Occitanies Patrimoine Provence - Gaston REBUFFAT
 
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Patrimoine

Gaston Rébuffat (1921-1985)


 
 
 

Plan

L'homme
Gaston Rebuffat et Rians

 

 

Bibliographie

Ouvrages de Gaston Rébuffat

• La piste des cimes, Editions Spes, 1961.
• Calanques, avec Gabriel-M. Ollive, Editions Arthaud, Collection Belles Pages.
• L'apprenti montagnard, Editions Vasco, Collection Grands Vents
• Etoiles et tempêtes, Editions Arthaud, 1954.
• Du Mont-Blanc à l'Himalaya, Editions Arthaud, Collection Belles Pages.
• Neige et Roc, Editions Hachette
 
         
 

Citation

"Les montagnes qui charpentent la terre sont les plus stériles et les plus inutiles formations de la planète, sauf pour les géologues, les géographes, les constructeurs de barrages et pour ceux qui rêvent de grandes étendues. Dans leur nudité absolue, dans leur pauvreté extrême et leur beauté mystérieuse, les dômes de glace et les flèches de granit ne sont là pour rien d'autre que le bonheur des hommes."

La montagne est mon domaine
Gaston Rebuffat

   
                 

"Il était une fois, en bordure du ciel, un grand dôme de neige qui recouvrait les sommets et dominait la vallée. C'était le plus haut de tous ; avant même que les savants l'aient mesuré, on le savait : il était le premier à être habité par les rayons du soleil, et, le soir, c'est encore sur ses pentes qu'ils s'attardaient après avoir abandonné toutes les autres cimes.

Un peu plus tard, la nuit venant, il soutenait le ciel, et parfois une étoile, lourde d'être seule, toujours suspendue, venait se poser sur ses crêtes et veiller avec lui ; les neiges éternelles sont faites de poussières d'étoiles…

Puis, le jour revenait : en maître et en seigneur, le grand dôme de glace, un peu distant comme il convient, régnait sur les vallées ; il avait peu de rapport avec elles ; il distribuait les eaux, et là-haut il ne traitait qu'avec les vents, les astres et les tempêtes."

La montagne est mon domaine
Gaston Rebuffat

 

L'Homme

Les écrits de Gaston Rébuffat mais aussi les témoignages de ses pairs sont là pour nous dire que ce grand gaillard dégingandé, au visage découpé au burin, au parler un peu précieux bien détaché d'entre ses lèvres minces, aura marqué l'aventure de l'alpinisme français, sinon mondial, et aura laissé une trace, par ses ascensions mais aussi parce qu'il sut inspirer à beaucoup le désir de se mettre en chemin vers les « flammes de pierre ».

    Né dans une famille de la petite bourgeoisie marseillaise le 7 mai 1921, contraint d'arrêter ses études après le brevet, Rébuffat eut sans doute été voué à une carrière « dans les bureaux », s'il n'y avait eu avec ses camarades de l'œuvre Joseph-Allemand, association de jeunesse, la découverte d'un merveilleux terrain de jeu : la Sainte-Baume, la Sainte-Victoire et les Calanques. Les Calanques où, à quinze ans, celui qui « sait », Henri Moulin, son aîné de huit ans à peine mais qui lui paraît détenir la science infuse, révèle à Rébuffat l'escalade et ce qu'est une cordée, un dimanche d'avril à la Grande-Candelle (454 m d'altitude). Si Rébuffat a rendu hommage à la bonne dizaine de grimpeurs avec lesquels il devait effectuer son apprentissage, c'est bien son ami Moulin qui allait le conduire vers ses premières courses, en Oisans, puis dans le massif du Mont-Blanc.

    Cette barre des Écrins, approchée un an plus tôt et qui sera « sa toute première course » à dix-sept ans, ce massif du Mont-Blanc entrevu durant l'été de 1936 au long d'une randonnée de Chamonix à Briançon avec des camarades vont devenir son domaine. Au Montenvers, en 1941, Jeunesse et Montagne, chantier dans l'esprit du temps, constitue pour lui une étape décisive. Au centre école des Frasserands, comme aux « écoles d'escalade » des falaises calcaires du Roseland, ce faux nonchalant va révéler des qualités ainsi qu'une ambition surprenantes. C'est au Roseland qu'il se lie d'amitié avec Lionel Terray, lequel, dans ses Conquérants de l'inutile (1961), a fait revivre fidèlement ces années 1941-1944. D'un stage de chef de cordée à La Chapelle-en-Valgaudemard (sud de l'Oisans), Gaston sort premier, Lionel deuxième. Mais, surtout, leur cordée se forme : voie Mayer-Dibona du Requin, Grépon à l'envers ; « premières », périlleuses par rapport à leurs capacités de l'époque, au versant nord-est du col du Caïman (1942), à l'éperon nord-est du Pain de Sucre et à la face nord des Pèlerins (1944).

    En 1944, alors guide de haute montagne depuis deux ans, Rébuffat est nommé par Édouard Frendo moniteur de la toute nouvelle École nationale d'alpinisme de Chamonix : Chamonix, où il est accepté comme membre de la Compagnie des guides en 1946, et où il s'installera, tout en gardant constamment un point d'attache dans le Midi. Désormais, le moment de ces grandes ascensions recréées ou créées dont il s'était toujours imaginé capable est venu. En 1945, avec Frendo, ce sera l'Aiguille verte par le mont Blanc, et la face nord des Grandes Jorasses. Puis viendront : le Dru, le Cervin, la Cima-Grande-di-Lavaredo, l'Eigerwand. En 1950, Rébuffat sera un des éléments moteurs de l'expédition de l'Annapurna : après le succès du 3 juin arraché par Herzog et Lachenal, lui-même et Terray sauveront littéralement les deux vainqueurs au cours d'une descente dramatique. Sa saison 1951 sera exceptionnelle : avec son « client » Paul Habran, il refait l'éperon nord de la Walker et conquiert donc la face nord de l'Eiger. Mais il n'a plus rien à prouver dans cette direction et décide de s'en tenir désormais à son beau métier de guide.

 Cependant, en 1946, il a publié - aux éditions Grands Vents ! - son premier livre : L'Apprenti montagnard. Les cinquante plus belles courses du massif du Mont-Blanc. Alors se révèle un homme inattendu, aux ressources insoupconnées : un grand écrivain de la montagne (Les Horizons gagnés, 1975), dont l'œuvre sera prolifique, et le conduira à cette collection des « Cent plus belles-courses » lancée en 1973 avec Albert Blanchard ; mais aussi un journaliste, Hubert Beuve-Méry lui ayant ouvert les colonnes du Monde pour de remarquables chroniques ; mais encore un conférencier international et un vulgarisateur de qualité. Glace, neige et roc (1970) en reste un parfait exemple.

    Les conférences le conduisent à la photographie, étonnante de qualité ; la photographie au cinéma..., tout un parcours effectué en compagnie de-Georges Tairraz, puis de René Vernadet, dont Étoiles et tempêtes (1955) et Les Horizons gagnés (1976), hommage à l'amitié, constituent les plus beaux repères. En préface à un texte sur l'histoire de l'alpinisme écrit pour l'Encyclopédie des sports, sir John Hunt situait ainsi leur auteur : « En même temps qu'un des maîtres de son art, Gaston Rébuffat est aussi un artiste, et le point de vue esthétique ne reste étranger à aucune de ses entreprises. »

"Nous avons parfois rêvé de solitude, de silence, de wilderness, ce terme anglais pour évoquer les lieux vastes et sauvages, si difficile à traduire mais si riche d'échos, y compris d'une certaine mélancolie due au goût de l'air, aux teintes de la neige, des rochers, des moraines et, loin en bas, de l'herbe, due aussi à la fuite des lignes qui retiennent pourtant une certaine lumière."
Gaston Rebuffat

 

Gaston Rebuffat et Rians

"Durant mon enfance, mes parents m'emmenaient toujours à Rians, dans le Haut-Var, où mon père était né, et où mes grands-parents étaient paysans.
D'eux, mon père avait hérité l'habitude et le plaisir de se lever de bonne heure.
Nous marchions dans l'intimité de la nuit, puis nous assistions au lever du jour; ainsi nous arrivions à la "campagne" : quelques cyprès, un puits, les cultures étagées au-dessus des murs en pierres sèches...
Le soleil s'élevait au-dessus de la colline..."


A la rencontre du soleil
Gaston Rebuffat


 
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