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Le Prieuré
Le paysage de Sainte-Victoire est marqué par la croix de Provence et, à la fois perché sur la crête et blotti dans un vallon qui le couronne, le Prieuré dont la vie a été cadencée par de grandes périodes.
Avant le Moyen-Age
L’occupation épisodique de cette partie de la montagne avant le Moyen Age est une hypothèse qui reste à vérifi er. On sait cependant que Sainte-Victoire, la montagne, était fréquentée en de multiples endroits. L’exemple de saint Ser est à citer : la légende nous raconte la présence de cet ermite au V°s. et des vestiges archéologiques montrent que les lieux étaient déjà bâtis avant le IX°s. En était-il de même sur l’endroit du Prieuré ? Les recherches archéologiques des traces de la chapelle médiévale primitive pourront peut-être nous apporter quelques éclaircissements.
Le Moyen-Age
Au XIIIe on trouve dans les cartulaires de l’abbaye de Saint-Victor, mention d’une petite chapelle Sainte Venture au sommet de la montagne. Nul ne sait si cet établissement hébergeait un prêtre ou un ermite à demeure, mais on est certain d’une fréquentation importante et régulière de pèlerins.
Le XVIIème siècle
Le règne de Louis XIV connaît une ferveur religieuse fl orissante. Le père Jean Aubert, chapelain à Aix, décide d’entreprendre l’aménagement complet du prieuré et de restaurer la chapelle médiévale. Les fonds viendront des pèlerins et surtout d’un bourgeois, Honoré Lambert. Gravement malade, il avait promis de reconstruire la petite église s’il recouvrait la santé. Dans ce milieu incroyablement hostile, les travaux aboutiront en seulement 10 ans à la construction du monastère, de la chapelle et des bâtiments
annexes, l’aménagement d’une terrasse belvédère sur l’ancienne chapelle, agrémentée d’un muret parapet protégeant l’à-pic de la brèche agrandie par de gigantesques travaux de décaissement du rocher. Le Prieuré, aménagé avec beaucoup de soins – façades en pierre de taille visibles aujourd’hui, par exemple - était destiné à fonctionner de manière relativement autonome. Il pouvait accueillir une communauté de quatre moines et le passage annuel, et massif, des pèlerinages.
Des récits sur la vie cultuelle du Prieuré racontent celui des pertuisens, le 24 avril. Il s’agissait d’une importante manifestation avec une logistique lourde à mettre en place et des dépenses conséquentes, les frais de pèlerinage étaient pris en charge par la
Confrérie de Sainte-Victoire. A titre d’exemple, de 1652 à 1655, le nombre des gâteaux distribués aux participants est passé de 550 à 750. Les pèlerinages étaient des temps forts de la vie sociale. Outre leur caractère religieux, ils étaient attendus avec fébrilité par une jeunesse qui savait y faire des rencontres. D’ailleurs, le Roumavagi de Sainte-Victoire est interrompu de 1673 à 1692 après que, en dépit des 72 kilomètres aller-retour, l’Archevêque d’Aix donne un ordre écrit dans lequel il exigeait que ce pèlerinage se déroulât sur une seule journée « …attendu qu’il y va quantité d’hommes et de femme, qui sont la nuit tous pêle-mêle … ».
On le voit, la fête était si vivante qu’elle manqua même en mourir !
De la fin du XVII°S. au XX°siècle
Dès le départ, le Prieuré a été habité de manière épisodique. Quelques communautés de moines s’y sont succédées sans résister à la rigueur des lieux. Ensuite des ermites et des pasteurs tirent petit profi t de ces aménagements démesurés qui tombent peu à peu en désuétude et en ruine. Le dernier ermite, Elzear, a quitté les lieux en 1885.
Au XIIIe on trouve dans les cartulaires de l’abbaye de Saint-Victor, mention d’une petite chapelle Sainte Venture au sommet de la montagne. Nul ne sait si cet établissement hébergeait un prêtre ou un ermite à demeure, mais on est certain d’une fréquentation importante et régulière de pèlerins.
Aujourd’hui
Au milieu du XXe siècle, Henry Imoucha, amoureux de Sainte-Victoire, s’est attaqué à la restauration du Prieuré, en particulier la chapelle et le monastère. En 1955, il crée l’association des Amis de Sainte-Victoire qui n’a eu de cesse de restaurer et valoriser les lieux dont les « Amis » sont propriétaires suite à une donation de la commune de Vauvenargues en 1971. L’association gère le refuge ouvert aux randonneurs, installé dans le monastère du XVII°s.
L’abbé Aubert et Honoré Lambert
A plusieurs reprises depuis la construction d’un premier établissement, par intermittence le sommet de la montagne a accueilli des anachorètes et le règne de Louis XIV (1643-1715) voit un engouement religieux spécialement actif.
Au milieu du XVIIe siècle, un prêtre originaire de Cotignac et maître de cérémonies à la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix, l’abbé Jean Aubert, décide de réactiver « la dévotion qui était autrefois à
l’ermitage » (de Sainte-Victoire) et d’en faire, nous dit Bruno Durand1, « en quelque sorte, un centre de pèlerinages ».
Le père Jean Aubert, entame alors la restauration de l’ancienne chapelle et rencontre Honoré Lambert quelques années après.
Ce bourgeois s’était engagé à fi nancer l’établissement religieux : une nouvelle chapelle, un monastère pour loger quatre moines (trois prêtres confesseurs et un frère lai) et un bâtiment assez grand pour que plusieurs personnes puissent, le cas échéant, y séjourner. Sur un terrain donné par Joseph de Clapiers (père du moraliste Vauvenargues), limité au nord par le Pré des Moines, le
maître gypsier Jean Antoine Reymond construisit l’ensemble des bâtiments. Cet aménagement a été conçu en prenant en compte les nombreux pèlerinages tellement en vogue à l’époque.
Si la résidence était agréable en été, l’hiver constituait une véritable épreuve. Aussi, Jean Aubert pensa-t-il, en passant par la faille en contrebas de la chapelle médiévale, atteindre le versant sud plus abrité et plus ensoleillé. Voulait il ne pas être en reste avec le seigneur de Vauvenargues ?
Quoi qu’il en soit, celui de Saint-Antonin, Monsieur Gaspard de Granier de Russan signa, en 1659, un bail avec le père Aubert pour la parcelle qui l’intéressait à la condition qu’une messe soit dite pour lui et toute sa famille le jour de Sainte Madeleine. Il s’agit du Jardin des moines.
Tel était donc le petit monde dessiné par Jean Aubert : au bout d’un sentier qui vous laisse sans souffl e, le porche monumental ouvre sur l’esplanade. Devant soi, la chapelle, la cour et son puits, le monastère, les bâtiments d’accueil et au sud, l’ouverture de la brèche, le jardin en dessous, en face le panorama sur la vallée de l’Arc. Un avant goût du Paradis !
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La croix de Provence
Construite entre 1871 et 1875, on la doit à l’opiniâtreté d’un curé de campagne, l’abbé Meissonnier, qui la fit ériger pour remercier le ciel d’avoir épargné la Provence du fléau prussien. elle A l’époque, les fonds ont été collectés auprès des paroissiens de tout le diocèse d’Aix, Arles et Embrun. Les noms des 22 000 donateurs sont d’ailleurs toujours conservés dans un cœur de cuivre enchâssé dans le monument.
L’édifice se compose d’un socle bâti d’une hauteur de 11 m, sur lequel repose une croix en métal de 7 m de haut. Ayant reçu la foudre par trois fois entre 2002 et 2003, le Croix de Provence était si gravement endommagée que l’on s’est même interrogé sur la possibilité d’une restauration.
La chapelle Saint-Ser
Située sur la commune de Puyloubier , la chapelle a été édifiée sur les lieux où fut massacré par les Wisigoths, en l'an 483 l'ermite Saint Servin. Le sanctuaire fut consacré le 5 janvier 1001 par Amalric, évêque d'Aix. Plusieurs fois détruit et reconstruit au cours des siècles, l’édifice a été écrasé en 1993 par un éboulement de rochers dû à l'érosion consécutive à l’incendie de la Sainte Victoire en 1989. La reconstruction à l'identique fut entreprise en l'an 2000 par la municipalité de Puyloubier dans le cadre de l’Opération Grand Site, et le nouvel édifice fut inauguré le 27 mai 2001 en présence de l'Archevêque d'Aix-en-Provence.
De nombreuses recherches historiques et archéologiques ont mis à jour l’importance au cours des siècles de cet ermitage. Celui-ci drainait de très importants flux de pèlerins et son accès avait été aménagé en conséquence. Les murs de soutènement, mais aussi les calades témoignent de cette histoire. Il existait alors un véritable chemin d’accès à la chapelle pouvant atteindre une largeur de 2 m.
L'oratoire de Malivert
L’oratoire de Malivert est un oratoire du XVIIème siècle bâti sur la commune de Puyloubier . Dans la plupart des cas les oratoires ont été érigés soit pour célébrer un lieu où un vœu s’est réalisé, soit pour marquer l’emplacement d’une ancienne chapelle. Le cas le plus fréquent est celui des vœux faits au cours des grandes épidémies de peste noire en 1631 et 1720. Situé sur la route de transhumance reliant la Camargue aux Alpes, l’oratoire de Malivert offre un point de vue exceptionnel sur la vallée de l’Arc.
Les carrières de Bibémus
Au 17ème et 18èmes siècles, une grande partie du plateau de Bibémus était utilisée pour l’extraction de « la pierre de Bibémus » qui a notamment servi à la construction de nombreux beaux bâtiments d'Aix-en-Provence. L’extraction de cette molasse qui existait déjà à l’époque de l’empire romain s’est arrêtée vers 1885. Progressivement « la pierre de Rognes » issue de la même formation géologique mais moins friable a remplacé ce matériau
C’est peu après, à partir de 1897 que le peintre Cézanne vient dans ces carrières pour y travailler. Attiré par la texture de la roche qui donne une couleur ocre lumineuse et riche d’harmoniques, il s’attache aussi aux formes géométriques, aux efforts sauvages des buissons et aux perspectives qu’offre le lieu sur la montagne Sainte-Victoire.
Le Tholonet
Dès l'époque romaine, l'endroit était occupé. On prétend d'ailleurs que le nom du village viendrait de "tullonum" ou "tudonum" qui signifiait "péage" (car la voie Aurélienne passe à proximité).
L'eau est très présente dans la commune. On en trouve la preuve à l'ouest du village dans les ruines d'un barrage romain aménagé sur la Cause, et dans le barrage de la Petite Mer que la famille de Jarente, avait fait construire en 1475 afin d'alimenter les fontaines et les jardins d'agrément du château dont elle était propriétaire.
A propos du château, sa forme actuelle remonte au XVIIe siècle. A l'origine de sa construction, on trouve Alexandre de Gallifet, Président du Parlement d'Aix qui acquit le domaine en 1637. Amoureux des fêtes, il avait même fait aménager un théâtre dans l'aile est, tandis qu'une chapelle occupait l'aile ouest.
L'allée de platanes qui conduit au château, monument végétal, a été plantée vers 1835. Elle a bénéficié, en 1958, d'une procédure de protection par une inscription à l'inventaire départemental des sites.
Le hameau des Artauds, au sud-est du village, est selon certains, l'endroit où Emile Zola imagina se dérouler l'intrigue de son livre "La faute de l'abbé Mouret". A deux pas, édifié en 1854 par son père, François, le barrage Zola, un ouvrage entièrement novateur puisqu'il est le premier barrage en voûte.
Le château de Vauvenargues
Catherine Hutin, fille de Jacqueline Picasso, a fait part de sa décision d'ouvrir les portes du château de Vauvenargues au public en 2009. Pablo Picasso y vécu entre 1959 et 1965, et il y repose dans un tombeau situé au pied de l'escalier principal. Picasso s'était installé là, justement pour s'imprégner au plus près du travail de Cézanne, disant volontier "j'habite chez Cézanne".
Les pièces les plus significatives de la vie de Pablo et de Jacqueline Picasso seront accessibles au public par petits groupes de 19 personnes (2 visites par heure, sur réservation) : la salle à manger, la chambre à coucher, la salle de bain où Picasso peignit à même le mur, au dessus de la baignoire, une figure de faune et l’atelier où il réalisa quelques uns de ses chefs d’œuvres.
Quelque 40.000 personnes au total pourront visiter le château par petits groupes durant son éphémère ouverture au public pendant l'exposition.
Plus d'infos page expo Picasso - Cézanne
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