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Patrimoine
La Toscane
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HISTOIRE DE LA TOSCANE
Aucune
région italienne ne rassemble autant de villes ayant essayé
d'imposer, tour à tour, leur hégémonie. Et aucune ville italienne
n'a défendu son indépendance avec autant d'acharnement, non
contre l'étranger, mais contre d'autres villes toscanes.
Un voyage à travers l'histoire
Le voyage commence autour de l'an mil avant J.C. Des Etrusques
s'installèrent dans la région au début du 1er millénaire av.
J.C. Nous en connaissons les tombeaux, les temples, les installations
urbaines et les murs puissants qui les protégeaient, les rites
religieux et l'alphabet, la sculpture et la peinture. Mais nous
ignorons leur origine. Se considérant comme indigènes, ils ne
parlèrent jamais ni de leur histoire, ni de leur organisation
civile.
Tandis que les Romains bâtissaient en même temps un Empire et
des légendes pour se contempler, les Etrusques se taisaient,
se bornant à graver dans la pierre des formules liturgiques
encore mystérieuses.
Un peuple muet
Ils n'ont laissé aucune littérature. Dépourvus peut-être d'imagination
littéraire, ils avaient toutefois une extraordinaire imagination
plastique. Les savants alignèrent sur des étagères des centaines
d'urnes funéraires, de bronzes, de fresques, de sculptures…
L'art des Etrusques se répandit comme un torrent vers la vallée
du Pô et l'Italie méridionale. Entre le VIIème et le VIème siècle
av. J.C., ils fondèrent leurs villes principales, donnèrent
des rois à Rome, bâtirent le Capitole. Ils commercèrent avec
la Grèce et les centres les plus importants de la Méditerranée.
Quand Rome, après s'être libérée des rois étrusques, entrepris
sa propre expansion, ils fondèrent une ligue sacrée pour lui
résister. Pourtant, en quelques générations, la nation étrusque
disparut de l'histoire, défaite moins par les Romains, que par
ses divisions internes et son silence. Ce mutisme contribua
à la naissance du mythe étrusque et à sa fascination. L'art
étrusque, redécouvert à partir du XVème siècle, eut une grande
influence sur l'art de la Renaissance (chimère en bronze de
Benvenutto Cellini).
Au XVIème siècle commença le pillage des tombeaux dans la campagne
toscane. Au XVIIIème siècle, l'étruscologie devint une mode
: des académies furent fondées. La sculpture étrusque influença
cette fois la sculpture baroque. Au début du XIXème siècle,
l'Etrurie devint le but de voyages romantiques et de recherches
scientifiques.
Les Etrusques sur les collines, les Romains dans les plaines
Les Etrusques bâtissaient leurs villes sur le sommet des collines.
Les Romains dans les plaines, près des rivières, des voies de
communication et des terres arables.
Non loin d'une ville étrusque, Fiesole, située sur le sommet
d'une colline, un petit port fluvial fut créé en 59 av. J.C.
: Florence. A la même époque fut fondée une colonie militaire
de César : Sienne.
Les Romains n'en détruisirent pas pour autant les grands centres
étrusques (Arezzo, Volterra) ni les villes d'origine grecque
ou ligure de la Toscane du Nord (Pise, Lucques).
A Pise, ils mirent en valeur le port.
Pise, un impérialisme marchand
Après la chute de l'Empire, la Toscane suivit la destinée d'autres
régions italiennes. Avec les lombards et les Francs, elle devint
marquisat. Lucques, qui contrôlait la voie franque descendant
à Rome, en fut la capitale jusqu'à la veille de l'an mil. Puis
Pise lui contesta la primauté. Grâce à son port, Pise se préparait
à devenir une grande puissance maritime. Plus les pisans s'enrichissent,
plus Pise embellit.
Grâce à la prise de navires sarrasins à Palerme, les Pisans
commencent la même année la construction de leur cathédrale
( terminée à la fin du XIIème siècle). En 1153, ils entreprennent
le campanile. En 1174, le baptistère. L'ensemble est gothique,
mais dans le style géométrique de Bruscheto - l'architecte de
la cathédrale - Le matériau était le marbre blanc de Carrare.
Les 4 grands monuments de la vie pisane s'élevaient sur une
pelouse comme des pions sur un échiquier. Guelfes et gibelins
La force maritime et la richesse de Pise lui permirent de s'affranchir
de la tutelle du marquis de Toscane, grand allié du souverain
pontife.
Dans les guerres entre la papauté et l'Empire, donc entre guelfes
et gibelins, elle choisit l'empereur, parce qu'il était loin
et jugé moins dangereux que les voisins. Lucques fut aussi gibeline,
ce qui ne l'empêcha pas de s'opposer à l'expansion de Pise.
La grande guerre planétaire entre les deux grandes puissances
de la Chrétienté allait entraîner dans sa mouvance toutes les
communes de Toscane.
Si Gênes et Florence étaient les ennemies de Pise, Lucques était
l'alliée de Florence et de Gênes. Quand une famille gibeline
édifiait une tour surmontée de créneaux carrés, la famille guelfe
de l'autre côté de la rue, édifiait une tour plus haute encore…
A Florence, sur la même piazza della Signora, les créneaux du
Palazzo Vecchio sont gibelins, et ceux de la tour, construits
plus tard, sont guelfes.
Lucques, une banque pour l'Europe
Lucques ne disposait pas de flotte, mais contrôlait la voie
franque et le passage des Apennins. Elle avait des marchands
qui vendaient de la soie et prêtaient de l'argent à toute l'Europe.
En tant que petite capitale lombarde, elle possédait déjà, au
moment de son expansion, de belles églises. Les Lucquois adaptent
le roman des constructions préexistantes, tandis que les Pisans,
faute d'ancien, bâtissent en moderne.
L'expansion dura un siècle. La ville était trop petite, placée
trop haut pour imposer son hégémonie à toute la Toscane, trop
vulnérable pour se passer d'alliés puissants.
Sienne, un laboratoire politique
Tandis que Lucques s'opposait aux ambitions de Pise, Sienne
cherchait à conquérir la vallée de l'Arno. L'espace entre Sienne
et Florence devint le champ clos où deux villes inventèrent
l'art de la guerre et celui de la diplomatie.
L'histoire siennoise reflète celle des autres villes toscanes
: au début, le pouvoir civil et religieux est concentré dans
les mains d'un évêque. Plus tard, le peuple s'empare du pouvoir.
Sienne fut un laboratoire politique où furent élaborés et testées
toutes les formes de pouvoir. Chacune laissait une trace dans
l'architecture urbaine. La cathédrale, siège du pouvoir spirituel,
supplanta une église plus ancienne au XIIème siècle.
Le palais public, siège du pouvoir civil, et la grande tour
qui le domine, furent entrepris plus tard, à la fin du XIIIème
siècle. La création la plus originale de Sienne fut un vaste
théâtre semi-circulaire, dont le parterre descend sur le palais
public. Pour mieux assister et participer au spectacle du pouvoir,
les nobles, les marchands et les banquiers, élevèrent leur palais
sur la partie haute de cette piazza del Campo, en face du palais
public, comme des loges autour d'un orchestre. Les "contrade"
(paroisses) y disputaient la course du Palio, les citoyens attendaient
l'issue d'une bataille, écoutaient les sermons de Saint Bernardin,
ou commentaient les lettres de Sainte Catherine.
Non loin, une autre place, derrière le palais public, servait
aux affaires, au commerce : la piazza des Mercato. 2 places,
reliées par un même palais, la première consacrée au pouvoir
politique, la seconde à l'argent. Les deux places furent le
centre de Sienne, une sorte de constitution écrite dans l'architecture
de la ville.
Florence, un petit port fluvial
Quand Pise et Lucques aspiraient au contrôle de la région, Florence
n'était encore qu'une petite ville sur les bords de l'Arno,
dominée sur la colline par Fiesole, plus noble et plus ancienne.
Elle se rangea auprès des guelfes, par fidélité au marquis de
Toscane.
Au début du XIIème siècle, elle reçut du marquis de Toscane
ses droits communaux. Florence entreprit la conquête de son
arrière-pays naturel : Fiesole (1125). Elle entreprit la destruction
de tous les châteaux féodaux alentours, si bien que les feudataires
durent s'installer dans les murs de la ville. L'ennemi de l'extérieur
devint intérieur. Ils étaient gibelins, alliés virtuels de toutes
les villes gibelines qui menaçaient Florence. Il fallut 1 siècle
pour conquérir l'arrière-pays, 2 siècles pour devenir la ville
dominante de Toscane.
Elle étendit progressivement son domaine vers Pise, Sienne et
Arezzo. Avec Pise, Florence obtenait l'accès à la mer (1406).
Les Austerlitz et les Waterloo de Florence sont aujourd'hui
couverts par les vignes et les oliviers, les routes sont bordés
par les chênes verts et les cyprès. Florence devient un Etat
Toutes les formes du pouvoir furent mises à l'épreuve, usées
et remplacées rapidement.
Les consuls avaient gouverné la première commune. Ils furent
incapables de contrôler les grands feudataires, vaincus mais
turbulents. Ils furent remplacés par un podestat. Plus tard,
vers le milieu de XIIIème siècle, on lui adjoignit un capitaine
du peuple. Florence avait instauré une sorte de dyarchie.
A la fin du XIIIème siècle, elle adopta une constitution qui
léguait le pouvoir politique au pouvoir économique, donc aux
"arts" qui le représentaient (les guildes). Divisé entre arts
"majeurs" et "mineurs", ce gouvernements des artisans et marchands
fut à son tour jugé dangereux et remplacé.
En 1342, la ville confia son sort à un aventurier français,
le duc d'Athènes. Puis elle le chassa, et proclama fête nationale
le jour de son départ. Entre la fin du duc d'Athènes et de début
des Médicis, un siècle s'écoula, pendant lequel la ville changea
sans cesse de gouvernement.
Au début du XVème siècle, elle conquit Pise, devenue puissance
maritime. Il lui fallut faire un choix entre la dimension citadine
et la dimension régionale. Les Visconti établissaient en Lombardie
un Etat régional. Au sud, l'Etat napolitain de consolidait.
Lucques opta pour la dimension citadine, Florence pour la seconde.
Ce furent la lassitude des guerres civiles et la sagesse d'un
banquier qui donnèrent à Florence une constitution apparemment
républicaine, seigneuriale dans le fond, mieux adaptée à ses
nouvelles dimensions politiques.
Avec le retour d'exil de Cosimo de Médicis (Cosme l'Ancien),
Florence et la Toscane commencèrent une nouvelle histoire.
L'architecture religieuse de Florence
La plupart des édifices religieux furent réaménagés à la fin
du XIIIème siècle pour satisfaire l'orgueil démesuré des citoyens.
La reconstruction de Santa Croce - petite église franciscaine
du début du XIIIème siècle - s'étala jusqu'en 1443. Celle de
Santa Maria Novella, commencée en 1278 sur l'emplacement d'un
ancien oratoire du Xème siècle, ne fut terminée qu'en 1360.
Celle du Duomo débuta en 1296 et ne fut achevée qu'au XIXème
siècle. Le campanile, entrepris par Giotto en 1334, fut fini
par d'autres en 1359. Orsanmichele, simple marché au grain en
1337, fut terminé en 1404.
En 1434, Cosme l'Ancien revint à Florence pour gouverner la
ville à partir d'un palais de la via Larga (le palais Medici-Riccardi).
La ville religieuse était déjà "moderne". La même année, Brunelleschi
avait couronné le Duomo d'une grande coupole. Ghiberti posait
dans le baptistère ses portes de bronze avec l'aide de jeunes
assistants (Donatelo, Uccello…).
Les mêmes artistes collaboraient aux sculptures, peintures du
Duomo. Dans l'église de Santa Croce, Donatello exécutait les
fresques de l'Annonciation. Brunelleschi oeuvrait dans la chapelle
des Pazzi. Dans l'ancien couvent de San Marco, Fra Angelico
décorait les cellules des moines. Toutes ces églises étaient
issues d'une révolution artistique dont les premiers représentants
furent Lorenzo Ghiberti et Filippo Brunelleschi. Il y avait
dans les architectures de Brunelleschi le même esprti qui animait
les sculptures de Ghiberti, Donatello et Verrocchio, les peintures
de Masaccio, Paolo Uccello et Filippino Lippi. Ce n'était pas
une mode, mais une révolution culturelle qui bouleversa la Florence
religieuse du XVème siècle.
De la maison fortifiée au palais
Au retour de Cosme, autant la Florence religieuse était moderne
et lumineuse, autant la Florence civile était hargneuse et belliqueuse.
Les deux palais publics de la ville - Le Bargello et le Palazzo
Vecchio - construits au XIIIème siècle, répondaient aux exigences
de l'époque : deux forteresses au milieu d'un champ de bataille.
Les rues et les maisons affichaient la même vocation.
Jusqu'au XIIIème siècle, les familles guelfes et gibelines avaient
élevé une centaine de tours, dont une grande partie avait été
détruite. Des passerelles en bois permettaient aux habitants
de circuler librement d'une maison à l'autre, on voit encore
leurs traces dans les anciennes rues de Florence. Cosme l'Ancien,
plutôt que de résider dans le Palazzo Vecchio comme le duc d'Athènes,
préféra gouverner la ville d'un palais à l'écart, dont il confia
la construction à Michelozzo. Mais ce fut Brunelleschi qui fixa
le style du palais florentin, avec les dessins originaux du
palais Pitti. Les nouvelles élites florentines élevèrent des
villas sur les collines des environs.
Ces maisons de campagne renoncèrent aux tours, remparts et ponts-levis,
et s'entourèrent de jardins. L'Etat-ville devient un Etat régional.
Sous la direction de Cosme l'Ancien, Florence cessa d'être une
petite puissance municipale divisée par les factions intérieures,
pour devenir un Etat italien. Pour faire obstacle aux Visconti,
Cosme s'allia à la République de Venise. Il établit en 1454
la paix de Lodi. Il garantit le "trône" italien à son fils Pierre
le Goutteux, et après lui à son neveu, Lozenzo il Magnifico.
Avec le Magnifique s'ouvrit l'une des périodes les plus splendides
de la ville (1469). En 1478, des conspirateurs tentèrent d'assassiner
Laurent et son frère Julien. Julien fut tué, Laurent sauvé grâce
à un humaniste, il avait 20 ans. Ils appartenaient à la famille
Pazzi. Les Pazzi n'étaient eux-mêmes que la main armée d'un
vaste complot dont faisaient partie le pape, le roi de Naples,
l'archevêque de Pise, et plusieurs familles florentines. La
répression fut immédiate et cruelle. Les Pazzi et leurs partisans
furent lynchés, pendus ou décapités. Ayant échoué dans leur
tentative d'assassinat, le pape et le roi de Naples défièrent
Laurent sur le champ de bataille. Mais celui-ci alla personnellement
à Naples pour négocier la paix avec son plus grand ennemi. Il
y resta trois mois et persuada le roi. Le pape lui offrit le
titre de Cardinal pour son fils Jean.
De la mort de Laurent le Magnifique au retour des Medicis
Laurent mourut en 1492. Florence perdait son seigneur et cessait
d'être le centre de l'Italie au moment où l'Italie cessait d'être
le centre du monde (découverte de l'Amérique). Deux ans après,
le roi de France, Charles VIII, menaçait la ville. Les florentins
renvoyèrent le successeur de Laurent (Pierre). En réaction à
la seigneurie païenne des Medicis, Florence devint, grâce au
charisme extraordinaire du prédicateur dominicain Savonarole,
une république théocratique, décidée à réformer les mœurs de
la ville comme celles de l'église de Rome. Les mêmes florentins,
qui avaient étouffé dans le sang la révolte des Pazzi, brûlaient
maintenant les livres et les objets qui avaient fait la brillante
réputation de Florence aux temps de Cosme et de Laurent. En
1498, ils pendirent et brûlèrent leur sauveur sur la piazza
della Signora (un disque en granit marque encore le lieu de
sa mort). Les citoyens se partagèrent entre adversaires et partisans
de Savonarole. Le gouvernement revint alors aux élites qui avaient
dirigé la ville avant Cosme l'Ancien : retour de Machiavel.
En 1512, c'est le retour des Médicis. Les rapports que Laurent
avait établis avec le Saint Siège liaient sa famille à la papauté,
assurant aux Medicis la protection de l'église. Il était inévitable
que la chute et le sac de Rome (1527), au moment où Clément
VII, neveu de Laurent, siégeait sur le trône de Saint Pierre,
entraînent une nouvelle chute des Medicis et la restauration
républicaine. Dès que Clément VII se réconcilia avec l'empereur,
les forces conjointes de l'Eglise de Rome et de l'Empire de
Charles Quint rendirent Florence aux Medicis.
En 1569, un nouveau Cosme devint grand-duc de Toscane. Les artistes
furent réceptifs au climat politique instable de la ville. Botticelli
fut séduit par Savonarole et eut, à la fin de sa vie, une crise
religieuse profonde. Michel Ange vécut avec les événements :
au temps de la république, il sculpta le David, et travailla
à une grande fresque qui aurait du rappeler la victoire des
Florentins sur les Pisans, jamais terminée. Le David fut placé
en 1504, à l'extérieur du palais, comme emblème des vertus républicaines
contre la domination des tyrans. Mais Michel Ange travailla
aussi aux tombeaux des Medicis (San Lorenzo), puis comme architecte
aux fortifications de la ville contre l'armée impériale. Son
opportunisme lui fut toujours pardonné.
L'hégémonie de Florence
Quarante ans de guerres, d'émeutes et de crises qui se succédèrent
entre la mort de Laurent et la dernière restauration des médicis.
Florence perdit Pise en 1494, et dut se résigner à ce que Sienne
conserva son indépendance. Sienne se dota de monuments, grâce
à l'initiative d'un grand humaniste, Enea Silvio Piccolomini,
devenu pape sous le nom de Pie II. Les Medicis et la restauration
Florence fut assiégée puis occupée par les troupes de Charles
Quint. En 1530, il rendit la ville aux Medicis. Alexandre, fils
naturel d'un neveu de Laurent le Magnifique, exerça sur la ville
un pouvoir tyrannique. Il s'attira la haine des florentins et
fut assassiné par un cousin, Lorenzino. L'assassinat d'Alexandre
ne modifia pas le cours de l'histoire. Cosme Ier lui succéda
en 1537, et continua à gouverner Florence dans le même esprit.
Il conquit Sienne en 1555, et devint grand duc de Toscane en
1569.
L'art : mémoire et miroir de l'Etat
Bartolomeo Ammannati, architecte et sculpteur, dota Florence
d'une élégance baroque. A côté du Palazzo Vecchio, il plaça
la fontaine de Neptune, grand triomphe de marbre et de bronze
composé de nymphes, coquilles, chevaux et divinités marines.
Au Palazzo Pitti, derrière la façade sévère de Brunelleschi,
il aménagea une splendide cour baroque. Dans les rues de Florence,
il dessina les palais de la nouvelle noblesse florentine.
Vasari, peintre, écrivain et architecte, auteur des vies des
plus excellents architectes, peintres et sculpteurs italiens
de Cimabue à nos jours, donna à Florence ses annales artistiques,
et contribua au grand mythe de l'art florentin. Architecte du
Palais des Offices, et du couloir qui mène des Offices au Palazzo
Pitti, il créa la ville politique du nouvel état. Il fit les
portraits de tous les Medicis. Grâce à lui, les Médicis furent
dotés d'une sorte de Kremlin pour gouverner la Toscane, d'une
chronique littéraire et artistique, et d'un visage pour l'histoire.
On mesure la distance historique parcourue par Florence en deux
siècles, quand on embrasse d'un seul regad la façade du Palazzo
Vecchio et les deux sculptures abritées sous la loggia dei Lanzi
: le persée de Benvenutto Cellini et l'enlèvement des Sabines
de Jean de Bologne. Jean de Bologne, né à Douai (Giambologna)
voulait prouver qu'il pouvait reproduire, dans une même statue,
la peau tendre d'une femme, les muscles vigoureux d'un jeune
homme et la décrépitude d'un vieillard.
Les Médicis, échaudés par les sièges subis par Florence, construisirent
partout de solides forteresses : A Florence, la fortezza da
Basso et le forte del Belvedere. A Sienne, le forte di Santa
Barbera.
Pendant ce temps, Lucques s'entourait, entre 1504 et 1645, d'une
des plus belles enceintes toujours existantes, pour garantir
son indépendance.
L'art de vivre dans la Toscane grand-ducale
Les florentins ne se bornèrent pas à l'architecture militaire.
AU XVIIème siècle, ils asséchèrent les marécages de Maremme
siennoise et du territoire de Pise. Après avoir, entre 1560
et 1563, ajouté un escalier au Palazzo Vecchio, les Médicis,
devenus propriétaires du Palazzo Pitti, en triplèrent la superficie
entre 1620 et 1640. Les Ricardi, à leur tour propriétaires du
palais des Médicis, le doublèrent entre 1700 et 1717. Les Corsini
firent bâtir sur le Lungarno, entre 1648 et 1656, un palais
qui rivalise avec le Pitti en longueur de façade.
La noblesse avait gardé l'habitude de passer une partie de l'année
dans des villas sur les collines environnantes. Elles furent
agrandies et enrichies. La villa de Castello - acquise par les
Médicis en 1480 - fut réaménagée par Vasari. Le jardin fut dessiné
par Tribolo (architecte et paysagiste du jardin de Boboli).
La mode se répandit des jardins artificiels. La villeggiatura
fut ainsi, entre le XVII et le XVIIIème siècle, l'un des traits
dominants de la vie italienne.
La fin d'une dynastie
Revenus au pouvoir avec l'aide du pape et de l'empereur, les
Médicis, sur le plan international, ne furent jamais indépendants,
et durent se ménager France, Espagne et Autriche. A l'époque
du grand-duc Cosme II (1670-1723), lorsqu'il fut évident que
son fils Jean-Gaston n'aurait pas d'héritiers, les puissances
négocièrent publiquement le sort de Florence, décidant que le
grand-duché irait à Don Carlos d'Espagne, fils de Philippe V
et d'Elisabeth Farnèse (Bourbon)
Après la guerre de succession polonaise et le changement des
équilibres européens, les cartes furent redistribuées. Florence
revenait à la maison de Lorraine, en la personne de François-Stéphane.
Il devint Empereur d'Allemagne du Saint Empire Romain Germanique
en 1745, et son fils Léopold en 1790. L'Etat toscan devint simple
satellite de l'Autriche. Il fut envahi par les français en 1799,
libéré par les Autrichiens quelques mois après, transformé en
Royaume d'Etrurie en 1800, annexé à l'Empire français en 1807
et donné à la sœur de Napoléon, occupé par Murat en 1814, rendu
à la Lorraine en 1815.
Au congrès de Vienne, Florence reçut quelques fiefs napolitains
sur la mer, l'île d'Elbe et le duché de Lucques.
La Toscane et le romantisme européen
Entre la restauration de la Lorraine et la constitution du Royaume
d'Italie fut politiquement insignifiante. Mais Florence devint
l'un des pôles du romantisme européen. Elle connut un renouveau
gothique et médiéval. Il fut décidé que l'église de Santa Croce
aurait un campanile (1865) et une façade (1863). Le Bargello
fut restauré. Le Duomo obtint une façade (1887).
Florence entre romantisme et progrès
En 1861, le Royaume d'Italie était né. Florence en était devenue
la capitale. Le Palazzo Vecchio avait accueilli la chambre des
députés. La cour s'était installée au Palazzo Pitti. En tant
que capitale, Florence avait besoin d'espace : mythe de la modernité
et du progrès. Un architecte, Giuseppe Poggi, envisagea la démolition
des murs d'enceinte, un grand boulevard ceinturant la ville,
des places majestueuses, une vaste terrasse panoramique sur
la colline de San Miniato. Les travaux furent réalisés, mais
Florence ne resta pas capitale.
La guerre franco-prussienne permit au Royaume d'Italie la conquête
de Rome, qui devint capitale.
Après avoir eu un ring de boulevards comme toutes les grandes
villes européennes rénovées au XIXème siècle, et une superbe
terrasse panoramique, Florence voulut aussi un centre moderne
: le marché et le ghetto furent rasés. On ouvrit une grande
place - piazza della Republica - dans le vieux cœur marchand
de la ville.
Mondanité et culture à Florence entre deux siècles
Florence fut la patrie du nationalisme italien, et retrouva
dans la lutte entre fascistes et antifascistes l'âpreté des
anciennes querelles municipales qui l'avaient déchirée. Le jardin
de Boboli acquit, dès les années trente, une réputation internationale.
De la guerre à l'inondation
La guerre épargna Florence pendant trois ans. Mais après
la chute de Mussolini (juillet 43), et la constitution d'une
république fasciste, la ville devint le théâtre des haines civiles,
et la victime des stratégies militaires. En Août 1943, les allemands
firent sauter tous les ponts de Florence, à l'exception du Ponte
Vecchio (1345) Epargnés par la guerre, les boutiques du Ponte
Vecchio et le "couloir de Vasari" furent durement frappés par
la grande inondation de novembre 1966, qui fit plus de dégâts
que la seconde guerre mondiale.
Guelfes et gibelins continuèrent de se relayer, comme par le
passé, au gouvernement de Florence. Au contraire, Sienne fut
toujours gibeline. 
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UN VOYAGE EN TOSCANE
Carrare
Les églises de Lucques, le "Champ des miracles" à Pise, la
grande sculpture pisane et florentine, le campanile de Giotto
et les églises de Brunelleschi, n'existeraient pas sans le
marbre de Carrare. La région su exploiter dès l'époque romaine
l'un des plus grands gisements de marbre au monde.
Ses artistes ont hérité, de génération en génération, une
familiarité inégalée avec le marbre. Il a fallu 2000 ans pour
que les carriers abandonnent leurs techniques traditionnelles,
et 400 ans pour qu'ils renoncent aux abus de la poudre à feu
(utilisée entre de XVI et le XIXème siècle).
Les caves de Carrare restèrent inactives, de la chute de l'Empire
Romain jusqu'à la renaissance médiévale de Lucques et de Pise,
et suivirent la courbe des paix et des guerres, de l'expansion
urbaine et de la récession économique.
Lucques
Les murs de Lucques et les villas de ses marchands
Au XVIIème siècle, à l'époque où les rois de France et leurs
ministres cardinaux affirmaient leur pouvoir sur les villes
en rasant les forts et les remparts, Lucques achevait la construction
d'une nouvelle enceinte commencée en 1504 : 11 bastions, chemin
de ronde d'une longueur de 4 kms et d'une hauteur de 12 m.
Après le congrès de Vienne, Lucques devint un duché. Le chemin
de ronde prit des allures de boulevard, et les bastions aménagés
en parcs publics.
Après l'unité italienne, ils résistèrent au démon de la modernité
en raison de leur beauté, et de la très lente expansion de
la ville. A partir du XVIIème siècle, les grands marchands
lucquois construisirent dans la campagne de magnifiques villas
entourées de parcs et de jardins, au goût baroque.
Lucques sauvée par sa décadence
La piazza del Mercato est un ancien amphithéâtre romain.
Le chef-d'œuvre est le Duomo, San Martino.
Sienne
les citoyens de Sienne n'arrivèrent jamais à finir leur
cathédrale, dont ils n'élevèrent que le transept. Quand ils
décidèrent d'utiliser le transept comme cathédrale, ils ne
réussirent jamais à achever son revêtement.
Pise
Tandis que Lucques est une ville terrestre, sans rivière,
retranchée derrière ses murs, Pise, à 22 kms, suggère toujours
la mer, même si la côte s'en est beaucoup éloignée (envahie
par le sable). Les Pisans avaient érigé une citadelle, une
tour et un arsenal, pour surveiller le mouvement des bateaux
étrangers et leur propre flotte. Il n'en reste plus grand
chose.
La restauration des Médicis permit une renaissance modeste
entre le XVI et le XVIIème siècle. Pour redonner à Pise son
rôle de ville maritime, Cosme Ier y établit l'ordre des chevaliers
de Saint-Etienne chargé de se battre contre les pirates de
la Méditerranée. L'ordre avait besoin d'un siège, d'une école
et d'une église. On confia l'ensemble à Vasari, architecte
officiel des Médicis. L'école des chevaliers fut choisie en
1810 par Napoléon comme siège de l'Ecole Normale Supérieure
du Royaume d'Italie.
"Tour de la faim" : histoire de Ugolin (Œuvre de Carpeaux)
emprisonné avec ses enfants en 1288. (chant 33 de l'Enfer
de Dante).
Le Champ des Miracles
La construction du Campanile commença en 1173. Tout se passa
bien jusqu'au 3ème étage, puis le terrain s'affaissa. Le projet
fut abandonné jusqu'en 1277. L'architecte Giovanni di Simone
tenta de la consolider, puis poursuivit l'édifice jusqu'au
6ème étage où il plaça les cloches.
Le Duomo est une sorte de prototype de l'architecture pisane.
Buscheto commença les travaux en 1063. Il est enterré dans
la façade. Galilée, né à Pise en 1564, aurait eu son illumination
devant le grand lustre de bronze suspendu au centre de la
nef. L'œuvre la plus extraordinaire est la chaire de Giovanni
Pisano. Il fut le chef d'une école qui travailla dans toute
la Toscane. Les travaux du baptistère commencèrent en 1152.
L'influence orientale et arménienne est évidente.
Le Camposanto Pise devint, entre la fin du XIII et de début
du XIVème siècle, l'un des centres les plus importants de
la sculpture européenne. L'étude des nombreux sarcophages
anciens inspira tous les artistes de l'époque. Ils étaient
placés à l'extérieur du Duomo, avaient servi pour la plupart,
deux fois de sépulture, d'abord aux nobles romains, puis aux
riches pisans du Moyen Age. Ils furent transportés dans le
Camposanto au XVIIIème siècle. Ils avaient été collectés par
les marchands pisans à travers le monde entier, à l'époque
où la ville était la plus grande puissance maritime de la
méditerranée.
Le Camposanto remonte au début du XIIIème siècle, quand un
archevêque y fit venir de la terre du Golgotha.
En 1278, on commença à élever l'enceinte de marbre et les
4 arcades, qui devinrent pendant 2 siècles, l'un des plus
grands ateliers de la peinture européenne. San Piero a Grado,
où Saint Pierre débarqua en Italie
Le Camposanto est adossé aux murs de la ville, comme il sied
à la dernière demeure de ses habitants.
La Certosa di Pisa (chartreuse de Pise) sur la route de Lucques,
date de la fin du XIVème siècle, a été refaite en partie au
XVIIème siècle sous le grand-duché des Médicis.
Sur la route de Marina di Pisa se trouve encore une église
romane : San Piero a Grado.
De Livourne à Volterra
Un nouveau port pour la Toscane Grand-ducale : Livourne
Une fois grands-ducs de Toscane, les Médicis avaient besoin
d'un port.
A cause de l'ensablement, Pise, pourtant sous la coupe de
Florence, ne pouvait y prétendre. Cosme Ier fit vreuser le
canal des Navicelli entre Pise et Livourne. Livourne, jeune
et ambitieuse, eut les activités commerciales et le trafic
maritime. Pise, vieillie et ennoblie, eut l'ordre de Saint
Etienne et la tâche de défendre ces activités contre les pirates
barbaresques.
Livourne était pleine de juifs et de turcs qui avaient des
correspondants commerciaux dans tous les ports de la Méditerranée.
La mer grouillait de pirates dont les bateaux venaient des
mêmes ports - Alger, Tunis, Tripoli - qui commerçaient avec
Livourne. Alors que les chevaliers Pisans étaient consacrés
pour défendre la chrétienté.
De Livourne, ville sans préjugés, cosmopolite, qui parlait
toutes les langues de la Méditerranée, imprimait des livres
interdits, il ne reste que des souvenirs. Après la constitution
du Royaume d'Italie, Livourne perdit ses privilèges de port
franc et se reconvertit en ville industrielle. Sic !
L'île du repos : Elbe
Napoléon abdiqua en 1814 et signa un traité qui lui accorda
2 millions de rente et la souveraineté sur l'île d'Elbe. Il
y resta dix mois. Mais l'île conserva jalousement les traces
de son passage.
La côte toscane
La bourgeoisie locale et italienne raffolait entre les deux
guerres des plages bordées de pinèdes de la côte de la Versilia.
Après la guerre, elle leur préféra les villas cachées dans
le maquis méditerranéen.
La Maremme
A l'époque étrusque et romaine, la Maremme comptait des villes
étrusques importantes.
Durand le haut Moyen Age, la région fut abandonnée par ses
habitants, et la nature reprit ses droits. Elle devint un
immense marécage, véritable réserve de gibier et royaume du
paludisme. La Maremme resta longtemps le paradis des chasseurs
et le purgatoire de ses habitants. Vers la fin du XVIIIème
siècle, des travaux d'assainissement furent entrepris.
Un parc a été préservé entre Orbetello et Grosseto, labyrinthe
de sentiers menant à travers le maquis aux tours qui transmettaient
jadis les signaux venus de la côte, aux ruines de l'abbaye
de San Rabano et à la tour de la belle Marsilia. Cette siennoise,
enlevée par les pirates de Barberousse en 1543, devint l'épouse
du grand Soliman le Magnifique.
Grosseto est la plus méridionale des villes toscanes.
Massa Marrima
Capitale de la Maremme et de la Toscane minière, elle existait
avant l'an mil, mais fut détruite par les pirates sarrasins,
et ne retrouva sa prospérité qu'au XIIIème siècle. A la fois
trop riche (ressources minières)et trop petite pour rester
indépendante, elle se scinda en deux : - une ville nouvelle
qui voulait l'alliance avec Sienne - une ville ancienne qui
voulait l'alliance avec Pise Elle se rangea enfin du côté
de Sienne, dont elle partagea le sort jusqu'en 1554. Vinrent
ensuite le paludisme, le dépeuplement et le déclin des activités
minières : long sommeil de trois siècles jusqu'aux assainissements
du XIXème siècle. C'est aujourd'hui une ville médiévale préservée.
Entre Massa Maritima et Valterra, la route monte et descend
le long des collines métallifères, borde des mines de plomb
argentifère ouvertes par les Etrusques, traverse de petites
villes de cure, longe des lacs bouillants : petit enfer de
l'alchimie de la Renaissance.
Volterra, une ville qui n'en finit pas de mourir
Construite pour résister à de longs sièges, avec des remparts
puissants, la ville s'enrichit d'une extraordinaire forteresse
Renaissance après que Laurent de Médicis parvint à s'en emparer.
Pourtant, le siège le plus long est celui que les "balze"
(zones d'argile recouverte de sable) font à Volterra depuis
plus de mille ans.
Quand ces formations d'argile, érodées par la pluie, se déplacent
lentement le long de la colline, la terre déboule vers la
vallée, entraînant tout sur son passage. Volterra est vouée
à la mort, mais sa mort traîne depuis des siècles.
La ville étrusque était à l'époque l'équivalent de New York
ou Hong Kong. Elle dominait l'île d'Elbe et la Corse, s'enrichissait
grâce au commerce des métaux, exploitait ses carrières d'albâtre
et battait monnaie. La ville médiévale n'est plus que l'ombre
d'elle-même, confinée dans ses remparts (3,2 kms). En 1361,
les Florentins en font leur satellite.
Vestiges de l'âge d'or étrusque : la porta all'Arco, incorporée
dans l'enceinte médiévale (3 têtes mystérieuses) Deux places
où, depuis l'an mil, siègent les deux pouvoirs de Volterra
: - la piazza dei Priori, avec le plus ancien hôtel de ville
de Toscane - la piazza del Duomo, avec le baptistère.
Entre les deux places : le palais de l'évêque, qui exerça
des fonctions civiles et religieuses. Ses fenêtres surveillent
les deux places. Le Palazzo dei Priori, entrepris en 1208,
servit certainement de modèle au Palazzo Vecchio de Florence.
Le musée étrusque de Volterra 600 urnes cinéraires, offrant
chacune de précieuses indications sur la vie quotidienne des
étrusques, les objets qu'ils emportaient vers la mort, les
légendes grecques qu'ils véhiculaient (cycles thébain et troyen).
Immense alphabet pictural.
De San Gimignano à Sienne
Les tours de San Gimignano
San Gimignano survécut économiquement à Volterra pendant un
siècle. C'est une ville de transition entre le Moyen Age et
la Renaissance. Elle eut plus de tours au m² que New York
n'a de gratte-ciel sur un même espace urbain. Au XIVème siècle,
les 72 tours ne pouvaient dépasser, par ordre de la Commune,
les 51 m de la tour du Podestat. La ville sauva 15 tours,
dont 7 autour d'une place triangulaire : la piazza della Cisterna
(puits creusé à la fin du XIIIème siècle). Cette place était
à la fois théâtre, champ de bataille et Bourse des affaires.
Les familles guelfes et gibelines se disputèrent longtemps
le gouvernement de la ville. Piazza Sant' Agostino : l'église
(fin XIIIème siècle) héberge 17 fresques (vie de Saint Augustin)
de Gozzoli.
Piazza des Duomo :
Duomo : fresques de Ghirlandaio Monteriggioni Elevé par les
Siennois contre les Florentins en 1203, le bourg possède 14
tours, dont la moitié ont été restaurées, une petite église
mi-romane, mi-gothique.
Sienne,
une ville qui se suffit à elle-même
A un seul moment de sa vie, Sienne cesse d'être imperturbable
pour devenir passionnée : ce sont les jours du Palio. 10 quartiers
sur les 17 entrent en compétition pour détenir un drap ("le
palio") sur lequel on a peint l'image de la vierge. La course
se déroule sur la piazza des Campo. Situé dans une petite
vallée, au creux de 3 collines sur lesquelles la ville s'est
bâtie, il Campo est caché par les maisons qui l'entourent.
S'asseoir sur les marches de la "fonte" Gaia, sculptée par
Jacopo della Quercia entre 1409 et 1419, face au palais. Les
créneaux qui surmontent le palais sont gibelins. Le disque
de cuivre au centre de la façade est l'attribut de Saint Bernardin,
qui prêcha sur cette place (né en 1380). Le grand écusson
des Médicis fut imposé à la ville après le siège de 1554.
Les écussons noirs et blancs qui se succèdent le long de la
façade, sont le symbole de la Rébublique Siennoise.
La torre del Mangia domine le Campo de ses 88 m. Les fresques
qui ornent l'intérieur du palais sont parmi les plus belles
du Moyen Age toscan : fresques de Simone Martini dans la salle
du Mappamondo, fresques de Lorenzetti dans la salle de la
Pace ("le bon gouvernement").
Le Palio, une synthèse de la vie
2 dates : le 2 juillet et le 16 août. La tradition du Palio
remonte au XIIème siècle. En début d'AM, chaque quartier amène
son cheval dans son église pour la bénédiction. Les chevaux
sont tirés au sort avant la course. Allégorie de la vie, concentré
en quelques minutes : courage, ruse et hasard.
Une cathédrale inachevée
Si le Campo est le centre ludique et civil de Sienne, la piazza
del Duomo en est le centre spirituel. On y arrive par le Baptistère
de San Giovanni (gothique du début du XIVème siècle). Il abrite
les fonts baptismaux sculptés par Jacopo della Quercia (XVème
siècle, style pré-Renaissance).
Pour passer du baptistère au Duomo, on emprunte un escalier
à ciel ouvert et on passe une grande porte gothique. Ce sont
les restes d'un colossal projet lancé au début du XIVème siècle.
Il prévoyait une cathédrale de 110 m de long, dont l'ancienne
(XIIIème siècle) n'aurait été que le transept. Le déclin économique
et la peste de 1348 obligèrent la ville à renoncer. La cathédrale
inachevée devint une place. Celle qui était sensée devenir
la nef de droite abrite depuis 1870 un musée. Les Siennois,
frustrés, enrichirent l'ancienne à l'excès. Ils en firent
un fastueux palais religieux. Les arcs et les voûtes, à l'intérieur,
reçurent les bustes en terre cuite, du Christ, de 171 papes
et de 36 empereurs. Le sol fut recouvert de 56 "graffiti"
reproduisant des personnages mythologiques ou bibliques.
Face au Duomo s'élève l'hôpital médiéval de Santa Maria
della Scala : fondé il y a plus de mille ans, il compte
parmi les plus vieux hôpitaux au monde. Italo Calvino y mourut
en 1985.
La pinacothèque nationale : beau palais gothique du
début du XVème siècle. Riche collection de primitifs ("fondi
oro" - personnages se détachant sur un fond d'or). Eglise
de San Domenico : conserve la tête de Sainte Catherine. A
proximité, existe encore sa maison, d'où elle demandait au
pape Grégoire XI, par des lettres frémissantes, de quitter
Avignon et de rentrer à Rome.
On quitte Sienne comme on sort d'une forteresse par la porte
Romana, datant de 1327, et dont la voûte est ornée d'une fresque
de Sassetta. S'ouvre alors la via Cassia, partie de
l'ancienne voie Francigena. Elle fut pendant des siècles,
avec la via Aurelia qui longe la mer, l'épine dorsale de l'Europe.
Tout transita par cette route : marchands, artistes, pélerins,
rois, empereurs et guerriers.
Le Chianti
La via Chiantigiana traverse les vignobles et oliveraies des
provinces de Sienne et de Florence, reliant toutes les commues
du Chianti. Les seules à avoir l'honneur d'arborer sur leurs
bouteilles le petit coq noir.
Le château de Brolio, entre Castelnuovo et Gaiole, où vécut
et mourut Bettino Ricasoli, "dictateur de la Toscane", après
le départ du Grand Duc en 1859. Il fut Premier ministre du
Royaume d'Italie après la mort de Cavour.
De Sienne à Arezzo, via Montalcino, Montepulciano et Cortone
Monte Oliveto Maggiore : une abbaye de la Renaissance
Grande citadelle spirituelle de l'Italie guelfe. Elle fut
fondée en 1313 par un noble de Sienne, Bernardo Tolomei. Elle
fut à partir du XVème siècle, l'un des endroits les plus élégants
de la culture religieuse dans la Toscane de la Renaissance,
et l'abbé, l'un des plus grands mécènes de l'époque. Fresques
de la vie de Saint Benoît - patron des Olivetains - dans le
grand cloître et le reste du couvent, réalisées par Signorelli
(1498) et le Sodoma (1505).
Montalcino
Dernier refuge des exilés siennois, lorsque la capitale de
la République fut enlevée par les Florentins et les Impérieux.
Comme tant d'autres villes toscanes, Montalcino possède :
- une place du peuple - un palais de la Commune - une citadelle
- un musée diocésain, un musée municipal, un musée archéologique
- un vin local : le Brunello (cher)
A 10 kms de Montalcino : l'abbaye romane de Sant'Antimo, fondée
par Charlemagne en 813.
Pienza et Montepulciano, villes d'humanistes
Enea Silvio Piccolomini naquit à Pienza en 1405. Elu pape
sous le nom de Pie II, il décida de transformer son bourg
natal en une ville idéale. Il se fit faire un palais et une
église, et exigea d'être imité par ses cardinaux. Il en résulte
une ville théâtrale entièrement conçue par le même architecte
: prédominance du style de la Renaissance florentine avec
palais, loges et jardins suspendus. Son isolement lui permit
d'atteindre sans trop de dégâts le XIXème siècle.
Montepulciano est aussi la ville natale d'un grand humaniste
: Angiolo Poliziano, entré dans l'histoire politique pour
avoir sauvé la vie de Laurent le Magnifique du poignard des
Pazzi en le poussant dans la sacristie du Duomo de Florence.
Cortone et Arezzo : des Etrusques à la Renaissance
Marguerite de Cortone naquit près de Pérouse, mais mourut
à Cortone, et fut canonisée 5 siècles après sa mort. Piero
della Francesca Le centre artistique de la ville d'Arezzo
est l'église de San Francesco, construite en 1290, décorée
par Piero della Francesca en 1452. S'inspirant de "la légende
dorée" de Jacques de Voragine, il a peint une dizaine de fresques
pour "la légende la croix".
FLORENCE
Introduction : le Persée sur la piazza della Signoria,
sous la loggia dei Lanzi. Les fresques de Vasari dans la salle
du Cinquecento du Palazzo Vecchio (l'une d'elle recouvre "la
bataille d'Anghiari" de Léonard de Vinci, qui connut là un
fiasco) Leçon : toujours se souvenir à Florence de
la "matérialité" de l'art. Les artistes ont d'abord été des
artisans.
Itinéraire chronologique : commencer par Fiesole (ancêtre
étrusque), ou la colline de San Miniato (Michel Ange en fit
un poste d'artillerie pendant le siège de 1530).
Meilleur observatoire : piazzale Michelangelo, devant
San Miniato, construit à la fin du XIXème siècle par Giuseppe
Poggi, quand il traça les boulevards florentins. Il permet
de repérer les grands symboles de la ville : le campanile
de Giotto, la coupole du Duomo, la tour du Palzzo Vecchio,
les ponts sur l'Arno. A proximité : majestueuse église romane
de San Miniato al Monte, et petite église Renaissance de San
Salvatore al Monte.
Visite de Florence :
1. le couvent de San Marco
Il fut refait entre 1437 et 1452 par Michelozzo, architecte
de Cosme l'Ancien. Un moine dominicain de Fiesole arriva ici
en 1436, juste avant les travaux de rénovation. Son nom religieux
était Giovanni, son surnom devint Fra Angelico. Tandis que
Michelozzo reconstruisait le cloître et le couvent, Fra Angelico
fut chargé par Cosme de couvrir de fresques les murs de la
salle du chapitre, du dortoir, de l'hospice et des cellules
des moines. Tout est en train de changer dans l'art florentin…
Autre célébrité du lieu : Savonarole.
A cette époque, Brunelleschi venait juste d'achever les arcades
du Spedale degli Innocenti - premier modèle de l'architecture
de la Renaissance. "Innocenti" désignait les enfants abandonnés,
déposés sur un tour qui existe encore. Brunelleschi avait
déjà une grande influence sur les architectes de son époque.
Quand Michelozzo commença la reconstruction de l'église de
la Santissima Annunziata, il la relia aussi à la place par
des arcades. Andrea des Sarto y signa ses plus belles fresques.
Autodidacte et timide, il se laissa séduire par une jolie
veuve, pour laquelle il dépensa tout l'argent que lui avait
confié François Ier pour acheter des œuvres italiennes.
Laurent le Magnifique, grand collectionneur, fit du jardin
du couvent de San Marco une sorte de musée et d'atelier en
plein air où les jeunes artistes de son temps, dont Michel
Ange, copiaient et restauraient les sculptures anciennes.
Galleria dell'Academia : David de Michel Ange qui ornait
la piazza della Signoria, et 4 des 6 statues inachevées entreprises
pour le mausolée de Jules II à Rome (les 2 autres sont au
Louvre)
2. Santa Maria Novella
La gare construite en 1935 s'insère dans la ville sans trop
de dégâts. Curiosité : extraordinaire dessin abstrait par
lequel Leon Battista Alberti compléta la façade, vers 1470.
L'intérieur est gothique, mais la décoration offre toute la
palette de l'histoire de l'art à Florence, du Moyen Age jusqu'au
Maniérisme : - le crucifix de Giotto - les fresques de Filippino
Lippi dans la chapelle de Filippo Strozzi - les fresques de
Ghirlandaio dans la chapelle du maître-autel - le crucifix
en bois, sculpté par Brunelleschi dans la chapelle Gondi -
les peintures maniéristes d'Allori et de Bronzino dans la
chapelle Gaddi - une fresque de Masaccio dans un autel de
la nef de gauche - les fresques de Paolo Uccello dans le réfectoire
du couvent Toutes ces œuvres ont été commandées par les grandes
familles florentines pour orner leur propre chapelle.
Le Mercato Centrale : détour avant d'arriver à l'église de
San Lorenzo et aux chapelles des Médicis
3. San Lorenzo et le Palazzo Medici-Riccardi
Les grandes familles florentines avaient une chapelle à Santa
Maria Novella. Les Médicis firent reconstruire une très ancienne
église par Brunelleschi, et confièrent la décoration aux plus
grands sculpteurs (Donatello, Verrocchio et Michel Ange).
Michel Ange sculpta les monuments funéraires de Laurent et
Julien - figures mystérieuses : "l'aurore et le crépuscule"
pour Laurent, et "le jour et la nuit" pour Julien.
Au même moment, l'Italie était déchirée par les guerres, et
Florence chassait les Médicis et subissait un siège sanglant.
La bibliothèque Mediceo-Laurenziana fur commandée par les
Médicis pour recueillir les collections de Cosme l'Ancien
et de Laurent le Magnifique. L'édifice fut confié à Michel
Ange.
Tout près de l'église se trouve le palais que Cosme l'Ancien
avait fait construire par Michelozzo, et que la famille Riccardi
élargit à la fin du XVIIème siècle : le palazzo Medici-Riccardi.
4. le Baptistère et le Duomo
Le baptistère fut probablement élevé sur le site d'une église
paléochrétienne du Vème siècle, elle-même fondée sur un palais
romain dont les marbres auraient été utilisés pour le nouvel
édifice. Les 3 portes en bronze du baptistère furent réalisées
par le peintre Andréa Pisano et par Lorenzo Ghiberti assisté
de ses aides. Les deux monuments sont le fruit d'un travail
d'équipe. Chaque ouvrage du Duomo est soustendu d'une trame
compliquée de débats esthétiques, de vicissitudes économiques.
5. San Michele in Orto ("Orsanmichele")
Marché au grain à l'origine, il fut reconverti en église à
la fin du XIVème siècle. Pour meubler les niches qui scandent
la façade, les arts de Florence commandèrent la statue de
leurs saints patrons aux plus grands artistes florentins.
Le Saint-Georges de Donatello n'est qu'une copie en bronze
dont l'original est au Bargello.
6. le Bargello
Bargello était capitaine de justice (chef de la police). Il
s'installa dans ce palais en 1574, siège des podestats puis
des capitaines de la ville depuis plus de 3 siècles. Construit
avant le palazzo Vecchio, plus sévère, il héberge depuis le
XIXème siècle, la plus grande collection de sculptures de
la Renaissance : œuvres de Donatello, Verrocchio, Della Robbia,
Michel Ange, Cellini, Jean de Bologne…
7. La piazza delle Signoria et le palazzo Vecchio
Incohérence du lieu : masse imposante du palais, les sculptures
(le "Neptune" d'Ammanati et la statue équestre de Cosme Ier
par Jean de Bologne), la loggia dei Lanzi ("Judith et Holopherne"
par Donatello, le "Persée" de Cellini).
Le palazzo Vecchio abrite la fameuse salle des Cinquecento
où siégea le parlement italien quand Florence devint la capitale
du Royaume, reflet du narcissisme de la ville. Le palais renferme
aussi 2 lieux secrets : le studiolo, cabinet de travail que
Vasari aménagea pour François Ier de Médicis, et une petite
pièce au pied de la cour, surnommée la "petite auberge" où
Cosme l'Ancien et Savonarole furent prisonniers.
8. Les Offices
Le palais des Offices fut commandé à Vasari par Cosme Ier,
qui en fit le siège de l'administration de ses états. Le couloir
que Vasari conçut pour relier les bureaux (Offices) à la résidence
du Prince (le Palazzo Pitti) fut utilisé pour exposer les
objets d'art que les Médicis avaient rassemblés jusqu'alors
dans leur garde-robe.
En 1581, François Ier de Médicis ouvrit ici le premier grand
musée de la Renaissance. Circuit des chefs-d'œuvre incontournables
: "la vierge avec l'enfant" de Cimabue, "la vierge en gloire"
de Giotto, "la bataille de San Romano" de Paolo Uccello (des
trois batailles exécutées pour les appartements de Laurent
de Médicis, l'une est au Louvre, l'autre à Londres), "la naissance
de Vénus" et "le printemps" de Boticcelli, "l'adoration des
mages" de Léonard de Vinci, "la Sainte famille" de Michel
Ange, "la madone du chardonneret" de Raphaël, la "Vénus" de
Titien, le "Bacchus" du Caravage…
9. Santa Croce
Sur une grande place rectangulaire où les chevaliers se mesuraient
en tournoi, et où les gens du peuple jouaient au Gioco del
calcio - ancêtre florentin du football. Santa Croce fut construite
à la fin du XIIIème siècle. Elle est devenue le sanctuaire
des gloires italiennes : Monuments à la mémoire de Michel
Ange, de Rossini, de Macchiavel, de Galilée, d'Alberti, de
Dante (fin XIXème siècle)… Brunelleschi est absent de ce panthéon.
Il a pouratnt réalisé la chapelle des Pazzi.
10. Santo Spirito
Un siècle sépare l'église de Santo Spirito de la maison
de Bianca Capello. Tandis que l'église de Brunelleschi est
sévère, rigoureuse, la maison recouverte de graffiti que Buontalenti
réaménagea pour la maîtresse de François Ier de Médicis en
1570, est spirituelle et théâtrale, déjà baroque. Durant ces
cent ans, Florence a été conquise par Charles Quint, les Médicis
sont devenus grands ducs. Il faudra encore 70 ans pour que
le palazzo Pitti, acheté par les Médicis vers le milieu du
XVIème siècle, atteigne, par ses dimensions et la beauté de
ses jardins, la réputation de palais royal, et la renommée
d'une des plus belles collections d'art rassemblée par une
même dynastie sur 3 siècles.
11. Le Palazzo Pitti
Œuvres incontournables :
- les Raphaël : "la femme voilée", "la vierge à la chaise",
"la vierge du grand duc", "la vision d'Ezechiel"…
- les Titien : "le concert", "la belle", le "portrait d'homme",
la "Madeleine"
- les Rubens : "les conséquences de la guerre", "les quatre
philosophes"
Extérieur de Florence
1. la Chartreuse d'Ema à Galluzzo
Construite vers le milieu du XIVème siècle, grâce aux donations
de la famille Acciaiuoli (monuments funéraires dans les souterrains
de l'église). Fresques de Pontormo dans le cloître.
2. les villas
Au XVème siècle, dans les palais de campagne des marchands
et des nobles de Florence, étaient organisées des fêtes, sobres
et intellectuelles : on jouait des pièces, on chantait, on
dansait, on philosophait… A partir du XVIème siècle, les jeux
de la villeggiatura se firent plus somptueux, plus sensuels.
On y venait pour la chasse, pour l'amour, pour les spectacles
fastueux du théâtre baroque.
Itinéraire : A partir de la Porta al Prato (près de
la gare S.M.Novella), on gagne Poggio a Caiano, où s'élève
la plus belle des villas alentour, achetée par Laurent le
Magnifique en 1480. C'est là que François Ier de Médicis aimait
retrouver sa maîtresse, Bianca Capello, et qu'il mourut en
1587.
Villa de Castello : propriété des Médicis depuis 1477, refaite
par Vasari. Careggi : acheté par les Médicis au début du XVème
siècle, qui en confièrent la rénovation à Michelozzo. C'est
là que Laurent rassemblait ses artistes, et que Cosme et lui
moururent en 1464 et 1492.
La Petraia : ancien domaine de la famille de Brunelleschi,
reconstruite par Buontalenti pour le Cardinal de Médicis.
Le jardin fut confié au Tribolo - architecte et paysagiste
de Boboli.
Fiesole
: retour aux origines
A mi-chemin entre Florence et Fiesole : San Domenico di
Fiesole.
C'est dans le couvent à côté de l'église que Fra Angelico
fut ordonné, et qu'il réalisa ses premières œuvres (maintenant
au Prado et au Louvre).
Le Duomo : la façade fut entièrement refaite au XIXème siècle.
L'église de Santa Maria Primerana L'église de Sant'Alessandro
: s'élève sur l'emplacement d'un temple étrusque. Balcon sur
Florence.
L'église de San Francesco : bâtie sur une acropole, successivement
étrusque, romaine et florentine.
Antiquité : théâtre romain, temple étrusque, anciens murs
étrusques de la ville
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