Occitanies Patrimoine Provence - Le Luberon
 
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Patrimoine

LE LUBERON

Le Luberon : une montagne à part entière, au patrimoine historique et naturel d’une exceptionnelle richesse. S’il borde en son versant sud l’impétueuse Durance, le Luberon est avant tout méridional.
Au nord, les nombreuses abbayes et églises romanes témoignent encore de la ferveur religieuse de cette terre de passage, qui fut aussi l’ultime refuge des Vaudois, venus des Alpes.
Les villages installés au Sud profitèrent de la proximité de la riche ville d’Aix-en-Provence, et exposent encore les châteaux de la noblesse locale, réminiscences des siècles fastueux qui précédèrent la révolution.


 
 
   

 

Le Luberon offre de magnifiques villages perchés, chefs d'œuvre d'imagination et d'audace dressant fièrement leurs belles constructions entre ciel et terre, tel un défi au temps qui passe. A l'exception des premiers oppidums, ces camps retranchés antiques dont certains remontent au temps des ligures (avant l'occupation romaine), les villages perchés du Luberon sont pour la plupart de facture médiévale.

Ils furent érigés, soit sur des éperons rocheux, soit à flanc de colline. Leur configuration est pratiquement toujours la même : les habitations, cernées d'un rempart, s'ordonnent autour d'un château lui-même fortifié. Les constructions, hautes et serrées, avec de petites ouvertures pour protéger de la chaleur et du froid, semblent parfois directement taillées dans la roche. Le choix de ces positions élevées assurait bien entendu une meilleure défense, mais permettait, de plus, aux villages, de communiquer entre eux par signaux.

Au 16ème siècle, ils furent pour la plupart le théâtre d'affrontements sanglants durant les guerres de religions et notamment lors du massacre des Vaudois.         
 
         
  CHRONOLOGIE DE LA PROVENCE


   
                 
 

Cavaillon

Pendant le Moyen Age, Cavaillon fait partie du royaume d'Arles et du marquisat de Provence. La seigneurie était partagée entre l'évêque de Cavaillon et les vicomtes de Cavaillon. Ensuite, le partage se fit avec le Saint-Siège.  
Au 12e siècle, Raymond VI de Toulouse était marquis de Provence. Cavaillon sera donc impliqué dans la Croisade contre les Albigeois  en faveur desquels Raymond s'était positionné.  Cela valu à Cavaillon de passer aux mains du Vatican au XIIIe siècle avec la défaite de Raymond de Toulouse. En 1562, en pleine guerre de Religion, Cavaillon sera mis à sac par les milices protestantes du baron des Adrets. La ville sera ravagée par les flammes. Les églises seront elles aussi incendiées.
Aujourd'hui, témoignent encore de ce passé médiéval, la porte d'Avignon, vestige des anciens remparts, les ruines de l'ancienne ville sur le Mont St-Jacques qui domine Cavaillon,  la Cathédrale et son cloître du XIIe siècle.
Mais la principale richesse de Cavaillon en sont sa synagogue du XVIIIème siècle et son  musée juif-comtadin, témoins d’une histoire « juive » exceptionnelle en Provence.

Robion

Autrefois, le village et les maisons étaient alimentés par des puits. De nombreux canaux, les « roubines » servent à l'irrigation dans le plan de Robion. L'eau est amenée par le canal Saint-Julien dont la première mention date de 1171. Le canal avait un rôle majeur : force motrice utilisée par les nombreux moulins, il permettait aussi l’irrigation. De nos jours, le réseau d'irrigation, étendu et perfectionné, est à l'origine de la richesse agricole de Robion et du Comtat. Il suffit pour s'en rendre compte d'observer la différence entre les terrains irrigués (en contrebas d'un canal d'irrigation) et les autres — domaines de la garrigue.
Pendant le haut moyen-âge, les habitants s'installèrent sur le site du village actuel, facile à défendre. Ce fut le castrum de Robione, dont on peut voir encore de nos jours des restes de remparts. Un château fut édifié au point culminant du village. Ces fortifications permirent de résister au début de 1389 aux troupes de Raimond de Turenne.           
Partie du Comtat d'Avignon, Robion a d'abord appartenu comme ce dernier au comte de Provence, puis à celui de Toulouse.           
Le comtat devint la propriété des papes en 1348, après que Jeanne, reine de Naples, l'eût vendu à Clément VI. Bien qu'ils eussent cessé de résider dans le pays en 1376, les papes le gardèrent néanmoins jusqu'à la Révolution française, en se faisant représenter à Avignon par un vice-légat, et dans le comtat Venaissin par un ecclésiastique d'un rang moins élevé qu'on appelait recteur. Cela dura jusqu'au 14 septembre 1791 : un décret, rendu sur la proposition du député Camus, réunit à la France Avignon et le comtat Venaissin. Robion n'est français que depuis cette date.

Oppède

Oppède a la particularité d’être composé de deux villages qui se sont succédés en tant que chef-lieu au fil des temps : Oppède le Vieux et dans la plaine, le hameau des Poulivets. Durant le XXème siècle, alors qu’Oppède le Vieux se ruine, les Poulivets, le nouveau village se construit au centre de la vallée.  Si certains vestiges remontent au Moyen Age, la majeure partie du patrimoine d’Oppède a été édifiée dans la plaine à partir du XVIème siècle.
La Collégiale : Seule sur la crête du relief, Notre-Dame d’Alidon a traversé les siècles. On ignore la date de construction de l’église primitive (Xème ou XIème siècle). En 1546, sur l’ordre de Maynier d’Oppède, l’édifice fut restauré et érigé en collégiale par le Vice-Légat du Pape Paul III.        
Il est rare de trouver en Provence une édifice essentiellement du XVIème siècle resté en l’état depuis cette époque.         

Au XVIème siècle, le fief des anciens papes d’Avignon est devenu une baronnie dont le 2ème baron, Maynier d’oppède fut chargé d’exécuter le funeste arrêt du parlement d’Aix contre les Vaudois. Si aux XVIème et XVIIème siècles Oppède devient un village semblable à ses voisins, le processus de « déperchement » se confirme. Le Château est abandonné au XVIIème siècle ainsi que le haut du piton. Les zones d’habitation vont donc se déplacer et, au XIXème siècle, l’activité de construction a lieu dans la plaine.          
En 1909 la mairie est transférée dans le hameau des Poulivets. Au XXème siècle le Vieux-Village se ruine et la végétation l’envahie. Sa population se réduit à quelques foyers. Ce n’est qu’après la guerre de 39/45 que certaines maisons commencent à être réinvesties et restaurées.  


Ménerbes

Le Vieux village de Ménerbes s’étend sur un éperon allongé, en forme de vaisseau, comme le notait déjà Nostradamus, avec sa proue et sa poupe.
A l’époque romaine, plusieurs quartiers situés au bas du village étaient parsemés de « villae » dont on a retrouvé de nombreux vestiges. Avant les invasions du Vème siècle, l’ermite Castor fonda son monastère de Mananca, et l’on peut voir, de nos jours encore, sa grotte au pied du Luberon. Il ne semble pas qu’il reste grand-chose de ce monastère puisque c’est au prieuré de Saint Hilaire (que l’on peut visiter) que s’arrêtera Saint Louis à son retour de croisade et qu’il y laissa des moines qui l’habitèrent jusqu’à la Révolution.    
Au Moyen Age, l’accès de la cité, truffée de souterrains, s’effectuait par les deux portes Saint-Sauveur et Notre Dame, qui figurent sous forme de deux clés d’or dans les armoiries de Ménerbes, cité du Comtat Venaissin, réunie à la France en 1793.         
De l’ancien cimetière, proche de l’église du XVIème siècle, (richement décorée), on a une magnifique vue panoramique sur le Luberon et les Monts Vaucluse. L’ancien Hospice et le Beffroi, avec son campanile, égaient la petit placette à l’Hôtel de Ville.           
Une Maison de la Truffe et du Vin du Luberon est ouverte au public , dans l’ancien hospice.    

De vieilles demeures, privées pour la plupart, donnent fière allure au Vieux Ménerbes : le Castellet (qu’habita le peintre Nicolas de Stael), la Carmejane (demeure du Général Baron d’Empire de Carmejane), la vieille cure, la Citadelle (construite après le siège, pour la défense de Ménerbes), la demeure du Général d’Empire Robert, devenue propriété de Picasso.


Bonnieux

Bonnieux fût un oppidum ou village fortifié habité dès l’époque néolithique et à l’âge du bronze.  
A l’époque Gallo-romaine, le village était situé au pied de son emplacement actuel, et les riches domaines étaient nombreux. Au premier siècle, le vaste territoire de Bonnieux était traversé par la voie romaine de Cadix à Milan, avec relais sous Lumières : elle était une des plus importantes voies de l’Europe occidentale et la circulation était très dense.       
Au Moyen Age pour des raisons de sécurité, la ville s’édifie autour de la zone surélevée qui avait été l’oppidum celto-ligure.
En 972, Bonnieux avait déjà une forteresse et des murailles.
Au XIIème siècle, les « Templiers » édifièrent la Chapelle St Sauveur, qui forme la partie romane de l’église haute.          
Au XIII et XIVèmes siècles, devant le danger des bandes armées qui viennent de la plaine, les habitants se réfugient à l’abri du château et de l’église, au lieu dit « Castellas », qui appartient à la puissante famille d’Agoult. Le bourg de l’époque est entouré de remparts comprenant 4 portes et des tours, dont il reste d’importants vestiges.
Jusqu’en 1312, Bonnieux aurait été une commanderie des Templiers. Vers cette date, la commune devient terre pontificale et demeurera d’église jusqu’en 1791.   Cette appartenance au domaine pontifical en fait une enclave dans les terres du Comte de Provence, et lui donne de ce fait une place à part dans l’histoire de la région. Résidence parfois forcée des dignitaires ecclésiastiques, la ville comptait alors 3500 habitants et bénéficiait toujours des importants privilèges que lui avait accordés en 1247 le comte de Toulouse Raimond. Le blason de la commune est le reflet de cette période prospère.
Bonnieux devint français par l’annexion du Comtat Venaissin par la Convention en 1793.


Buoux


Avec un peu plus de 120 habitants, la commune de Buoux se situe à la sortie de la Combe de Lourmarin, englobant le Vallon de l’Aygue brun qui draine les eaux résurgentes de ce flanc nord du grand Luberon.
A ce secteur verdoyant, bordé de hautes falaises, et qui évoque parfaitement l’intensité de la vie préhistorique qui caractérisa ces lieux, s’oppose le milieu aride du plateau des Claparèdes. L’actuel village de Buoux, dans le vallon de la Loube, se situe entre ces deux secteurs naturels si différents.
Le territoire de Buoux est sans aucun doute l’un des plus riches de Vaucluse en vestiges préhistoriques. Dès 50 000 ans avant notre ère, les hommes s’installèrent dans les grottes, pêchant dans les rivières et chassant sur le plateau des Claparèdes, où naquit par la suite l’architecture en pierres sèches.

L’époque romaine y a laissé des traces, mais c’est dans le vallon de l’Ayguebrun , au pied de l’oppidum sur lequel fut bâti plus tard le fort de Buoux, que s’installèrent au Moyen Age les habitants.
De ce village primitif, avec son église placée sous le vocable de St Germain, il ne subsiste que quelque 200 tombes rupestres creusées à même le roc, ainsi qu’un autel tabulaire placé dans l’église paroissiale actuelle. En effet au cours de la seconde moitié du XVIIème siècle, la population qui était réfugiée un temps sur le plateau du fort, s’installa à l’écart de l’étroite vallée, à l’emplacement du présent village.


Apt


Dans une région habitée à l’origine par les Vulgientes, la ville d’Apt fut fondée par les romains.
D’abord « Apta », lieu de camp militaire sur la Via Domitia, puis, "Julia », vient s'ajouter en rendant hommage à Jules César,  qui consacre déjà dans la "pax romana" ce jumelage fréquent entre Romains et indigènes. Apt devient "Colonie romaine", capitale d'une des 19 colonies de la « Gaule Narbonnaise ».
D’ailleurs, la tradition veut que Jules César se soit arrêté à Apt au retour d'une de ses campagnes en Espagne, ce qui semble fort possible, l'itinéraire de la Voie Domitienne étant aussi celui des grandes expéditions.       
Du VIe siècle à l’an mil, à cause des invasions, les populations soucieuses de se défendre ont peut-être ensuite refluées vers les hauteurs. Au IXe siècle cependant, on sait que la ville était administrée par les Comtes d'Apt. Au siècle suivant, la juridiction est partagée entre comtes et évêques. Elle prendra une forme nouvelle avec le développement de la cité sous sa forme communale (parlements, puis Consuls et Syndics).
Au Moyen-Age, Apt, enserrée dans ses remparts mène une vie intense, épaulée par un commerce florissant. Au XIVe siècle, Apt bénéficie directement et indirectement de l'installation de la papauté à Avignon. Au Concile régional de 1365 qui se tient dans la ville, assiste le Pape Urbain V. On y définit des règles ecclésiastiques nouvelles et l'on tente d'y tempérer les moeurs.
En 1483, La Provence se donne à la France; Apt suit.      
La vie d'Apt a toujours été intimement liée à celle des villages de montagne qui l'entourent. La répression catholique contre les Vaudois réfugiés en Luberon conduit à une véritable guerre civile. Apt subira plusieurs sièges de la part des Réformés, à la suite des exactions de l'Evêque. Entouré de places-fortes protestantes (Ménerbes, Sivergues, Buoux), Apt demeure cependant fidèlement catholique dans sa grande majorité.
Au cours des siècles, Apt eut à souffrir de nombreuses épidémies de peste; les plus graves furent celle de 1348, et celle de 1720, venue de Marseille et qui ravage toute la Provence.
Au XVIIe siècle, Louis XIII et Anne d’Autriche désirant la venue d’un héritier demandent des prières publiques et se vouent au culte de Sainte Anne. A la demande de la reine, les Consuls lui adressent une relique de sa sainte patronne conservée à la Cathédrale. A la naissance du futur Louis XIV, Anne d’Autriche vient à Apt du 27 au 29 mars 1660. Cette visite contribuera énormément au développement du culte de la mère de la Sainte Vierge.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la vie intellectuelle d'Apt est marquée, autour de quelques érudits locaux par un intense renouveau.  Puis, en 1789, Apt participe aux travaux préliminaires des réformes, et adopte les principes de la Révolution. C’est en 1790, qu’ancienne viguerie, Apt est promu au rang de sous-préfecture.
Le XIXe siècle, hormis les multiples soubresauts politiques, sera pour Apt celui d’implantations industrielles, venant confirmer les activités traditionnelles de la cité : ocres, faïences, chapellerie, cire, fruits confits, fer, soufre.


Saignon

Le village, situé à 4 km d’Apt, domine la vallée, sur laquelle il semble monter la garde. Il est construit sur un éperon rocheux autour de trois édifices : la chapelle castrale confondue avec le rocher qui est le signe d’identification du village, la tour de l’horloge et l’église.
L’histoire de l’occupation du territoire de Saignon débute au Paléolithique moyen. Dès l’antiquité le rocher de Saignon, d’une hauteur d’une trentaine de mètres, situé sur un promontoire, fut utilisé en tant qu’observatoire et a dû servir à l’émission de signaux. De cet emploi comme signal, Signum, a découlé le nom de Sagnio, étymologie la plus probable du nom actuel.
L’église romane Notre Dame ou Sainte Marie de Saignon, établie hors les murs, remarquable par ses proportions, fut dès le bas Moyen-Age, un lieu privilégié de pèlerinage pour toute la Provence mais aussi pour tous ceux qui se rendaient à Rome en empruntant la Via Domitia et pour les pèlerins de l’Italie vers Saint-Jacques de Compostelle. Elle attire toujours de nombreux visiteurs.
La visite du village s’effectue à pied. L’église romane n’est pas ouverte en permanence, mais la grille permet une large vue de l’intérieur. Descendre la rue principale du village et s’arrêter pour admirer la place de la Fontaine (fontaine à vasque et bassin, surmontée de deux statues allégoriques : l’agriculture et l’abondance).


Céreste

Premiers habitants de nos contrées, les Celtes tirèrent parti de la situation privilégiée qui s'offrait à eux au cœur de l'Ubac, du grand Luberon et des vallées du Calavon et de l'Encrême. Pour la défendre, ils construirent un mur fortifié sur l'éperon rocheux à la sortie ouest de Céreste : lieu dit le Grand Clapier.
Les Romains tracèrent la Voie Domitienne destinée à relier Rome à l'Espagne. Sur cette route qui traverse Cétreste ils créèrent un important relais : Catuiacia (origine du nom de notre village).
Sur cette Voie Domitienne qu'empruntèrent armées et marchands durant l'Empire Romain et le Moyen-Age s'éleva au XIIè siècle l'Abbaye de Carluc, lieu d'accueil pour les pèlerins qui se rendaient à Compostelle. A proximité de Céreste le Prieuré et ses tombeaux creusés dans le rocher attestent de l'ampleur et de la beauté de cette fondation dans le charmant ravin de Cure.


Vitrolles en Luberon

Dès l´Antiquité, la voie de communication reliant la vallée de la Durance à Céreste  (Catuiaca) est connue. Implantation gallo-romaine, "oppidum" (sommité très caractéristique à l´Ouest du village) à la datation imprécise mais vraisemblablement pré-romaine. L´existence d´un "castrum" est mentionnée au XIème siècle.
Le château de Grand Pré est une vaste bastide quadrangulaire bâtie en 1678 pour Françoise de Cambis, veuve d´Honoré de Brancas, comte de Forcalquier. Ce bel édifice constitué d´un corps de logis, d´une chapelle, de bâtiments d´exploitation agricole, d´un colombier, d´un moulin à huile et d´un jardin est partiellement en ruine aujourd´hui.


CUCURON
       

A l’époque romaine, de grosses implantations agricoles occupaient tout le terroir de Cucuron.       
L’occupation du haut Moyen-Age est située à l’extérieur de l’agglomération actuelle (999), au Castellas et à Guet. Le village actuel de Cucuron date de 1004. Il était alors situé sur la colline St Michel, « le castrum ».         
Au XIIIe siècle le village s’agrandit , s’étend hors des remparts et l’église Notre-Dame de Beaulieu devient église paroissiale. Au cours des siècles suivants, la population de Cucuron augmente et atteint, en 1719, 3000 habitants. La peste de 1720 détruisit le tiers de la population.   

Le bassin de l’Etang   
A l’origine , c’était une mare alimentée par des sources du Luberon dont l’eau faisait tourner les moulins à farine. Au début du XIXe siècle, elle fut aménagée en bassin sur l’emplacement actuel.
Les grands platanes très appréciés l’été pour leur ombrage, ont été plantés à cette époque. L’Etang devint le lieu des rassemblements et des fêtes.

Maisons nobles          
De nombreux hôtels particuliers et maisons nobles témoignent de l’importance de Cucuron au cours de l’histoire : l’Annonciade, ancien couvent des pères servites, la maison de la reine Jeanne, la maison des Consuls, l’hôtel de Bouliers (actuellement musée Marc Deydier), l’hôtel Bérard du Roure (actuellement hôtel de ville), le château de Gabaru appartenant à la famille Bérard du Roure.

Les remparts  
Les remparts ou « barris » en provençal, ont été construits à des époques différentes. La première enceinte entourait le mamelon de St Michel sur lequel se trouvait le château seigneurial.
Elle date du XIe siècle, il n’en existe aucune trace actuellement. La deuxième enceinte date des XIIe et XIII siècles et supporte encore les quartiers de Mourre frès au Nord et Cousto caudo au Sud.
La troisième enceinte, érigée dans la période précédant les guerres de religion est la mieux conservée. Elle comporte le Portail de l’Etang, le portail de Ginous et la tour de «Sus Pous ».


LOURMARIN

L'arrivée d'une puissante famille à la fin du Moyen Âge       
Le titre de seigneur de Lourmarin était porté dans la branche des comtes de Forcalquier, branche issue de Guillaume de Forcalquier. Ce comté regroupait la Durance, le Rhône, l’Isère et les Alpes; Lourmarin devait en faire partie. Guillaume de Forcalquier, décédé en 1340, était seigneur de Lourmarin. Après lui ses deux fils : Jean et Gaucher, hériteront des titres de leur père. Ce n’est que plus tard, vers 1385, qu’un cousin de ces derniers est appelé « seigneur de Lourmarin » : il s’agit de Raynier de Sabran-Mondragon.

Lourmarin et la Tour d’Aigues vont progressivement connaître avec les Agoult leurs premières heures de gloires. D’abord princes d’Apt dés le Xe siècle, plusieurs fois investis par les empereurs de la baronnie de Sault, les Agoult possédaient d’immenses territoires dans la région d’Apt et de Cavaillon. Dés 1400, la branche aînée, qui avait rempli les plus hautes charges à la cour des Comtes de Provence, s’éteignit en la personne de Raymond III d’Agoult, baron de Sault, vicomte de Reillane, comte de Geraci, sénéchal et grand amiral de Provence. Son épouse, Béatrix d’Agoult, dernière représentante d’une branche cadette, celle des seigneurs de Trets et Forcalqueiret, lui avait apporté en dot de très nombreux châteaux (Cipières, Roussilon, Rians…). Les titres ainsi que les terres de Raymond III, passèrent à son cousin germain Foulques d’Agoult, seigneur de Barret, qui était devenu son gendre en 1394. Celui-ci n’eut qu’un fils, qui mourut sans postérité, en faveur de Foulques III, son cousin germain.

Le Château basé sur un promontoire a pris pied sur une ancienne forteresse du XII e siècle ayant jadis appartenue à la famille des Baux de Provence. Plus d’un siècle après la terrible « Peste Noire » de 1348 Foulques (III) d’Agoult baron de Sault, seigneur du Barret et de la Tour d’Aigues, et de beaucoup d’autres lieux va faire venir dans les années 1470, une colonie de Vaudois venant du Piémont qui s’installera dans le village définitivement. C’est en 1475, que Foulques III fait construire le « Château-Vieux », côté nord avec une petite tour polygonale surmontée de créneaux.  
Le Neveu de Foulques (et héritier légitime de ce dernier), Raymond d’Agoult mort depuis 1503 n’avait aucun descendant. Seules ses deux sœurs, Louise et Jeanne, s’étaient partagées les biens de ce dernier. Louise s’était d’ailleurs mariée dés 1500, avec Claude-Antoine Artaud d’Aix de Montauban, une des plus puissante famille du Bas-Dauphiné. Ce personnage devînt à son mariage, baron de Sault et seigneur de Lourmarin, mais il décéda en 1539. Il laissera à Louise, le soin d’administrer l’héritage de son fils unique Louis Artaud. Une tâche qu’elle réalisera avec intelligence et grand cœur.
Elle enverra son fils au roi François 1er (il deviendra son « enfant d’honneur ») et obtiendra de ce dernier la permission de léguer à son fils les armes et les biens des Agoult. Elle s’occupera également, avec brio du village fondé par son oncle : le 28 avril 1523, elle passera avec les Vaudois, habitants de Lourmarin, une convention verbale consacrant l’institution municipale de cette communauté. C’est à cette même époque que le château reçut la tour octogone du Couchant. L’architecture générale de ce château évoque au premier abord un savant compromis entre le Moyen Âge et la Renaissance. De la tour Nord à bossages et à chanfreins qui suggère un usage défensif de la partie surnommée le « Château Vieux », on franchit l’espace des palazzi à l’italienne avec une très belle loggia à l’italienne qui surmonte l’espace sur cour (pavée).

La forêt des cèdres    
La forêt des cèdres du Petit Luberon constitue une zone historique de réalisations forestières. Ce peuplement est semé à partir de 1861 grâce à des graines récoltées dans le moyen Atlas Algérien (espèce Cédrus Atlantica). Les premiers arbres commencent à se reproduire vers 1920. Dix ans plus tard on notait 60 hectares. A ce jour, la cédraie forme un massif de 250 hectares. Le Parc Naturel Régional du Luberon à créé un sentier botanique de découverte de ce milieu. 
Culminant à 727 m, le Petit Luberon est couronné par une ligne de crêtes arrondies où survivent, grâce au pâturage ancestral, des pelouses menacées de disparition. Favoriser la présence des troupeaux fait donc partie des actions menées actuellement pour préserver ce milieu. A l’est, une cédraie s’est établie sur les crêtes sommitales. Beaucoup plus pentu, le versant nord contraste avec le versant sud, plus vallonné et entrecoupé de falaises et de gorges. Dominant de 400 m la Durance, les craus (plateaux calcaires pâturés) occupent une surface aride de garrigues basses.


MERINDOL

Cité "Merindolium" au 13ème siècle.
Fief du vicomte de Cavaillon, puis des évêques de Marseille.
Mérindol est donné comme exemple type des villages-martyrs du Luberon durant les guerres de religion : au 14ème, Raymond de Turenne dévasta le château et le bourg, la région, désertée fin 15ème, fut repeuplée par des Vaudois venant de Mallemort, au 16ème siècle, ceux-ci suivirent naturellement la Réforme et refusèrent d'abjurer leur foi, le bourg fut rasé par le tristement célèbre seigneur d'Oppède en 1545, sur arrêt du Parlement de Provence. Les Vaudois rebâtirent leur village qui devint capitale religieuse de l'Eglise protestante en Provence et point de départ des expéditions huguenotes.
En 1977, trois associations (les associations vaudoises d'Allemagne, de France et d'Italie) décidèrent de créer un chemin du souvenir qui mène au ruines d'un ancien temple protestant. Une pancarte signale que l'inauguration du chemin s'est faite avec des représentants catholiques.

 


 
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