tous existent et vivent à Espigoule, et Philibert n'a fait que voir à travers eux, au-dedans d'eux-mêmes, leur potentiel à émerveiller le public. Il nous livre au passage un extraordinaire constat, celui qu'il y a en chacun de nous des trésors qu'il suffit d'éclairer un peu pour illuminer sa propre vie....

La Provencehaut de page
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NOSTALGIE ?
Espigoule, c'est un peu comme la fourmi de 18 m, on se dit : ça existe, ça n'existe pas... Et pourquoi pas ? La vérité, c'est qu'Espigoule, vous ne le trouverez peut-être pas sur la carte, mais c'est un vrai village quand même. C'est en quelque sorte le repère d'irréductibles petits Provençaux, (« le trou du cul du monde de la Provence ») situé quelque part du côté de Manosque. Un village, qui parmi ses enfants, compte un certain Christian Philibert. Ce petit gars des collines a eu l'idée (excellente) de filmer les gens qui ont entouré les 25 premières années de sa vie. Il en a fait un film drolatique. Est-ce une fiction ? Est-ce un documentaire ? « Ni l'un, ni l'autre, c'est une comédie avant tout », a répondu le réalisateur provençal égaré mercredi soir à Mulhouse pour venir discuter de son film, avec un public du Bel Air ravi. « Il y a des scènes fictionnées et d'autres qui sont prises sur le vif, a-t-il précisé. Les personnages sont bien réels et jouent leur propres rôles.» Christian Philibert a préparé son film pendant dix ans ; il a noté des répliques, des situations qu'il a ensuite fait rejouer aux « stars » du village. « Il n'y avait pas vraiment de scénario mais une structure en quatre saisons, des improvisations guidées. Le fil conducteur, ce sont les personnages. Tous les gens filmés sont complices.» « Les quatre saisons d'Espigoule » est un film sur la ruralité autant qu'un film sur la Provence. Nostalgique ? « Je me méfiais de la nostalgie, mais je ne suis pas clair là dessus, c'est vrai... J'espère simplement que tout cela ne va pas se perdre.» Et c'est vrai que ce serait triste qu'Espigoule ne soit plus Espigoule.

Le Journal d'Alsace
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Le village d'Espigoule

Un peu isolé du fait de sa situation géographique mais pas très éloigné des grands axes touristiques et économiques, Espigoule a su éviter l'abîme de la désertification et le piège de l'urbanisation excessive. Sa population est même d'une étonnante stabilité qui défie les lois de la démographie. On comptait 733 âmes au moment de la Révolution, 731 à la fin du XIXè siècle et aujourd'hui 732.
Berceau du brigandage à la fin du XVIIIè siècle, Espigoule comptait alors plus de bandits que d'habitants. Le plus célèbre d'entre eux, le bien-aimé Gaspard de Besse, dont la devise était "Effrayez, menacez mais ne tuez jamais" fréquentait la taverne du village, aujourd'hui devenue le café du Cours. On prétend même qu'il y aurait une nombreuse descendance.

L'origine du nom d'Espigoule viendrait du bas latin espigallus, littéralement Epis Gaulois, mieux connu aujourd'hui par les Provençaux sous le nom de spigaou, gaminée sauvage qui subrepticement se glisse dans les oreilles des chiens et leur provoque des abcès. Certains prétendent que son nom aurait donné naissance à l'ancêtre du tromblon, l'espingole, gros fusil court au canon évasé, arme de prédilection des brigands d'autrefois. On désigne d'autre part sous le nom d'espigoulette un jeu de cartes dont la règle est obscure et pour cause, il n'y en a aucune. Sa pratique fut de tout temps interdite car elle troublait l'ordre public.
Le vieux château féodal, bâti sur un monticule au centre du village, fut presque entièrement démoli au moment de la Révolution. Il paraît même que son propriétaire, le marquis de Gandolfi, très aimé des Espigoulais, les aurait aidés à le démonter. Il reste de cette époque le blason d'Espigoule. Un écu orné d'un poireau, emblème du village et aujourd'hui encore une des principales cultures de la commune. Les espigoulais sont d'ailleurs surnommés dans la région les mange porri, littéralement "les mangeurs des poireaux".

Le Saint Patron d'Espigoule est Saint Joseph de Blacas.
En 1720, alors que la peste se rapprochait du village, le père Joseph, curé de la paroisse, monta sur le toit de l'église et, tel son modèle Monseigneur Belsunce, Evêque de Marseille, il l'exorcisa aux quatre vents. La peste n'arriva jamais à Espigoule mais le père Joseph tomba du clocher... Seule victime espigoulaise de l'épidemie, il fut canonisé en 1837, sous la pression des fidèles qui, selonla tradition, allèrent eux mêmes à Rome focer la main au Pape.

Depuis, les temps ont bien changé comme en témoignent les W-C publics qui furent édifiés contre les murs de l'église, au moment du front populaire, selon l'expression du maire d'alors : pour faire chier le curé. Malgré tout, la fête votive de la Saint joseph a bien lieu tous les ans le dernier week-end du mois d'août à Espigoule. haut de page

 

Gaspard de Besse, le brigand provençal

Gaspard de Besse
Histoire et Légende du brigand provençal

Un film de Christian Philibert

Gaspard de Besse , véritable "Robin des Bois provençal", émule de Cartouche et de Mandrin, est un brigand populaire du XVIIIe siècle. À travers les archives, les romans, les spectacles et même un film avec Raimu, ce documentaire nous fait découvrir les mille facettes de la légende et de l'histoire de cet homme hors du commun.

Le "Robin des bois " Provençal

Les archives concernant Gaspart de Besse sont éparses et laissent dans l'ombre une grande partie de sa brève existance. Gaspard a vraisemblablement reçu une éducation bien au-dessus de sa condition puisqu'à son procès il s'exprima en français châtié, citant les auteurs latins et les philosophes de son siècle. On ignore comment le jeune Gaspard est devenu bandit de grand chemin mais la légende veut qu'il ait été révolté par le sort fait à une pauvre femme de la Valette, mère de quatre enfants, dont le mari était au bagne pour avoir trafiqué sur quelques kilos de sel. Gaspard aurait organisé l'évasion de cet homme ainsi que celle d'un de ses compagnons d'infortune.

C'est à ce moment-là que Joseph Augias et Jacques Bouilly seraient devenus les lieutenants de Gaspard.
Ce qu'on peut toutefois affirmer avec une quasi certitude c'est que la fiscalité injuste et inégalitaire de l'époque, la pression et les abus exercés sur le petit peuple par les Fermiers Généraux ont conduit Gaspard à s'attaquer aux riches pour redonner aux pauvres. Dans son repaire dans les impressionnantes gorges d'Ollioules, Gaspard renforce ses troupes en recrutant d'autres proscrits selon un code de l'honneur qui n'a pas peu contribué à la légende du "bandit au grand coeur" : toute violence gratuite est interdite. On ne s'attaquera qu'aux nobles, aux usuriers, aux collecteurs d'impôts et aux gabelous. On ne touchera pas aux paysans ni aux pauvres. Tout butin sera divisé en deux parts : la plus grande réservée au trésor de guerre et destinée à être redistribuée aux indigents, l'autre part minutieusement et également partagée entre les brigands de la bande.
La légende prétend que Gaspard n'a tué qu'une seule fois : il aurait abattu de sa main un de ses hommes qui aurait coupé le doigt d'une dame pour lui voler sa bague. D'où la réputation universelle de Don Juan qui entoure le personnage de Gaspard. Parfaitement renseigné sur les convois qui transitent entre Marseille et Toulon - on a longtemps dit que Cuges aurait été la capitale du brigand - Gaspard de Besse a sans aucun doute bénéficié de la complicité objective des petites gens, en particuliers des villageois de Cuges, ravis des coups portés à leurs oppresseurs.

Sa fière allure, le soin qu'il prend de sa personne lui assure un succès certain auprès des dames et pas seulement celles du peuple, même celles qu'il détrousse garde un bon souvenir de lui.
Sa devise était : "Effrayez, mais ne tuez jamais". Son QG aurait été une grotte du Mont Vinaigre. Arrêté dans les Maures en juin 1779 il s'évade moins d'un an après, grâce à la complicité de la fille du geôlier de la prison de Draguignan. On lui attribue aussi la libération d'une colonne de galériens qui viendront grossir les rangs de la bande. Séducteur, rigolard, il épargne les petites gens qu'il arrête par inadvertance, allant jusqu'à leur distribuer des subsides, ce qui lui vaut son surnom de Robin des bois. L'auberge des Adrets (sur l'actuelle Nationale 7) est son centre d'information. C'est un relais de poste, un passage obligé, où les voyageurs s'arrètent pour laisser reposer leur monture ou pour en changer. Face à l'auberge, les bâtiments abritent le fourrage et les équipages, soit 40 chevaux et 8 paires de boeufs. Un "espion" anonyme de la bande de Gaspard repère les voyageurs argentés : il lui suffit d'aller prévenir le restant de la troupe au galop. Les diligences suivaient alors le chemin (GR51) qui, partant de la N7 au carrefour du logis de Paris, passe devant la maison forestière du Malpey. Une embuscade est tendue. Les voyageurs sont détroussés, surtout les collecteurs d'impôts que Gaspard de Besse affectionne particulièrement.
Justicier au grand coeur, Gaspard laisse à ses contemporains, nottament à l'autorité, une impression d'omniprésence. Il est évident que le pouvoir central comme le pouvoir local ne peuvent rester longtemps sans réagir et laisser s'installer ce contre-pouvoir populaire, semant dans la tête du peuple des idées pré-révolutionnaires. Toutes les forces sont mobilisées pour capturer le hors-la-loi qui menace l'ordre social établi. Avec la complicité active de ceux dont il est devenu le héros, Gaspard va faire courir les gendarmes. Il sera néanmoins capturé sur une dénonciation (on a parlé d'une femme jalouse) en novembre 1779. Il s'évade en mars 1780 et reprend de plus belle ses expéditions punitives. Gaspard est à nouveau capturé en octobre. Cette fois, c'est la fin. Pour éviter les manifestations populaires, Gaspard est transféré à Aix. Son procès commence aussitôt et dure près d'un an. Pour sa défense, Gaspard plaide sa non-violence et sa soif de justice. Mais Gaspard est trop en avance sur son temps et le verdict sera impitoyable : la mort pour celui qui ne l'avait jamais donnée. Le 25 octobre 1781, une foule immense se presse dans les rues d'Aix pour accompagner son héros au supplice. Avec une grande dignité, vêtu de ses plus beaux habits comme s'il allait à la fête, Gaspard marche à la mort la tête haute en saluant la foule. Il avait à peine 25 ans.

Les gens de Cuges racontaient autrefois que Gaspard de Besse, condamné à être roué vif, avait subi son supplice sur la place de l'église vers 1800. Ailleurs, on racontait qu'il était mort à Draguignan. Tout le monde disait l'avoir connu ou rencontré. Ses mille exploits contés aux quatre coins de la Provence en ont fait un personnage de légende.haut de page


 
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