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Patrimoine

Noël en Provence


 
 
  Calendrier de Noël

L'Avant

La Sainte-Barbe
La Sainte-Luce

La crèche
Le laurier-tin
Le gros souper

La buche
Le réveillon
 

 

"Si la neige tombe la veille de Noël,
il en tombera neuf fois dans le courant de l’hiver."

 
         
  L'adoration des bergers
Le jour de Noël

Le lendemain de Noël
La Saint-Sylvestre
L'Epiphanie
La pastorale

La Chandeleur
   
                 

 

"A la saint Thomas
Cuit ton pain, lave tes draps
Tue un porc gras si tu l’as
Tu ne l’auras pas sitôt tué
Que noël sera arrivé."

Voir :

Les crèches napolitaines

L'Avant

L’Avent dure la période qui inclut quatre dimanches avant Noël. Il commence généralement le dernier dimanche de Novembre et prend fin au solstice d’hiver. C’était un temps de pénitence, le début d’une période de jeûne et de méditation pour préparer la fête de Noël.
Autrefois dans certains villages, on annonçait l’Avent dans les rues, au son des galoubets et des tambourins.


Dans les foyers, une guirlande composée de feuilles persistantes était suspendue au plafond ou placée sur la table. Quatre bougies étaient placées sur la guirlande. Chaque dimanche de l’Avent, une bougie était allumée jusqu’à ce que les quatre flammes donnent ensemble leur joyeuse lumière pour annoncer la naissance de l’enfant Jésus.
Au cours de cette période, huit jours avant Noël on « sonnait les eaux ». Les cloches sonnaient à toute volée pour appeler les fidèles à l’église où l’on chantait les antiennes de l’Avent, cantiques commençant par un « O », comme « O, rèi de glori » ou « O, mater Dei »…

 
Le 4 décembre, jour de la Sainte - Barbe : la tradition des « trois sietoun »

Ce jour-là on semait du blé dans trois petites soucoupes, sur une mince épaisseur de coton. On les plaçait près d’une source de chaleur (c’était souvent sur le rebord des cheminées) et on maintenait l’humidité en les arrosant copieusement afin que le blé germe et qu’il soit haut, dru et vert au moment de Noël. Dans la journée on les posait sur le rebord de la fenêtre.
Les trois « siétons » ou « siétoun » (soucoupes) garnissaient la table du gros souper.
Dans beaucoup de foyers, on préparait quelques « siétons » de plus, pour figurer la verdure ou les champs de blé dans la crèche.
On conservait ce blé après Noël en le faisant sécher. On le glissait dans de petits sachets au fond des armoires. On pouvait alors en jeter quelques brins dans la cheminée pour écarter les orages (orages au sens propre et au sens figuré !), en transplanter une touffe aux quatre coins d’un champ ensemencé afin qu’il produise plus, ou tout simplement pour protéger la récolte.

L’histoire
En l’an 235, en Asie Mineure, dans la province de Nicomédie, un roi païen régnait en tyran, persécutant surtout les Chrétiens. Il se nommait Dioscore. Il avait une fille nommée Barbe qui était la douceur même et qui soulageait les misères des persécutés, malgré le courroux de son père…Au contact de la cruauté de son entourage, Barbe était de plus en plus attirée par le christianisme. Voyant cela, son père, furieux, l’enferma en haut d’une tour. Lors d’un voyage de Dioscore, Barbe réussit à tromper la vigilance des gardes et se fit baptiser. Au retour du roi, elle lui annonça sa conversion.
Pris d’une effroyable colère, il lui demanda d’abjurer cette religion. Comme elle refusa, il la fit enfermer de nouveau mais cette fois en doublant la garde et en la privant de nourriture ainsi que des objets les plus indispensables.
Malgré ces mauvais traitements, Barbe ne céda pas. Alors son père, fou de colère, la présenta devant un tribunal qui la condamna au supplice.
Après trois jours de souffrances, le roi se substitua au bourreau pour la décapiter. Au moment où il lui trancha la tête, un éclair immense, aveuglant, tombant du ciel, vint foudroyer ce père monstrueux ! La foule effrayée se dispersa ; les Chrétiens vinrent chercher leur disciple et l’ensevelirent.
Depuis, Sainte Barbe sera invoquée par tous ceux qui veulent se protéger du feu, de la foudre, de ce qui fulgure et qui détonne.
La foudre ayant frappé à mort ce roi païen, on fit de sa fille la patronne des artilleurs, des canonniers, des mineurs et des pompiers.
Sans doute était-il difficile de fleurir sa tombe en hiver, le 4 décembre, jour de sa fête ? Est-ce pour cela que l’on planta du blé ? Peut-être.

La symbolique
(Sainte Barbe aurait succédé à Héphaïstos, Dieu des arts, du feu et des métaux, auquel les Grecs avaient consacré l’hiver).
Les « siètons » sont au nombre de trois parce qu’ils représentent le Père, le Fils et le Saint Esprit, (symbolique trinitaire).Le blé est une graine dont l’origine est parfaitement inconnue et qui, de ce fait, ne pouvant être qu’un don de Dieu, symbolise la vie.
Si votre blé pousse bien, bonheur et prospérité vous sont assurés pour l’année à venir, et la vie sera belle, mais si votre blé pousse mal vous passerez une mauvaise année… C’est en tout cas ce que dit la tradition !
On conserve ce blé germé après Noël en le laissant sécher car, grâce à Sainte-Barbe, il a le pouvoir magique de protéger des orages (ceux du ciel et ceux du quotidien). Les pousses bien vertes et bien drues sont signes de fertilité et d’abondance pour les récoltes futures. Le blé grandissant de jour en jour remplace le calendrier de l’Avent. En effet, on surveille de près sa croissance et lorsqu’il est aussi haut que la main, c’est que Noël n’est pas loin !

Le 13 décembre, jour de la Sainte-Luce : la fête de la lumière

À partir du 13 décembre, les jours commencent à allonger. Pour accompagner ce retour à la lumière, on illuminait chaque soir jusqu’à Noël, façades, balcons ou fenêtres avec des lanternes et des bougies.

L’histoire
Nos ancêtres étaient angoissés par les ténèbres de l’hiver. La lumière du soleil était leur seule lumière et ils la voyaient diminuer de jour en jour. Ils craignaient de la perdre à tout jamais. Aussi, la fin de l’hiver et l’approche des beaux jours avec leur plein soleil étaient toujours vécues comme un soulagement. L’allongement des jours et la lumière revenue étaient pour eux une source de reconnaissance et de joie.

La symbolique
C’est la période du solstice d’hiver, point culminant de la position de la terre par rapport au soleil. Nous allons vers le renouveau.
De tout temps les hommes ont salué ce retour vers plus de lumière, plus de chaleur.
C’est un rite ancien d’accompagnement de la lumière retrouvée qui a pour centre, la maison.
La lumière qui revient c’est le renouveau et, pour les chrétiens, le renouveau c’est le christ, c’est l’enfant Jésus.

Le 24 décembre, la veille de Noël : la crèche

Juste la veille de Noël les enfants partaient courir la colline et les bois pour récolter verdure, buis, thym, olivier, pin, mousse, houx, laurier-tin, mais aussi cailloux, pommes de pin, morceaux d’écorce… qui servaient à «construire » la crèche familiale.
On ne la faisait pas trop tôt pour que les feuillages et la mousse soient bien frais et tiennent jusqu’au 2 février, car la tradition voulait que la crèche reste en place jusqu’au 2 février, jour de la Chandeleur. Ces matériaux permettaient de créer le décor : la Provence, un pays géographique bien localisé, un village tel qu’on en trouve encore dans le Var. En effet, la crèche comprend obligatoirement le pays. Une vraie crèche ne peut se contenter de l’étable qui abrite la Sainte famille.
On agrandissait année après année son petit peuple de santons en se rendant auprès des marchands de santons ou auprès des vendeurs ambulants qui se promenaient dans les villes et dans les campagnes avant Noël. Autrefois, les santonniers se rendaient même dans les maisons et ils fabriquaient des santons en échange du gîte et du couvert.

L’histoire
Le mot « crèche » désigne dans son sens premier une mangeoire. Au sens dérivé ce mot est devenu la représentation de la Nativité.
Du II e au IV e siècle, l’histoire de la nativité est racontée par des sculptures dans la pierre (seuls sont représentés la vierge, Joseph, l’enfant Jésus, l’âne, le boeuf et les Rois Mages). Ces bas-reliefs ne sont pas les antécédents provençaux de l’art de la crèche.
Au XIII e siècle (1223), Saint-François d’Assise (François le « poverello ») demande l’autorisation au pape Honorius III, de réaliser une crèche vivante à Greccio, dans les Abruzzes, à environ 100 km au nord de Rome. Il demande à son ami le chevalier Vélita de rechercher une étable en ruine ou une grotte et de l’agencer pour y passer la nuit de Noël en prières avec des fidèles. Le 24 décembre, tout est prêt. Dans une grotte près de son ermitage sont installés un âne et un boeuf. À minuit, François d’Assise accompagné de frères mineurs, de bergers et de montagnards arrive. Certains portent des torches et chantent au son d’instruments de musique. Saint-François d’Assise célébra la messe dans la grotte en utilisant la crèche comme autel. (On peut signaler cependant que Saint-François d’Assise ne fut pas le premier à créer ce genre d’évènement.
À la fin du IV e siècle il était une coutume parmi les ermites de la Thébaïde, au moment de la célébration de Noël, de se réunir pour mimer la naissance de Jésus).
Au XIV e siècle (1316), introduction de l’usage des crèches en Provence. Jean XXII, pape d’Avignon, commande la crèche des Doms. Certains santons sont sculptés dans du bois (les plus anciens se trouvent à la basilique de Saint Maximin dans le Var).

Aux XVe, et XVIe siècles, la tradition de la crèche commence à se répandre dans les églises. Outre la Sainte famille, l’âne le boeuf, les bergers et les Rois Mages, elle s’élargit à des personnages représentatifs de la communauté. Les personnages sont grands, en cire avec des yeux en verre, de vrais cheveux et vêtus somptueusement (comme les santons napolitains) ; les personnages populaires sont souvent en argile.
XVIIIe siècle : Les crèches sont présentes dans presque toutes les églises (début des crèches de famille, dernière décennie). Dans les églises riches, les santons sont en cire et en carton- pâte pour les têtes et les mains, dans les églises pauvres ils sont en plâtre.
D’après Régis Bertrand, « La popularisation des crèches dans les foyers est liée à l’apparition d’une version miniaturisée et fabriquée en série des figurines des crèches d’église … En Provence, il s’agit du santon de crèche, mis au point à la fin de laAinsi, au XIXe siècle, nous pouvons dire que la crèche familiale se banalise avec la Révolution française d’autant plus que le gouvernement révolutionnaire interdit toute manifestation religieuse. À Noël, les églises sont fermées. Il n’y a plus de messes de minuit ni de crèches. Quand on connaît l’attachement des provençaux à cette fête et à ses rites on comprend qu’ils aient eu l’idée de fabriquer ou d’acheter des santons pour
faire la crèche chez eux. En « mie de pain » (mie malaxée entre les doigts au sortir Révolution».

L’artisanat du santon.
Si dans d’autres pays et à d’autres époques on fabriqua et on fabrique encore des petites figurines en terre cuite, personnages de la vie quotidienne, la spécificité de la crèche est que nulle part ailleurs ces figurines ne servent à la reconstitution d’une scène historico-religieuse et à la célébration d’un moment mystique. D’autre part, la présence simultanée de personnages à caractère religieux et d’un pays avec ses habitants, constitue un ensemble unique en son genre.
De la fin du XIXe siècle et jusqu’à nos jours, la crèche familiale représente le village et la campagne qui l’entoure. On reconstitue la naissance de Jésus Christ dans la Provence contemporaine.
Les personnages de la crèche sont les habitants du pays ; ils sont de type méditerranéen et portent le costume de leur région.
Il y a : Marie, Joseph, Jésus, l’âne et le boeuf et l’ange Boufaréu.

Puis les représentants de tous les métiers : le berger, le meunier, le boulanger, la poissonnière, la laitière, la femme au berceau, la lavandière, l’hôte, le garde champêtre, la marchande de limaçons, la marchande de brousse, le marchand de kakis, le porteur d’eau, le potier, le ramoneur, le rémouleur, le rétameur, le chiffonnier, le vannier, le cordier, le tonnelier, le forgeron, le maréchal ferrant, le cordonnier, la couturière…
Puis les porteurs d’offrandes : la donatrice, la jeune femme avec un enfant dans les bras, le pêcheur, le chasseur, la femme à la chèvre, la femme à la cruche, la femme à la jarre, la femme à la poule noire, le jardinier, la vieille à la lampe, la femme à la chaufferette ou à la bassinoire, la voisine, la vieille ou l’homme au fagot, la femme ou l’homme au tonneau ou à la bonbonne, l’homme ou la femme au chapelet d’ail, l’homme ou la femme à l’aïoli …
Puis les autres, notables, artistes, travailleurs… : la cueilleuse d’olives (l’oulivarello), et les ramasseurs d’olives, le semeur, la fileuse, Monsieur le Maire, Monsieur le curé, les musiciens et les musiciennes, les danseurs...
Enfin les personnages issus des pastorales : ils portent souvent des noms propres ou des sobriquets. Certains peuvent même être désignés par deux noms différents selon qu’il s’agit de la pastorale Maurel ou de la pastorale Chave. Ainsi, les deux valets « Pistachié » dit aussi « Barthoumiéu » et « Jiget », Les trois vieillards « Margarido » et « Jordan » dits aussi « Grasset et « Grasseto » et « Roustido », mais aussi, le rémouleur « Pimpara », le meunier « Barnabé », le fermier « Benvengu », l’aveugle et son fils, le bohémien avec le deuxième fils de l’aveugle qu’il a enlevé, la bohémienne, l’homme en chemise, le Ravi…

N’oubliez pas les animaux : les moutons, les chiens de berger, les ânes, tous les animaux de la ferme, les chameaux, les dromadaires, l’ours, le singe et le chat qui peuvent accompagner la bohémienne. Mais attention : les serpents et les bêtes sauvages sont interdits ! 

La symbolique
La crèche est l’image d’un pays et de la vie telle qu’elle s’y déroulait jadis. Les Provençaux conservent et protègent à travers elle leur identité profonde et celle de leur terroir. Les personnages sont le reflet du tempérament (physique et moral), et de la diversité de la société provençale d’autrefois. Marie et Joseph, parents terrestres de l’enfant Dieu, forment la base tandis que l’enfant est, lui, placé au-dessus entre le boeuf et l’âne. Il fait le lien entre le ciel et la terre.
Les proverbes et les croyances
Il faut faire figurer dans la crèche les quatre éléments : La terre, l’eau, l’air et le feu :
La terre est représentée par les collines, les chemins, les champs et les restanques…
L’eau, par la rivière, les étangs, les fontaines, les puits, les abreuvoirs et les lavoirs…
L’air, par les ailes du moulin, les pierres sur les toits qui retiennent les tuiles les jours de mistral, ou encore la cape des bergers qui s’envole…
Le feu, par la petite veilleuse ou la bougie que l’on laisse éclairées devant l’étable, le feu dans le campement des « boumians » et l’étoile du berger.

Attention ! on ne tourne pas autour d’une crèche. Où qu’elle soit installée, il faut l’appuyer sur un fond (contre un mur ou une tenture).
Autre chose très importante : on ne dépose l’enfant Jésus sur la paille qu’en revenant de la messe de minuit et en tout cas pas avant minuit ! La veilleuse de la crèche doit rester allumée quarante jours. Celui qui l’éteint peut mourir dans l’année…
La crèche doit demeurer en place quarante jours, parce que, au siècle dernier, une femme qui venait d’accoucher ne devait pas sortir pendant quarante jours. Le quarantième jour elle se rendait à l’église avec son nouveau-né pour la messe des relevailles. La Vierge Marie de la même façon quitta l’étable le 2 février, quarante jours après la naissance de son enfant, pour aller le présenter au temple.

Le 24 décembre, la veille de Noël : le laurier-tin

On décorait de rubans, d’oranges et d’oublies (petits gâteaux secs), des branches de laurier-tin que l’on suspendait en boule au-dessus de la table du gros souper ou partout ailleurs dans la maison et à l’extérieur.
Aujourd’hui c’est un arbre de Noël que l’on décore le plus souvent. Si c’est lui que vous choisissez, ce doit toujours être un résineux et c’est habituellement un sapin.
D’autre part, on suspendait à l’extérieur, au-dessus de la porte d’entrée de chaque maison, une branche ou un bouquet de houx, en signe de bienvenue.
L’histoire
L’arbre de Noël est une continuité du rite païen de l’arbre de feu, et n’est pas traditionnel chez nous. C’est une coutume née en Europe du Nord, au XVIe siècle, quand les hommes vivaient encore proches de la nature : à ce moment de l’année où le soleil recommençait à monter dans le ciel, ils fêtaient la promesse de renouveau en décorant un sapin de la forêt. Quand la nouvelle de la naissance du Christ leur parvint, pour fêter cet enfant roi, ils unirent la fête de sa naissance à celle du soleil. C’est depuis que s’est diffusée la tradition de l’arbre de Noël ; elle envahit la Provence seulement en 1842. C’est la princesse Palatine et la duchesse d’Orléans qui l’introduisirent à Paris en 1840.

La symbolique
Le sapin était autrefois vénéré comme l’arbre du paradis. Le sapin est un antique symbole de longévité.
Le laurier-tin, quant à lui, demeure vert et se couvre de boutons de fleurs roses au coeur de l’hiver.
Est-ce pour cela que les provençaux le choisirent, au milieu de tous les branchages de la colline, pour décorer leur maison ?
Une signification spéciale est attachée aux plantes qui restent vertes en hiver, comme le houx, le lierre ou le gui. Autrefois déjà les hommes en décoraient leur hutte car elles étaient synonymes de vie, et annonçaient le retour du soleil.
Le houx (ou le « fragon » petit houx) plante à feuilles persistantes donne des fruits au solstice d’hiver ; avec ses baies rouges il symbolise la continuité de la vie quand tout le reste dort. Il porte en lui la promesse du retour du soleil et d’une nouvelle vie.
Le gui était sacré pour les Grecs et les Romains. On disait qu’il naissait lorsque la foudre touchait un arbre ; il représentait l’énergie vitale (énergie sexuelle).
Aujourd’hui encore quand on s’embrasse sous le gui nous exécutons un rite de fécondité; il était également symbole de paix.

Le 24 décembre, la veille de Noël : le gros souper

Le gros souper avait lieu traditionnellement le soir du 24 décembre et se terminait avant minuit pour permettre de se rendre à la messe de minuit. La table devait être belle et le couvert devait rester mis trois jours.
Tout d’abord on mettait trois nappes blanches de dimensions différentes afin que toutes apparaissent (la plus grande dessous puis la moyenne, puis la plus petite). La première nappe servait le soir même pour le gros souper, la deuxième pour le jour de Noël, la troisième pour le lendemain de Noël.
Sur la table on déposait les trois coupelles de blé, trois bougies et sa plus belle vaisselle.
On n’oubliait pas de mettre un couvert de plus que le nombre de convives (place du « pauvre» aujourd’hui symbolique), car on ouvrait sa maison et sa table à un pauvre le soir de Noël.
Puis on passait à la cuisine pour préparer le gros souper (certaines parties du gros souper avaient donné lieu à des préparations antérieurement, parfois même plusieurs semaines à l’avance !…).

Le menu s’établissait avec les produits du terroir et de saison.
Les plats étaient au nombre de sept et pouvaient varier d’un coin du pays à l’autre mais demeuraient toujours les incontournables : la carde, les escargots, la morue, la muge, le céleri, les pois chiches et le fromage.
Les vins étaient au nombre de sept (si possible), et le vin cuit était absolument de rigueur.
Les desserts étaient au nombre de treize et pouvaient aussi légèrement varier d’un endroit du pays à l’autre : figue, amande, noix, noisette, raisin pendu, melon, pomme, poire, nougat, pâte de coing, pompe à l’huile d’olive et oreillettes.
Les treize desserts étaient accompagnés du vin cuit.
Le pain calendal, lui non plus, n’était pas celui de l’ordinaire. Il s’agissait d’une miche ronde entaillée en forme de croix. Au commen-cement du repas on la partageait en trois: une part pour les pauvres, une part pour le souper, et une part pour les miracles.
On pouvait aussi mettre sur la table 12 petits pains et 1 un plus gros, décoré de branches de houx.
Les treize desserts demeuraient sur la table durant trois jours, au grand bonheur des enfants.

L’histoire
Il y avait dans un concile du Vatican, l’obligation du jeûne et de l’abstinence pendant les quatre semaines du temps de l’Avent. La veille de Noël il était enfin permis de manger, « maigre » bien sûr, mais de « manger » et la messe ayant lieu tard dans la nuit, à cause de la fatigue que la veillée occasionnait, il était admis de faire double collation, ce qui explique l’abondance du gros souper.
La symbolique
Tout va par trois sur la table du gros souper toujours en référence à la Sainte Trinité. « Uno pér lou paire, uno pér lou fiéu, uno pér lou Sant Esperit. » (Un pour le père, un pour le fils et un pour le Saint Esprit).
Pour le repas, les plats et les vins sont au nombre de sept pour rappeler les 7 sacrements:
- Le baptême - Le mariage
- La confession - L’ordination
- L’eucharistie - La confirmation
- L’extrême-onction
(Certains préfèrent penser que ce chiffre rappelle les sept plaies du Christ sur la croix, d’autres encore les sept douleurs de la vierge Marie).
Les 13 desserts, eux, symbolisent le Christ et les 12 apôtres (les mendiants représentent les quatre ordres religieux d’après la couleur de leur habit : les figues sèches les Franciscains, les raisins secs les Augustins, les amandes les Dominicains, les noix et noisettes
les Carmes).
Même symbolique pour les 12 petits pains qui représentent les 12 apôtres et le plus gros le Christ.

Les proverbes et les croyances
À la fin du gros souper, avant de partir à la messe de minuit l’on ne débarrasse pas la table. On laisse même les miettes de pain pour les âmes des morts de la famille. C’est le « manger des âmettes ». Il faut relever les quatre coins de la nappe pour empêcher les mauvais esprits de grimper sur la table.
Le pain calendal est miraculeux :
Quand les marins en jettent un morceau à la mer aux heures de grande tempête, les flots se calment aussitôt.
Il apaise les douleurs de l’enfantement, les maux des enfants et accomplit bien d’autres miracles. C’est pourquoi on le conserve précieusement dans un endroit sec et on n’en utilise que d’infimes miettes pour qu’il dure jusqu’au Noël suivant.
On ne doit jamais couper la pompe à huile avec la lame d’un couteau sous peine d’être ruiné dans l’année ; elle doit être rompue avec les mains.
Parmi les treize desserts figure la pompe à huile ou gibassié et le vin cuit. La coutume voulait que le boulanger fasse cadeau de la pompe à ses clients de même que le vigneron (le marchand de vin) offrait une bouteille de vin cuit.
Le soir de Noël on donne double ration de nourriture à tous les animaux et l’on dit que cette nuit-là, les animaux parlent !

Le 24 décembre, la veille de Noël : la cérémonie du « Cacho Fio »

Avant le gros souper, lorsque la table était dressée et que le feu dans la cheminée était allumé, le plus âgé de la famille et le plus jeune prenaient ensemble une bûche provenant obligatoirement d’un arbre fruitier. Ils devaient faire trois fois le tour de la table avant de la poser sur le feu. On « boutait » (mettait) alors le feu à la bûche.

La symbolique
Ce feu est chargé de promesses et d’espoir. Il faut l’entretenir et le relancer en attendant le grand feu nouveau et purificateur de la chandeleur le 2 février. Cette cérémonie est aussi un hommage à la famille.
Les proverbes et les croyances
La bûche ne doit pas être une branche de figuier car c’est l’arbre auquel Judas s’est pendu.
Elle doit provenir d’un arbre fruitier qui donne des fruits à noyau.
On dépose cette bûche devant la porte de la maison bien avant Noël et, comme elle a été choisie, elle devient sacrée. Personne ne doit s’asseoir dessus sous peine de se retrouver les fesses pleines de furoncles !
Le feu ne doit pas s’éteindre au moins pendant trois jours et, au mieux, doit durer jusqu’au jour de l’an !
Les braises déposées sur la table du gros souper ne brûlent pas les nappes … Symbole marial : la Vierge était impénétrable aux feux de la concupiscence représentée par ces charbons ardents.
Les charbons de la bûche sont recueillis et gardés pour protéger la maison.
Les cendres débarrassent les poules de leurs « pipidons » (espèce de poux des volailles) et sont utilisées dans la médication populaire.

Le 24 décembre, la veille de Noël : le réveillon

Entre la fin du gros souper et le début de la messe de minuit, il fallait rester réveillé (voilà l’origine du mot réveillonner). Cette longue veillée réunissait petits et grands autour du feu ou d’une table pour jouer (au loto par exemple) ou pour écouter des histoires.
Au son des premières cloches qui appelaient à la messe de minuit, on allumait une veilleuse près de la crèche, symbole de la naissance de Jésus. Avant de partir à la messe de minuit, les enfants mettaient leurs souliers devant la cheminée.
Au retour de la messe de minuit, on mettait le petit Jésus dans la crèche, on découvrait ses cadeaux et on se régalait souvent à nouveau des treize desserts qui étaient restés sur la table (selon la tradition) et du vin cuit pour se réchauffer.

la crèche vivante

C’est une tradition très ancienne qui consistait, pour un groupe de personnes, à se costumer et à prendre place dans l’église de façon à figurer, le soir de Noël, la crèche de Bethléem.
Les autres personnages de la crèche, avec les bergers, les moutons et les ânes, défilaient dans les rues du village en costume traditionnel, à la seule lumière des lanternes et se rendaient à l’église. Les porteurs d’offrandes déposaient leurs cadeaux à tour de rôle,
tandis que les bergers demeuraient à la porte de l’église pour la cérémonie du pastrage.

le pastrage, l’adoration des bergers

Bergers et troupeaux se tenaient à l’extérieur de l’église. Les bergers avaient décoré une petite charrette de feuillages et de rubans rouge et or, couleurs de la Provence mais aussi de la vie et du soleil. La charrette était attelée à un vieux bélier dont les cornes et les sabots étaient peints en doré. Un cortège formé des enfants de choeur, du curé et d’un groupe d’enfants en robe blanche, avec des ailes pour figurer les anges, sortait de l’église en chantant un Noël ou un cantique. Ce chant établissait un dialogue entre les bergers et les anges, au terme duquel les bergers étaient invités à entrer pour adorer l’enfant.
Ils pénétraient dans l’église au son des galoubets et des tambourins.
Les anges se plaçaient dans le choeur, les bergers au premier rang, leurs agneaux dans les bras.
Au cours de l’office, le prêtre bénissait l’agneau et à travers lui tous les troupeaux.
On déposait l’agneau béni dans la charrette enrubannée (la caretto ramado) et le maître des bergers (le bayle-berger) disait la prière des bergers.

La symbolique
Noël en Provence est une fête pastorale car le solstice d’hiver correspond au temps de l’agnelage.
Avec l’offrande de l’agneau nouveau né et la demande de bénédiction, le pastrage est dans la lignée des cérémonies païennes de fertilité et de fécondité. Il donne à la messe de minuit sa résonance de renouveau de la nature. C’est le sacré qui émane du pays, des animaux, du travail quotidien, associé à la liturgie.
Les proverbes et les croyances
Si l’agneau bêle trois fois pendant l’office et si le bélier urine dans l’église, ce sont de bons présages.

Le 25 décembre : le jour de Noël

Le 25, c’était le jour de la dinde farcie. Après le repas, on faisait des visites ou l’on en recevait.

Le 26 décembre : le lendemain de Noël

Le 26 décembre était autrefois un jour férié : tout était fermé et les journaux ne paraissaient pas.
On mangeait l’aïoli en famille. C’était le repas d’adieu

Le 31 décembre, le dernier jour de l’année : la Saint-Sylvestre

On réveillonnait jusqu’à minuit afin de se souhaiter la bonne année en s’embrassant sous le gui.
Le lendemain 1er jour de l’an, on ne travaillait pas et surtout on ne devait pas faire la lessive.
Les enfants allaient souhaiter la bonne année aux parents et aux amis proches. Ils recevaient des étrennes.
Cette journée de fête se terminait par un grand bal.


La symbolique
Donner des étrennes est une pratique qui s’assimile aux rites saisonniers, destinés à attirer la protection des Dieux. Elles sont données au nom de l’invisible afin de commencer un nouveau cycle par un geste de bon augure.
Le gui, « celui qui guérit tout », symbolise l’immortalité, la paix, la vigueur et la régénération physique.
Il était sacré pour les Grecs et les Romains. On disait qu’il naissait lorsque la foudre touchait un arbre ; il représentait l’énergie vitale (énergie sexuelle). Aujourd’hui encore quand on s’embrasse sous le gui nous exécutons un rite de fécondité.


Douze jours après Noël, jour de l’Épiphanie : la galette des rois

On annonçait l’arrivée des rois, dans toutes les rues du village au son des tambourins et des galoubets. C’était douze jours après Noël, donc le 6 janvier, alors que de nos jours on fête l’Épiphanie le 1er dimanche après le 1er janvier.
On mettait les rois dans la crèche, ainsi que l’étoile aux seize rayons (les rois mages sont les seuls santons qui ont le droit de se déplacer. On les voyait tout d’abord sur les hauteurs, puis chaque jour ils approchaient de l’étable, pour y arriver le matin de l’épiphanie). Alors on « tirait les rois », c’est-à-dire qu’on mangeait en leur honneur la couronne briochée, aux fruits confits, pour avoir le plaisir de trouver la fève et d’être enfin pour un moment le roi ou la reine de la fête. On partageait la galette en autant de parts qu’il y avait de convives. Le plus jeune de la famille se cachait sous la table et le maître de cérémonie désignant de la pointe de son couteau les parts de gâteau l’une après l’autre, demandait: pour qui ? et l’enfant nommait chacune des personnes présentes. Celui qui trouvait la fève était élu roi ou reine et devait
offrir un nouveau gâteau, ce qui permettait de prolonger les réjouissances tout le mois de janvier et parfois même en février. Entre 1814 et 1904, certains pâtissiers introduisirent dans leurs gâteaux des petits sujets en porcelaine.
Autrefois, on envoyait les enfants à l’une des entrées du village à la rencontre des rois ; ils revenaient transis et bien déçus de n’avoir rencontré personne. Mais une surprise les attendait : des gâteaux en forme de couronnes décorées de fruits confits aussi rutilants que les pierres précieuses des couronnes des rois : les rois étaient arrivés par un autre chemin. Ils ne s’étaient pas attardés, mais avaient laissé ces présents…

L’histoire
C’est l’une des plus anciennes solennités du calendrier chrétien. Elle trouve son origine dans l’église orientale ; elle est mentionnée pour la première fois en Gaule en 361. Parmi les évangélistes, seul Mathieu parle des mages et de leurs présents. C’est la tradition latine qui en fera des rois. Le terme qui revient le plus fréquemment pour les désigner est celui de mages, terme qui s’applique à ceux qui exercent des fonctions de prêtres, d’astrologues, de magiciens, de savants.
Gaspard, venu d’Arabie et qu’on appelle en Provence le roi Maure, apporte de l’encens, Balthazar venu de Perse apporte la myrrhe et Melchior, de race blanche apporte de l’or. Ils avaient respectivement 15, 30 et 60 ans.
Ils avaient décelé dans le ciel, chacun dans leur pays, le phénomène astronomique que tous les textes appellent étoile. Ayant abouti à la même conclusion qu’elle annonçait la naissance du roi des juifs, ils se mirent en route et après de longs mois de marche se rencontrèrent à Jérusalem d’où ils repartirent ensemble pour atteindre Bethléem.
D’après Hérodote, selon la légende royale de Parthes, chaque année les mages perses montaient sur une montagne sacrée pour y allumer de grands feux. Ils scrutaient le ciel pour y découvrir l’étoile annonçant la venue du sauveur, lequel devait naître d’une vierge dans une caverne.
Concernant l’étoile, les astronomes établissent une interprétation : il s’agit de la conjonction de deux astres, Saturne et Jupiter. Lorsque cette conjonction se produit, Saturne est 38 fois plus brillante que les planètes avoisinantes et Jupiter 13 fois plus que Saturne, ce qui produit une lumière considérable ! De plus cette conjonction a lieu au lever héliaque de ces étoiles, c’est-à-dire au lever du soleil ce qui explique que les mages aient pu la suivre en voyageant le jour.

La symbolique
Pour les astrologues du Moyen-Orient, la conjonction de Saturne et de Jupiter a une portée symbolique : Saturne est le protecteur d’Israël, Jupiter la planète des rois. La conjonction de ces deux astres indique donc la venue d’un roi d’Israël. Mais ce n’est pas un roi terrestre puisque cette conjonction est favorable à la fois à la philosophie et à la religion.
les mages doivent être considérés comme des prêtres purificateurs venant à la fin d’une période de 12 jours, période impure inhérente à toute naissance.
Balthazar apporte la myrrhe, résine odorante fournie par un arbre, le balsamier, substance recherchée depuis les origines de l’humanité. Elle vient de Perse et est considérée comme particulièrement purificatrice ; on l’utilisait pour embaumer les corps des défunts afin d’éviter le pourrissement. En offrir à ce nouveau-né, c’est lui rappeler également qu’il est mortel, un homme comme les autres qui va mourir ; c’est aussi un symbole de connaissance.
Gaspard apporte l’encens. C’est une résine qui se consume sur des charbons ardents, et dont la fumée odorante s’élève vers la puissance divine en signe d’adoration.
Melchior apporte de l’or. L’or, le métal noble, précieux, le métal parfait qui a l’éclat de la lumière. L’or, qui dans la tradition grecque, évoque le soleil. L’or, symbole de la sagesse d’après Salomon. L’or qui était offert aux rois.
Chacun des rois symbolise un des trois continents alors connus : l’Afrique, l’Europe et l’Asie ainsi que les trois âges de la vie : la jeunesse, l’âge mûr et la vieillesse.

La galette à la forme ronde est un souvenir des saturnales antiques. Elle reste un hommage au Dieu solaire. Sa forme en couronne date du Moyen Age et célèbre les rois, d’où la profusion de fruits confits qui rappellent les pierres précieuses de leurs couronnes. On dit aussi que les boulangers donnèrent aux galettes la forme plate des deniers, car ils devaient verser 22 deniers chaque année au roi de France pour la fête de l’Epiphanie.
La fève cachée à l’intérieur est un légume que les hommes consomment depuis la préhistoire; elle est la première légumineuse à sortir de terre au printemps. À la fois symbole de mort, de prospérité, et de renouveau, elle était utilisée en sorcellerie... Les Romains glissaient la fève dans leurs tartes. C’était un symbole de virilité.
Aujourd’hui, elle est toujours le symbole de la chance. Quelqu’un de « favé », en provençal, est un homme heureux (on retrouve la racine ‘favo » dans les mots français comme : faveur, favorable, favorisé).

La pastorale

Cette tradition provençale qui remonterait au XV e siècle. Véritable spectacle qui se joue de la mi-décembre à la fin janvier, hors des églises et qui retrace la naissance du « petit Jésus », dans un village de Provence, avec des personnages drôles et truculents.
La pastorale est une sorte d’opérette qui comporte de nombreux passages chantés, les textes sont en provençal (même s’ils sont de plus en plus dits en français pour la compréhension du plus grand nombre) et la coutume veut qu’on improvise tout au long du spectacle. La plus célèbre des pastorales, créée en 1844 et toujours jouée, est celle d’Antoine Maurel. À noter que, selon l’étude de Paul Nougier, le premier « Mystère » précurseur de la pastorale fut joué à Draguignan en 1433.
Les pastorales les plus jouées dans le Var sont : la Maurel, l’Audibert, et la Bellot. Vous pourrez les découvrir, entre autres, dans les communes des Adrets de l’Estérel, des Arcs-sur-Argens, de Besse-sur-Issole, de Brignoles, de Cavalaire, de Draguignan, d’Hyères, du Luc, de La Motte, du Muy, d’Ollioules, de Ramatuelle, de Saint Maximin, de Saint-Tropez et du Val.

La Chandeleur

À la chandeleur, on fait sauter des crêpes avec dans la main une pièce d’or :
« Si tu fais bien sauter la crêpe À toi l’argent en quantité
Mais gare à la mauvaise étoile Si tu mets la crêpe à côté »
« La veille de la chandeleur L’hiver se passe ou prend vigueur »
C’est à la Chandeleur seulement, le 2 février, que l’on défait la crèche. Elle est restée en place quarante jours, conformément à une coutume datant du siècle dernier selon laquelle une femme qui venait d’accoucher ne devait pas sortir de sa maison pendant quarante jours. Le quarantième jour elle se rendait à l’église avec son nouveau-né pour la messe des relevailles. Marie de la même façon quitta l’étable le 2 février, quarante jours après la naissance de son enfant, pour aller le présenter au temple.
De plus, à cette date, le temps calendal est vraiment fini, la nature a tenu sa promesse, elle revit ! Plus n’est besoin de cette présence à l’intérieur de la maison puisque la porte s’ouvre sur le pays retrouvé! Les santons peuvent regagner leur boîte en carton attendre Noël
prochain.


 
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